‹ Le cheval et ses races; histoire des races à travers les siècles et races actuellesChapitre 8 sur 17 · EN · texte numérisé non relu

EN

Différence en faveur de l'année 1890 : 734.

Si Ton évalue à 60 0/0 le chiffre des nais sances annuelles, le total des produits obtenus en 1890, — sans compter bien entendu ceux des jurnents saillies par les étalons admis, — atteindra le chiffre de 4,860.

§ II. — Le département de l'Orne. — Le département de TOrne ne faisait pas partie en entier de l'ancienne Normandie, les arrondissements de Domfront et d'Argentau seuls y comptaient; celui de Mortagne faisait partie du Perche et celui d'Alençon consti-

(1) A ce total, il convient d'ajouter les juments saillies par les étalons approuvés qui sont au nombre de 60, soit environ 2,550, et on arrive à un total général de 8,100 juments livrées à la reproduction, en 1890, dans le départeilient du Calvados. (Ne sont pas comprises les juments saillies par les étalons admis qui sont au nombre de 55.)

tuait le duché de ce nom, ce qui n'empoche pas que les plu» beaux Qormancis viennent de ce dernier arrondisgement et du Merleraull qui y confine quoique coniptant dans l'arron^ dissement d'Argentan.

Sept rivières principales et quantités d'af-^ fluepts arrosent de riches vallées où l'on engraisse de nombreux troupeaux de bœufs et où Ton élève des chevaux qui peuvent passer pour les plus beaux et les meilleurs de la France.

Parmi ces vallée», noua citerons, d'abord celle de VUre comme une des plus intéressantes & notre point de vue, puisque c'est celle où se trouvent le Merlerault, Nonant et Le Pin; puis les vallées de la Thouanne et de VUdm, débouchant comme la précédente dans celle da VOrne qui est beaucoup plus vaste Qt où se trouve Sées et Argentan; la vallée d'Orville, arrosée par la Touqne, et celle d^ I^aigle, par la RilU* La vallée de la Sarthe où se trouvent Alençon et Le Mêle, et ses collatté^r raies, sont aussi remarquables par leurs gras pâturages. Enfin dans Tarrondissement de Mortagne se trouvent les vallées de VUisne et de ses affluents qui, quoique moins riches que les précédentes, n'en méritent pas moins d'être citées; nous y reviendrons quand nous nous occuperons des lieux de production des chevaux percherons.

Le départemant de l'Orne possède pour ainsi dire autant de races de chevaux que d'arron- , dissemeuts : le pur sang et le demirsang nais-

sent dans l'arrondissement d'Alcnçoii et dans le Merlerault qui le borde au nord. Le Cheval d'Argentan est produit aux environs de cette localité. Le Cheval Percheron naît dans l'arrondissement de Mortagne. Et enfin, Tarrondissement de Domfront produit un petit cheval connu sous le nom de Charbonnier aux environs d'Alençon et qui est en réalité le clieval de la Mayenne produit dans ce département et élevé dans l'arrondissement de Domfront (1) .

Nous reviendrons plus tard sur ces différentes races.

Le commerce des chevaux est extrêmement actif dans l'Orne: partouton fait naître, on élève, on achète et on vend; cependant le mouvement est plus fort dans les arrondissements de Mortagne et de Domfront que dans ceux d'Alençon et d'Argentan; dans les premiers, en effet, les importations et les exportations sont nombreuses, tandis que ceux du centre ne vendent guère que leurs propres produits.

C'est immédiatement après le sevrage, ou bien à trois ans et demi ou quatre ans, que les jeunes chevaux sont conduits aux foires. Les poulains de six mois, surtout, ceux de pur sang et de demi-sang dont on n'espère pas pouvoir faire des étalons, sont généralement vendus

(1) Nous devons principalement ces renseignements et ceux qui suivent, à une excellente Notice sur les chevaux de l*Orne, de M. le vétérinaire principal Gillet, paru dans le troisième volume du Recueil des mémoires de la commission d'hygiène hippique au miniHère de la guerre.

\^?^titr-iQ

ai

aux marchands du Calvados, de sorte que trois ans et demi après, il ne se trouve plus guère sur les marchés que des pouliches ayant déjà donné à leurs propriétaires un poulain et deux années de travail, et encore sont-elles de de race commune.

Quel que soit l'âge de Tanimal dont on veut se défaire, il est placé quelque temps avant l'époque de la vente dans des conditions propres à lui donner un embonpoint qui flatte l'œil et plaise à l'acquéreur. On arrive à ce résultat au moyen d'un régime particulier qu'on appelle préparation.

Pour le poulain de lait, ce régime consiste à ajouter quelques farineux et un peu de grain cuit à. sa nourriture ordinaire.

Quant aux animaux plus âgés, il n en est plus ainsi. Tout est mis en usage pour les pousser à la graisse. Rentrés deux ou trois mois avant la foire, enfermés dans des écuries basses, chaudes, sombres et mal aérées, ils reçoivent une nourriture abondante et sans cesse variée pour exciter l'appétit. Les aliment < ordinaires ne suffisant plus, on les combine avec d'autres dans l'intention de forcer les animaux à manger constamment et d'éviter une satiété qui Serait contraire au but auquel on veut arriver. Ainsi donc, à rherbe des prairies, au foin naturel, ou plus rarement au foin artificiel et à la petite quantité d'avoine qui, jusqu'à ce moment, ont été léUts seuls aliments, succèdent le blé bouilli, Torge crevée, les féveroUes, les haricots, les

gesses, les vesces, les pois, les lentilles, le seigle cuits, les carottes, les navets, la graine de lin, du laitage et souvent encore des pommes de terre et des pâtées de toutes espèces, qui ont bientôt changé, à Taide de quelques saignées pour éviter les accidents de la pléthore, la maigreur que le travail et la nourriture parcimonieuse avaient déterminée, en un état étonnant d'obésité, souvent cause de maladies graves et de pertes fréquentes chez l'acheteur Mais les chevaux ont un poil fin et brillant et paraissent, au moment de la vente, doués d'une vigueur qui dissimule les défauts. C'est ce que cherche Téleveur et c'est dans cet état qu'il dirige ses chevaux empâtés sur les foires de l'Orne ou des départements voisins.

Les principales foires qui offrent des débouchés aux chevaux de l'Orne sont au nombre de six : dans l'Orne, celles d'Alençon et d'Argentan pour les chevaux de quatre ans et au-dessus ; de Mortagne et du Pin, pour les poulains ; dans le Calvados, la foire de Guibray, et dans l'Eure, celle de Bernay.

Les foires d'Alençon (du 25 janvier au 3 février), de Guibray et de Mortagne sont surtout importante à cause de la grande quantité de chevaux ou de poulains qui y sont vendus.

C'est principalement à la foire du Pin du 8 octobre, dite de la Saint-Denis, que sont conduits les poulains et aussi quelques juments, dites d'espèce, auxquelles on accorde des primes lorsqu'elles sont jugées bonnes et

Page 1