‹ Le Cheval de Trait du NordChapitre 26 sur 38 · DIRES · texte numérisé non relu

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avec de la méthode et de l’unité dans les vues, ils étaient susceptibles de faire bien, eux aussi, et de s’attirer les faveurs de la clientèle allemande.

Pour arriver à ce but, la création du Stud-Book du Cheval de Trait du Nord fut donc décidée, de manière à former une pépinière de reproducteurs d’un modèle uniforme.

Grâce à la persévérance et aux efforts de MM. DAVAINE, MacarEez et MONSARRAT, qui ont pris la direction du Stud- Book, le nouvel organisme est en pleine prospérité et a déjà donné des résultats probants.

Le type s’est unifié, le nombre des sujets dignes d’être inscrits s'accroît sans cesse, et l'élevage a vu la valeur de ses produits hausser rapidement.

. Les marchands de la Belgique recherchent activement les meilleurs poulains qui, comme nous l’avons dit, deviennent alors sujets belges et seront présentés comme tels.

Et même, on a pu constater, à plusieurs reprises, que quelques-uns sont revenus à l'âge adulte, dans leur pays d'origine, comme reproducteurs d'élite, mais avec le tarif de la contrée qu'ils abandonnaïient,.

Les producteurs du Nord, témoins de ces faits et désormais avertis vont prendre leurs dispositions pour que tout le bénéfice de semblables opérations soit dorénavant leur. privilège.

Ce sont toujours les mêmes qualités qu'ils estiment chez # cheval belge, que les Allemands préfèrent dans la race de Trait du Nord : squelette volumineux, forte musculature, membres robustes et soutenus.

Devant ce succès commercial, et pour le rendre encore plus tangible, le Stud-Book du Cheval de Trait du Nord n’a qu'à se maintenir dans la voie qu'il s’est tracée ; il lui faut rester fidèle aux règles qu'il s’est imposées et qui sont celles de la production d’un cheval convenant aux plus lourds services.

Naturellement, les Haras chercheront à lui faire subir leur influence ; jusqu'aujourd'hui leurs officiers sont toujours demeurés dans les hauteurs, d'où ils ne conçoivent le cheval que d’après les principes rigoureux de l'esthétique et de l'élégance.

Ils ne sont jamais descendus sur le marché mondial, ne

connaissent pas ses exigences, se préoccupent peu de le satisfaire.

Nous savons, par des renseignements de source éminemment certaine et autorisée, que déjà l’unité de vue qui exis-

lait au sein du Stud-Book du Cheval de Trait du Nord reiicontre un antagoniste puissant dans l'Administration des Haïas.

Il appartient aux hommes de grande valeur qui dirigent l'élevage de la race, tout en acceptant, puisqu'il le faut, la collaboration des fonctionnaires de l'Etat, de ne pas se laisser déborder : cette collaboration ne doit pas se transformer en tutelle ».

Dans une lettre qu'il nous adressait au sujet de cet article qui l’avait quelque peu peiné, M. D’AGNEL DE BOURBON, après avoir applaudi à toutes les bonnes choses qu’il contenait, protestait contre les insinuations ou accusations par lesquelles il croyait être personnellement visé à travers son Administration.

« Vous me connaissez assez, j'espère, écrivait-il, pour que je n’aie pas bescin de me détendre ; et je suis certain que vous avez confiance en nous comme nous avons confiance en vous.

Ce que nous désirons avant tout, c'est que l’élevage du cheval soit prospère partout où nous avons à nous en occuper... et ailleurs aussi. Tant mieux si des personnalités comme vous veulent bien s'en occuper également avec zèle et dévouement, Nous n’en sommes pas jaloux, au contraire, quand 1l s'agit de gens droits et de bonne amitié comme vous l’êtes.

Nous sommes résolus à vous aider de tout notre pouvoir et sans arrière-pensée, vous le savez.

Mais pour arriver à quelque chose, il faut de l'harmonie entre tous, et que l’un « ne tire pas à hue » ! pendant que l’autre « tire à dia » !

C'est cette harmonie qui à amené, j'en suis convaincu, les magnifiques résultats que l’on peut déjà constater dans le Nord ».

Si notre mémoire ne nous induit pas en erreur, nous nous sommes fait un devoir à l’époque, d'envoyer à M. DELORME une copie de la lettre de M. D’AGNEL DE BourBon et de lui donner l'assurance — ainsi que la loyauté et aussi légale amitié que nous avions pour l’un et pour l’autre nous commandaient de le faire — que depuis la fondation de notre Stud-Book, l'Administration des Haras, loin de contrecarrer nos efforts, avait délibérément suivi la voie que nous avions tracée, et marché avec nous, cédant en cela, à coup sûr, aux objurgations et aux avis de M. D’AGNEL DE BOURBON qui, mieux placé

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