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complexion est relativement délicate par suite d’une sélection très poussée ; un changement de milieu aussi radical empêche l'épanouissement des qualités que l’on recherchait et va à l'encontre du but proposé. Et ceci d'autant plus que l’erreur dans ce choix porte autant sur le type que sur le climat : le percheron est un rectiligne médioligne, tandis que les femelles du pays étaient plutôt concaves et brévilignes. Le résultat du croisement ne pouvait donc être qu'assez décevant ; néanmoins le type local fut influencé par ces mariages continus : les produits accusèrent la tendance au type rectiligne amorcée autrefois par l’apport du sang arabe et qui se manifeste heureusement dans la race actuelle par le dos et le rein droits ; la taille s’accrut et la croupe s’étoffa. Mais par contre, la physionomie ne s’embellit guère : tête grosse, mal attachée, rein long, allure plus ou moins décousue, membres affinés et allongés. Quelques éleveurs s’émurent pour l’avenir et se préoccupèrent de changer l'orientation que prenait l'élevage. Ils cherchèrent plus près d’eux des étalons capables de s’allier heureusement aux juments du pays. On ne pouvait s’en tenir à la seule sélection : il fallait d’abord uniformiser et améliorer la production par des croisements, continus d’abord, puis intercurrents avec des mâles d’un type bien déterminé, quitte à ajouter par la suite à ce canevas les caractères particuliers que l’on voudrait.
La conduite à tenir était toute tracée : « Lorsqu'on « s'engage dans une pareille voie et qu’on veut réus- « sir dans le minimum de temps, des données généra- « les s'imposent dont il faut poursuivre l'application :
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« préciser le but visé en définissant le modèle à réa- « liser en fonction des moyens d'action dont on dis-
« pose et des besoins déterminés que la production
« doit satisfaire. » (Dechambre.)
Pénétrés de ces principes, quelques réalisateurs surent assigner à l'élevage un but précis et les moyens de l’atteindre en fonction des possibilités régionales et des exigences économiques.
Le but était de faire un animal vigoureux et agile, de formes trapues, ayant une bonne musculature et des membres solides.
Les moyens mis en œuvre pour l’atteindre furent des croisements avec les Ardennais, tant Français que Belges, et avec la race de trait du Nord. « C’est parce que seules les races ardennaises ou de trait du Nord présentent avec la race de l’Auxois des affinités évidentes, — dira plus tard l’un des principaux artisans du mouvement nouveau, — que nous avons toujours préconisé, lorsque la méthode de reproduction par la sélection ne pouvait s'exercer faute de sujets d'élite, d’avoir recours au croisement alternatif avec l’une de ces deux races dont l’une a plus de sang, l’autre plus de taille et de poids, mais qui toutes deux sont sensiblement analogues à la nôtre par le format et le tempérament, par le climat aussi des régions dans lesquelles elles vivent et se perpétuent. » (A. Barbier.)
Quelques hommes actifs et dévoués, éleveurs ou techniciens de l'élevage, se vouèrent à la réussite de cette entreprise. Sous l'impulsion du Docteur Chauveau, sénateur de la Côte-d'Or, et de M. Barbier, directeur des services vétérinaires, avec la collaboration
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éclairée de quelques vétérinaires comme MM. Héhot, Ligeron, Bizot, et de quelques éleveurs, fut créé en 1911, et pour une durée illimitée. un Syndicat ayant pour but « l'amélioration, la vulgarisation et la mise en valeur commerciale du cheval de trait de l’Auxois ». (Art. premier des Statuts.) Les Statuts furent déposés à la mairie de Semur-en-Auxois, le 2 février 1913 : de là date l’ère officielle de son fonctionnement.
Dès le début, le Syndicat établit un livre d’origine (Stud-Book) pour inscrire les sujets de race indigène et pure, mais en spécifiant (art. 4) que « dans un délai ‘le cinq années, la Commission technique pourra exaniner et, s'il y a lieu, recevoir tous les chevaux de oros trait, mâles ou femelles, quelles que soient leurs robes et leurs origines ». Le désir d'arriver rapidement à un résultat tangible, probant, justifiait cette mesure.
Les caractères-types de la race furent définis ainsi qu'il suit (art. 2) :
« Tête courte, front large, oreilles petites, encolure courte, largement contournée, puissante, garrot bien sorti, poitrail large, bien musclé ; côtes arrondies, poitrine profonde, dos et reins droits et courts, croupe très musclée, membres bien musclés, jarrets larges, sabots bien conformés, tendons forts, pâturons courts, articulations nettes ; laille, 1 m. 60 au minimum : énergie bien accusée ; robe : bai, rouan ou aubère. »
En même temps, le Syndicat limitait l’aire de son activité à treize cantons de la Côte-d'Or, à savoir : « Semur, Montbard, Venarey-les-Laumes, Précy-sous-Thil, Vitteaux, Saulieu, Liemais, Pouilly-en-Auxois, Arnay-