‹ Le cheval et ses races; histoire des races à travers les siècles et races actuellesChapitre 12 sur 17 · LES CHEVAUX EN AUTRICHE-HONGRIE · texte numérisé non relu

LES CHEVAUX EN AUTRICHE-HONGRIE

Il est peu de pays où Ton aime autant le cheval qu'en Autriche-Hongrie, et sous ce rapport les Anglais sont presque distancés. Les officiers de cavalerie autrichiens sont de véritables centaures, connaissant à fond l'équita* tion et tout ce qui concerne le cheval. L'empereur lui-môme, dit Sidney, dans son livre que nous avons déjà cité souvent, est, sans exagération ni flatterie, un des plus beaux cavaliers de TEurope : Quand il fut couronné roi de Hongrie, dit cet auteur, un détail de la cérémonie consistait à monter un cheval fougueux sur une montagne sacrée, et là, pendant que le cheval à l'arrêt se cabrait et faisait des courbettes, tourner le sabre de la Hongrie vers les quatre points cardinaux. Quand l'empereur accomplit cette partie de la cérémonie, un Anglais présent, très fort lui-même à tous les exercices du cheval, disait en racontant le fait: <c Je tremblais pour le roi ! Je croyais que le cheval allait se renverser sur lui ! »

D'après les renseignements puisés par Sidney dans les rapports officiels de l'attaché militaire anglais en 1873, le dernier recensement donnait pour la Hongrie, 2, 160,000 chevaux, et pour les provinces autrichiennes 1,367,000. Ces nombres ont augmenté depuis.

Les gouvernements de chacune des deux parties de l'empire encouragent à qui mieux

mieux rélevage des chevaux et les deux ministres de Tagriculture achètent chaque année en Angleterre des lots de chevaux de pur sang choisis avec soin.

Il y a deux haras du gouvernement en Autriche et trois en Hongrie, plus un quatrième installé en Transylvanie, province extrêmement riche, mais dont les richesses sont peu exploitées.

Le rôle des haras d'Autriche-Hongrie, qui existent depuis la seconde moitié du dernier siècle, est d'élever des juments pour le service des haras et des étalons en nombre suffisant pour les besoins du pays ; ils sont distribués dans des dépôts établis à cet efîet.

Dans chaque haras il y a des étalons de différentes races : arabes, anglais de pur sang, et de demi-sang, normands et Lepiza, ceux-ci sont des descendants d'anciens chevaux andalous importés au dernier siècle et ayant conservé la conformation des anciens chevaux de manège en honneur à cette époque.

Le nombre des juments dans chaque éta<* blissement, varie de 200 à 400. Quelques-unes sont de pur-sang anglais, mais la majorité sont de demi-sang, provenant d'étalons anglais, arabes ou normands, croisés avec des juments indigènes, pendant un grand nombre de générations.

Ce fait prouve qu'il n'y a plus de race indigène pure dans l'Empire.

La Hongrie, qui possède un grand nombre de chevaux, peut encore montrer danslaplu<<

part de ses chevaux communs, les types de la race autochtODe. Nous le counaissons du reste, ce type, par les nombreux chevaux que la Compagnie générale des petites voitures de Paris va acheter chaque année, dans la vallée de la Theiss : Us ressemblent assez à nos chevaux des Pyrénées, tout en étant plus corsés et ayant de meilleurs aplombs, et encore, les chevaux qu'on amène en France, sont de la plus grande taille ; le nombre des petits chevaux est considérable en Hongrie et un auteur, Charles Boner (1), a raconté comment ils sont rustiques et résistants, attelés à quatre à des voitures qu'un gamin conduit au galop de course qui parait être leur allure habituelle. Pendant la grande insurrection hongroise, de nombreux haras particuliers de grande valeur et montés à grands frais, furent dispersés et détruits. Le gouvernement hongrois possédait en 1873, prés de 1.800 étalons et le gouvernement autrichiens, 1.600; depuis, le nombre a beaucoup augmenté. On a pris l'habitude de garder les races locales distinctes et d'envoyer dans chaque région les étalons qui lui conviennent. Des expositions de chevaux ont lieu tous les ans dans chaque district et des commissaires du gouvernement distribuent des prix en argent ou en médailles aux

(1) Tous les renseigaements donnés dans cet article sont puisés dans La Livre du Chbyal de S. Sindney, traduit par le comte René de Beaumont, chez Fairault, Parisv

meilleures juments suitées et aux poulains de deux ou trois ans. Chaque étalon approuvé appartenant à des particuliers, reçoit aussi des allocations annuelles de dix à trente livres, de la part du gouvernement.

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