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La progression eut été constamment ascendante, si Le Sancy avait pu disputer en 1890 le prix de Bois-Roussel, qui était à sa merci , puisqu'il n'avait à y battre que Jonciale et Hé-lyette dans des conditions de poids qui lui étaient favorables.
Les chiffres indiqués ci-dessus comprennent 5,000 francs attribués au Sancy pour sa place de troisième dans le Lancashire Plate.
Le célèbre « gris » a été constamment entraîné par Webb, et a eu pour jockey Hopkins dans toutes ses courses jusqu'en 1890 exclusivement, sauf dans le Prix du Jockey-Club, où
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G, Barrett e^t veau lô mooter, Eu 1890, Tom Lane Ta piloté dans S69 deu^ ppemièri^s cQurses, et depuis lors^ c'est Madge qui Ta conduit à la victoire,
Aprè3 Le Smcp, te remarqualile cb^val gris de M* te baron ScMcUor, nom altens sif nal^ wcore un des représentants hors li^e du pur-3ang françaisi, Tristm^ 4 M. l*ef$vre, de Gbamant.
Daw un numéro d,'Àut^uU'Lonffehamp^ du mois de d^embre 1890, nous ll^n3 Im Ugnes suivante» :
f la reine d'Angleterre a enrayé un délégué i M. C.'J. liefëvre, propriétaire du haras de Chaulant, afin de lui proposer de vendre son étalon Tristan pour la somme de 550,000 francs*
« M' C-J. Lefèvre» qui se trouve lié avec le haron de Rothschild pour un traité encore à courir pendant plusieurs années* traité par lequel il s'engage à lui Mvrert comme yearlings, tou les produits de Tri$tmf n'a pu écoute? les propositions qui lui étaient faites et tes a déclinées.
<i Nous ne pouvon£i qu'a^pplaudir aux consé*quences de ce refus qui fait rester m Fran^ un étalon de la valeur du flls i'Hermit et Thrift et nou^ nous trouvons de la sorte quitte vis-i^ vis de l'Angleterre dont un des propriétaires a refusé ToSre qui lui était faite de vendre Tétaten Minting pour ]â France mayeunant 500,000 francs. »
Et voici ce que dit, de ce célèbre chevad, M. A. de Saint-Albin, dans un beau livre, Les
Courses de chevaux en France (1) , en parlant d'une visite qu'il a faite au haras de Chamant :
« Tout au bout du couloir des étalons, arrêtons-nous et saluons. Si M. Lefèvre a son respect pour Archiduc, ce n'est pas une raison, — toutes les opinions sont libres — pour que je ne m'incline pas jusqu'à terre devant un des chevaux qui m'ont le plus séduit dans ma carrière de sportsman : J'ai nommé Tristan. Il y a des gens qui se font, ou essayent de se faire, 5,000 livres de rente à élever des lapins. En chevaux, c'est à peu près le même principe : n'élevez qu'un lapin, que ce lapin soit Tristan et vous vous en ferez 50,000 livres de rente.
« Mais, si vous voulez, laissons de côté la vulgaire question d'argent. Mettons que Tristan est un inconnu et que nous entrons dans son box. Est-il possible de n'être pas frappé de la majesté et de la puissance de ses formes et de ne pas admirer sa robe mouchetée comme celle d'un jaguar ! Ses membres sont vigoureux, sa tête expressive. A la netteté de ses jambes, qu'il a conservées aussi saines qu'il les avait quand il était poulain, il joint la liberté des mouvements, qui sont ceux d'un jeune faon. Il vous accueille par des bondissements juvénils. La qualité de son tempérament se manifeste dans toutes ses allures. Il sort monté trois heures par jour et rapporte de sa
(1) Paris-Hachcttc
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promeuade un appélit qui coùlc à ison propriétaire une raiion quotidienne de quatorze litres d'avoine. »
(Le dessin a mal rendu les mouchetures qui, du reste, sont peu distinctes dans la photographie dont il est la copie).
A la suite de la promulgation de la loi de Tannée dernière (1891) réglementant les courses, des gens qui vivent du jeu, gênés dans leur industrie, essayèrent de faire croire que rinstitution des courses était atteinte dans ses œuvres vives, que les éleveurs découragés réduisaient leurs effectifs et qu'il n*y aurait bientôt plus d'écuries, plus de chevaux de courses, que les combats hippiques allaient cesser faute de combattants.
Voici comment un rédacteur du Temps a répondu à ces allégations :
« Il y a eu des ventes de chevaux, c'est entendu. Mais ont-elles justifié les conclusions pessimistes que nous résumions plus haut? Voyons. La vente de l'écurie de M. Pierre Donon a eu pour cause indirecte le krach de la Société des dépôts et comptes courants : encore M. Pierre Donon n'a-t-il pas tout vendu. Il y a eu aussi la vente Lupin. Mais M. Auguste Lupin, dont les couleurs brillaient déjà sur le turf il y a près d'un demi-siècle, a quatre-vingt-cinq ans ; encore M. Auguste Lupin ne peut-il se résoudre à la retraite, puisqu'il a racheté, parmi ses chevaux mis en vente, ceux qu'il estimait les meilleurs. Il y a eu en outre des ventes de MM. Soubeyran, de
Rothschild, Edmond Blanc, Maurice Ephrussi. Ce n'est là qu'un fait normal. Tous les ans, les grands éleveurs, comme ceux que nous venons de nommer, se débarrassent par les enchères des poulinières ou chevaux de courses qu'ils considèrent comme hors de service ou insuffisants. La production du cheval de course, malgré la sagacité ou Texpérience des éleveurs, comporte de nombreux hasards. S'il naît dans un haras quarante ou cinquante produits, le propriétaire ne manquera pas de réformer les non-valeurs en réservant, par un choix judicieux, les animaux qui lui paraissent les mieux venus. Ainsi, il diminue ses frais généraux. Il se trouve toujours, d'ailleurs, assez de sportsmen pour recueillir les « refusés » des grandes écuries. Ils arrivent ainsi à former (sans risquer les dépenses d'entretien d'un haras) des écuries secondaires qui se disputent, sur les hippodromes, les prix de second ordre et dont les représentants augmentent, par leur présence aux courses, l'intérêt du spectacle.
« C'est, en effet, une chose bien singulière qu'on ose nous montrer les ventes partielles de telles ou telle écurie comme un symptôme de la décadence des courses. Cela est faux. Pour que ce fût vrai, il faudrait que les vendeurs ne trouvassent pas de contre-partie. Or, il y a toujours acheteurs. Et cela se vérifie tous les jours. Car, les effectifs des écuries de course ayant augmenté depuis quelques années, la proportion des chevaux réformés a augmenté
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également. Jamais, en eflçt, il n'a été mis en vente autant de yearlings (poulaios de dix-huit mois non encore entraînés). Jamais on ne l^s apayésaiiS5ic/itfr,ce qui est,pensons-nous, assez probant. Veut-on des chiffres? Eu 1881 cent huit yearlings ont été vendus pour 326,0Q0 francs au total, soit en moyenne 3,000 francs ; en 1889 la vente (Je soixante-neuf yearlings produit ?35,000 francs, soit une moyenne de 3,420 fr. ; en 1890 la vente de cent quatre yearlings, produit 407,000 fra,ncs, soit une moyenne de 3,910 francs; en 1891 les résultats que nous avons donnent, en moyemae, pour clisiique yearling, un prix de plus de 5,000 francs. La progression est constante.
a Si Ton veut entrer dans les détails, on yerra que le prix de tous les jeunes chevaux d^ bonne olaa&e (qu^ représentent, pQur \^ ac^\iérevirs, l'avenir, mais un avenir bien aléatoire) a augmenté considérablement. En 1881 ^ 1? yearliug vendu le plus cher était payé 15^000 fr., màX^ trois produits seuleinent dépassaient le chiffre de 10,000 francs; en 1889, \^ pri^f le plus élevé est de ll^&OO frimes; ep 1890, on atteint 19,200 francs^. Epfin, en 1891 — année qu'on dit être Tannée de décadence des courses et du découragement des éleveurs — deux yearlix^gs ont été payés 30,000 francs cha^çun et dix-huit ont dépassé le prix de 10,000 francs. Dans la ^eule vente Lupin, le prix mpyen de chaque yearling a été de 10,500 francs. Cela ^e suQit Jl point pour rétorquer les argun^^nts de messieurs les booKniake^s? Que prpuye la
disparition de telle écurie, de tel haras, si une autre écurie, si un autre haras se fonde? Pourquoi l'élevage aurait-il toujours les mêmes protagonistes? Depuis quand la vie est-elle rimmobilité?
a Lorsque M. Pierre Donon vend son étalon Le Destrier (qui est sans doute le meilleur étalon de pur-sang que nous ayons en France depuis la mort i'Energy, et en attendant que Le Sancyy Gamin et Stuart aient fait leurs preuves) il se trouve un ami de l'élevage et des courses, M. Doudebès, pour acquérir cet excellent reproducteur et l'envoyer à son haras qui compte vingt-cinq poulinières. Si tel ou tel éleveur se retire, si tel ou tel haras disparaît, voici M. de Saint-Phalle qui installe dans le Midi un haras de vingt-cinq poulinières, voici M. Albert Menier qui vient de réunir soixante-dix poulinières et trois étalons tels que Frontin, Claymore et Transatlantique,
« Les courses et rélevage ne sont donc pas en mal de mort parce que le jeu est moins facile qu'autrefois ou parce les bookmakers, subissant la concurrence du pari mutuel, font des bénéfices moindres. Tout cela était utile à dire pour que l'opinion publique ne s'égare point et rappelle avec force au ministère de l'agriculture qu'il reste encore quelque chose à faire.
« On se souvient, en effet, que pendant la discussion de la loi sur les courses devant le Parlement, l'honorable M. Develle a reconnu qu'il était abusif que les petites sociétés de
courses (dont les opérations intéressent peu Télevage) fussent laissées libres d'instituer des réunions quotidiennes. Tout le monde a protesté contre cette tolérance excessive accordée au jeu. Le ministre a promis d'étudier la question et de restreindre le chiffre des journées de courses permises. Il était évident qu'une décision sérieuse ne pouvait intervenir qu'après une expérience, une enquête par les faits qui s'achèvent en ce moment. Mais les sociétés de courses se feraient de dangereuses illusions si elles croyaient que les engagements du ministre de l'agriculture » pour n'être pas fixés dans un texte de loi, demeureront lettre morte. Le tact et la loyauté que l'honorable M. Develle a toujours apportés dans l'examen et la solution de cette épineuse affaire ne permettent pas de douter qu'il tiendra sa parole.
« Et le public, que l'on a fait le témoin ou la victime des abus les plus scandaleux, a le droit d'exiger des mesures énergiques. »
§ V. — LE PUR-SANG DANS LES PAYS D'EUROPE AUTRES QUE LA FRANCE ET L'ANGLETERRE
A l'exemple de la France, la plupart des autres pays de l'Europe ont emprunté à l'Angleterre son cheval de pur- sang et le sport pour lequel il a été créé. En Allemagne et en Autriche surtout, de nombreux haras sont en pleine prospérité pour la production du cheval de course et des étalons de marque sont
achetés chaque année en Angleterre pour les alimenter. Des Jockey-Clubs se sont fondés à l'instar des Sociétés anglaises et françaises du même nom pour veiller à la production du pur-sang, à la tenue des Stud-Book et à l'observation des règlements qui régissent les courses. En un mot, tout ce que nous avons dit sur cette question relativement à ce qui se passe en France et en Angleterre peut être répété pour les pays du centre de l'Europe, et aussi pour l'Italie, quoique sur une moins grande échelle.
Mais il est un pays Allemand qui a fait mieux que d'emprunter simplement à l'Angleterre, comme l'ont fait la France, l'Autriche et l'Allemagne, la race noble qu'elle avait créée, il s'en est créé une de toute pièce. Nous voulons parler du Vurtemberg, dont le roi a voulu doter son pays d'une race de chevaux de pur-sang en créant sur ses propriétés des haras alimentés par de purs arabes.
Nous empruntons à M. Sanson, qui l'emprunte lui-même à un livre allemand publié il y a une trentaine d'années (1), l'histoire de la fondation et du développement de ces haras.
« En 1812, Cham, étalon turc, acheté en Russie, fit des saillies au haras de Scharnausen. En 1814, Emir, étalon arabe, cheval de selle de sa Majesté, pendant les campagnes de cette époque, fut également étalon. Les ju-
(1) Von IluGEL und Schmidt, Die Gesiûie und Meierein Sr, Maj. des Kœntgs von Wurtemberg ^ Stuttgard 1861.
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ments étaient en général de race hongroise, polonaise ou russe. A la môme époque il y avait l'étalon arabe Mameluk,
« Les haras du roi ne furent cependant bien organisés qu'en 1817, et c'est deux ans après, qu'avec le concours du gouvernement russe, et par les soins du duc de Stroganoff, ambassadeur de Russie à Constantinople et du comte Rzewusky, on put recevoir un convoi de huit étalons et de douze juments achetés plus particulièrement chez les Bédoins, qui débarquèrent à Livourne en 1819, et peuvent être considérés comme la souche du haras actuel.
« C'est des juments que doit partir la généalogie des plus nobles animaux qu'ait eus le Wurtemberg et les descendants de celles-ci sont encore Tornement du haras. C'étaient : Hasfouaa^ Elkanda, Sehakray Marana^ Gyran, Abululu.
« En 1817, le roi avait déjà acheté à Damas deux étalons arabes de la race Saklavi- Djedran : C'étaient Tajar (bai) et Bairactar (gris-clair). En 1821 deux juments de la même race, Amdany et Czebescie, vinrent s'ajouter au haras.
tt Les croisements en général ne réussirent pas; par contre le roi eut plus de bonheur avec la production de la race pure. Les animaux s'habituèrent facilement au climat et au régime; mais encore, dès les premières générations on constata une augmentation de la taille et du volume en général, sans que
TharmoDie des détails et la ûnesse des poils aieot eu à en souffrir.
« Des douze étalons successivement essayés comme reproducteurs, quatre seulement furent reconnus comme pouvant réellement communiquer leurs qualités à leurs descendants : GoumouschBournou, Tajar^Emir^ et surtout fîairactar. Ce dernier a sailli jusqu'en 1838 et fut tué en 1839 à Fâge de vingt-cinq ans; il est le père de la grande majorité des chevaux de race arabe du haras du roi; trente-sept juments poulinières et sept étalons de sa descendance ont été remarqués. Cinq de ces étalons, Sélim^ Amuralhy AleppOy Mazud et Bairactar II; les deux premiers, nés de la jument Saady^ méritent une mention particulière. C'est Bairactar /•' qui peut être considéré comme la souche de toute la famille arabe, et malgré les mariages consanguins (aujourd'hui on est à la quatrième génération) peut-être à cause de la consanguinité, tout connaisseur reconnaîtra l'extrême noblesse de la race et son uniformité; la race peut être considérée aujourd'hui comme constante.
« Les étalons Goumousch-Bournou et Tajar^ ne vécurent pas longtemps et Emir servit dans les croisements.
« Divers autres achats furent encore faits ultérieurement en Orient : en 1822 les chevaux nubiens et. barbes, qui cependant ne restèrent pas longtemps au haras ; en 1825 des chevaux (juments et étalons qu'on disait arabes et qui se montrèrent être des égyptiens); en 1827,
1828 et 1829, diverses juments venues par la voie de Marseille ; des achats en 1836 en Syrie, en 1852 en Egypte, en somme, trente-huit étalons et trente-six juments de pur-sang oriental [arabischen vollblut) ont été introduits dans un espace de quarante-cinq ans. »
Ainsi, en Wurtemberg comme en Angleterre, on a créé une race de pur-sang par transplantation de la race arabe à laquelle Tinfluence du climat, du sol et de ses produits, et surtout des soins, a communiqué des caractères particuliers. Cette race de pur-sang {arabischen vollblut), a été croisée avec des chevaux anglais de pur- sang et a donné lieu à une race anglo-arabe (english-arabischen), elle a été croisée aussi avec des chevaux allemands, des chevaux prussiens de TEst (Trahehnen), ce qui a donné lieu à des demi-sang qui servent à l'amélioration des races indigènes.
Plus tard, nous reviendrons sur la race de Trakehnen, quand nous parlerons des races allemandes proprement dites.