US A
Mais, tandis que, dans les Flandres belges, il a, à l'heure présente, presque complètement achevé d’absorber le cheval flamand auquel, très heureusement du reste, il s’est si bien substitué que pour retrouver aujourd'hui le véritable type flamand, il faut franchir le détroit et aller le rechercher parmi les « clydesdales » qui sont légion à Londres (1), il n’a pas réussi — ei l'on doit s'en réjouir — à fusionner avec le boulonnais qui a toujours, dans son aire géozraphique naturelle, triomphé des infusions de sangs étrangers que d’aucuns, mal inspirés ou guidés par des considérations commerciales à courte vue, ont parfois pratiquées sans précaution ni circonspection.
(1) De la Monographie du Cheval de Trait Belge (Bruxelles 1941) qui est due au Chevalier Hynderick de Theulegoet, nous extrayons ces qiielques passages :
« L'illustre Macaulay, décrivant la situation économique de l’Angleterre en 1688, dt :
» Nos chevaux indigènes, quoique très utiles, n'étaient pas très eslimes et Se vendaient à bas prix. Les hommes les plus compétents dans l’apprécialion des richesses nationales ne les estimaient l’un dans l’autre qu'à 50 shellings. On préférait beaucoup les races étrangères ; celle des genels d'Espagne était regardée comme fournissant les meilleurs chevaux de cavalerie, et on les importait pour le luxe et pour l’arméc. Les carrosses de l'aristocratie étaient traînés par des juments grises de Flandre qui trottaient, du moins on le croyait alors, avec une grâce particulière et supportaient mieux que Les chevaux élevés dans notre île le rude labeur de traîner ces pesants équipages sur le pavé raboteux des rues de Londres. On ne connaissait ni notre cheval de trait moderne, ni notre cheval de courses. Plus tard on acheta dans l’ile de Walcheren les ancêtres de ces gigantesques quadrupèdes qui sont pour les étrangers une des curiosités de Londres.
» Cette dernière infusion de Ssang hollandais et flamand forma en Angleterre le célèbre Black Horse, l’ancêtre du Shire actuel.
» Le Clydesdale écossais descend du croisement entre les juments du Lanarkshire et l’étalon des Pays-Bas. Le Clydesdule tient sa taille el son ampleur du chevai flamand.
» Un amateur anglais, Burke, parlant de l'élevage en Belgique vers 1860, dit que les chevaux flamands sont devenus les plus mauvais du monde, qu'il les voit tous avec des pieds larges et plats, les canons des menbres antérieurs étroits, mal emmanchés avec les genoux et les boulets, surtout hors de proportion avec la masse du corps; l’enco- Lure toutefois est belle, mais la tête sans expression.
» Cel écrivain attribue la dégénérescence de la race au drainag : que les Anglais ont fait depuis 1856 des spécimens de quelque valeur pour créer chez eux le Black Horse; aux mauvaises dispositions du règlement et aux croisements mal compris avec le Pur Sang, le Boulonnais et le Percheron. »
EL Re
&n tout cas, si, de temps à autre, des infiltrations réciproques entre chevaux belges ou de Trait du Nord, et chevaux boulonnais se sont produites, le cheval belge et le Cheval de Trait du Nord, tout en restant parfaitement eux-mêmes, en ont bénéficié, en acquérant, sans la dépasser toutefois, la dose complémentaire de distinction qui était nécessaire au parachèvement plus rapide de l'élégante harmonie qu’en dépit de leur masse on se plaît à leur reconnaître, alors que le cheval boulonnais, sans perdre quoi que ce soit de son cachet, de son brio et de sa finesse, y à trouvé une appréciable amélioration de son système osseux, particulièrement dans les diamktres de ses canons.
Tout ce que LEYDER à écrit sur ce qu'il advint du cheval de trait belge après les guerres de la République et de l’Empire, sur l'introduction en Belgique, déjà tentée vers 1770, puis renouvelée sous Napoléon et pendant les soixante premières années du siècle dernier, d’étalons « étrangers, légers, haut montés et étroits de poitrine », « holsteinois, napolitains ef danois » ou de reproducteurs « de sang oriental de diverses provenances », s'applique exactement à la besogne lamentable qu'ont vu s’accomplir ceux de nos arrondissements qui possédaient au dixhuitième siècle un cheval en tous points superposable à celui qu'entretenaient nos voisins.
Mais la Belgique sut, dès 1864, définitivemient secouer le joug qui a permis à LEYDER de dire que, du fait de l'erreur et de la faute qui résultaient de cette mainmise, « la race chevaline belge fut, pendant quelque temps, arrêtée dans son évolution et menacée d’un état de stagnation fatale ».
Par contre, les éleveurs de notre région subissant l’étreinte toute puissante d'une admir'tration, aujourd'hui heureusement — en partie au moins er ei ce qui concerne notre élevage en tout cas — revenue des
conceptions funestes qui étaient les siennes ; écoutant et suivant plus docilement que ne l'avaient fait les Belges, les suggestions néfastes des Officiers de remonte et des Haras qui ont si longtemps sévi en maîtres absolus sur notre production chevaline ; et se laissant aller à donner
leurs grosses et bonnes jumients de trait aux étalons de sang ou de demi-sang qui empoisonnaient stations publiques et stations privées, ont eu, durant de longues années encore, à souffrir du marasme dans lequel avait plongé leur élevage l’asservissement dont ils n'eurent que trop tardivement l'énergie de se libérer.
Et si, à l'heure actuelle, cette critique sans doute sévère, mais néanmoins rigoureusement justifiée par les faits et les événements auxquels elle s'applique, peut être encore formulée à l'égard de maints officiers du service des remontes, qui persistent à vouloir faire produire du cheval de selle dans toutes les régions, et à qui le récent cataclysme mondial n’a, semble-t-1l, rien appris, alors cependant qu'il peut être affirmé hautement, pour la part qui revient au cheval dans la victoire, que c'est le cheval de trait qui a gagné la guerre, nous devons à la vérité de reconnaître en toute sincérité et de déclarer en toute loyauté, à l'encontre de ce qu’écrivent quotidiennement ses contempteurs systématiques, que l'Administration des Haras, s’est, elle, modernisée et adaptée aux circonstances et aux nécessités, et que, tant à l'origine qu'au cours du développement de l’œuvre que nous avons amorcée en 1903, nous avons trouvé chez ses représentants dans le Nord, une collaboration dévouée et-cordiale à laquelle nous nous faisons un devoir de rendre ici l'hommage qu'elle mérite.
Il n’en est pas moins vrai que c’est aux erreurs et aux fautes du passé que nos éleveurs ont dû d’être aussi considérablement distancés qu'ils l’étaient il y a vingt-cinq ans encore par les éleveurs belges à qui, dès que leurs yeux se furent dessillés, et se conformant en cela à nos conseils et à ceux de la Société « Le Stud-Book du Cheval de Trait du Nord », ils sont allés demander des géniteurs capables de restituer à leurs chevaux ceux des caractères ancestraux qu'avaient atténués ou fait disparaitre les inexcusables errements dont il vient d’être question.
M. DELORME, président de la Société d'Agriculture de la Somme, écrivait à ce sujet, le 12 juin 1910, dans « La Défense agricole et horticole de la Région du Nord », à
la fin du compte-rendu qu’il y faisait du concours que venait de donner le Stud-Book du Cheval de Trait du Nord :
« Cette exposition du Cheval de Trait du Nord, a obtenu un grand succès et a reçu de nombreux visiteurs ; elle a éte suivie avec beaucoup d'intérêt par les fermiers de la région du Nord qui pensent, avec juste raison que, dans leur pays, sur un sol de même constitution que celui des provinces belges du Hainaut et du Brabant, ils peuvent arriver à produire des chevaux qui auront les mêmes qualités et jouiront des mêmes faveurs que les chevaux belges auprès des amateurs étrangers.
Si les éleveurs du département du Nord, pour arriver plus vite, d’une façon plus certaine, à leur but, vont chercher en Belgique, parfois, des géniteurs de mérite, on ne saurait leur en faire grief.
N'est-il pas bon de rappeler ici, que le fondateur de la lignée qui jouit maintenant au pays belge de la réputation la plus méritée, est resté quelque temps dans le Nora de la France ; le Hainaut belge et le Hainaut français ne sont séparés par aucune ligne qui puisse constituer une barrière infranchissable ; ils ont des origines communes, une formation géologique analogue.
Seules, les diverses dispositions prises par les sociétés directrices de l'élevage dans les deux nations, ont pu influer sur l’évolution de la race et faire s’écarter momentanément les caractères d'animaux qui doivent avoir une provenance unique.
Le Stud-Book du Cheval de T'ait du Nord, à la tête duquel se trouvent MM. Emile DAVAINE, Ernest MACAREZ et MONSAR- RAT, a donc bien mérité des éleveurs de la région en provoquant le rapprochement de la race du Cheval de Trait du Nord avec la race de Trait belge » (1).
Or =2
(1) L’autear de cet article, qui était, pour le Stud-Book du Cheval de Trait du Nord, un collaborateur dévoué, et, pour nous personnellement, un ami bien cher, est mort le 28 mai 1924.
Les éminents services que M. Delorme a rendus à l'agriculture et à l'élevage de toute la région du Nord, nous créent, autant que l'ami: tié, l'impérieux devoir de saluer respectueusement ici sa mémoire. — J.M.
La € SAP ND CAC
ns
+ : Se .& A
Fe . sin | Ÿ-
HET TU T0: de:
ve
et
} FAIT T à FA NE tt | Crénet at, fi TRE id ne ra Rae cheat tee di ce Se :
à Aus (4 t tte su p2 [RTQ fn 15 V
ie
TA late , fre re rer Mans Ê su vo, Le