‹ Le Cheval de Trait de l'AuxoisChapitre 4 sur 15 · SAÔNE 4 LOIRE · texte numérisé non relu

SAÔNE 4 LOIRE

le feldspath est rare. Le résultat est une terre légère, mais assez pauvre, que l’on a améliorée par la chaux et les scories pour en faire de bons prés d'élevage, frais et ombragés, mais donnant une ossature fine.

La bordure orientale du massif ménage une transition entre Morvan et Auxois ; c’est la « zone bordière des pacages liasiques » qui juxtapose le lias et le granit dans un enchevêtrement apparent.

Un peu plus à l’Est, le pays d’Arnay dresse un éperon granitique au milieu du lias, vestige d’un soubresaut du plissement primitif.

A côté de ces deux régions, qui ont formé le berceau de la race, et qui sont aujourd’hui les meilleurs éléments de la production chevaline du département, nous dirons quelques mots des deux autres régions qui intéressent notre étude.

La MoxrAGxE est une vaste table de calcaire jurassique entre l’Auxois et la plaine de la Saône, de Nolay à Langres ; elle appartient presque en entier à l'étage bathonien ; le fond des vallées est tapissé de marnes à foulon qui apportent la fertilité dans ces paysages arides ; la Seine, l’Ource, à force de patient travail, ont fait leur lit dans les marnes du Lias, tandis qu’une vallée monoclinale, la « vallée », dessine à partir de Ravières un ruban étroit qui prolonge par Chaumont et Châtillon, les marnes oxfordiennes de Woëvre. Le Nord-Est est occupé par la forêt.

LA PLAINE DE SAONE, enfin, se décompose en :

Dijonnais, plateau calcaire avec des plaques marneuses où l’on cultive le houblon et les céréales ; véri-

Ep

table Beauce bourguignonne où l’on dresse les poulains achetés en Auxoïs.

Pays Bas, terres siliceuses ou argileuses imperméables et marécageuses, couvertes de forêts.

Plaine, bande alluviale créée par l’Ouche et la Tille, adonnée, comme le Dijonnais, à la culture et à l’élevage des poulains de 18 mois à 4 ans.

Val de Saône, vaste ruban plat, large de 2 kilomètres, forme d'’alluvions, recouvert de terrasses argileuses, saturé d’eau ; il forme une immense prairie de 9.000 hectares, occupée par le bétail tacheté.

Le climat de ces diverses régions est, dans son ensemble, continental, c'est-à-dire marqué par des écarts accentués entre les saisons : hivers rigoureux et étés chauds. Mais les différences d'altitude, les différences du relief, le voisinage du bassin de la Saône et de la vallée de la Saône, créent une grande variété de situations climatériques locales.

Le climat de Dijon, pour lequel la documentation est abondante, se retrouve à peu près dans toute la portion orientale du département. La température moyenne de l’année oscille autour de 10° allant en général de 2° en hiver à 20° en été (juillet). 11 gèle environ deux mois par an et la neige est rare.

Le Morvan et la Montagne ont des hivers plus rudes et des étés plus chauds ; il n’est pas rare de voir le thermomètre à — 15° en janvier et à + 30° lors de la canicule, surtout dans les « combes » abritées.

L’Auxois est un peu plus tempéré, mais toujours

CET Vs

nettement de climat continental ; on y a observé des gelées en mai et même en juin !

Donnons quelques précisions et quelques chiffres recueillis à Dijon, et qui ne sont pas sans influencer la flore et la faune locales :

Pression atmosphérique moyenne : 764 “/", avec minima au printemps et en été ; l'influence des cyclones qui se produisent au-dessus de la Manche et de l'Océan est prépondérante.

Degré hygrométrique moyen : 75 ; l’air est plutôt sec au printemps et en été.

Vents : très variables ; dans le Morvan et l’Auxois, les vents chargés de pluie viennent principalement de l'Ouest en été et du Sud en automne ; en hiver, les vents du Nord dominent.

Les pluies, dont l'influence sur la production agricole est très grande, sont assez abondantes, surtout dans la portion occidentale du département. À Saulieu, il tombe une moyenne de 920 */* d’eau par an, 750 à Semur, 760 à Pouilly, etc... On a même noté, en 1910 il est vrai, 1.718 */* à Saulieu ! La moyenne des jours de pluie est de 120 à Dijon, répartis à peu près également sur les quatre saisons.

En résumé, la richesse naturelle ou artificielle du sol, jointe à la variété du relief, fait de cette région une terre propice à l'élevage. Cependant, le climat, asséz rude, demande des animaux bien adaptés au pays, forts et résistants. Nous allons voir plus loin comment l’industrie de l’homme a su utiliser les conditions pour la production du cheval de trait.

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