CHAPITRE II. — EXTÉRIEUR DU CHEVAL
une qualité à rechercher dans le cheval de trait. Dans le cheval vite, on préfère le développement de la poitrine en hauteur; trop de largeur gêne les mouvements et oppose plus de résistance à
]» • air.
Le poitrail est quelquefois le siège de tumeurs ou loupes peu dangereuses et d'une autre tumeur inflammatoire plus grave (l'avantcœur).
À la suite du poitrail, entre les deux membres antérieurs, on trouve Yars, 11, et l'inter-ars, à signaler à cause de la veine de l'ars, placée immédiatement au-dessous, à la partie intérieure et supérieure de la jambe. L'inter-ars est ordinairement le lieu où se placent les sétons. Le passage des sangles, 42, touche immédiatement Tinter-ars. On demande que cette partie soit arrondie, qu'elle ne porte pas de traces de blessures. Tout près est la veine de l'éperon, 11.
Les côtes, 5, apparentes après l'épaule, doivent être arrondies et non plates, celte forme élargissant la capacité de la poitrine. C'est à la côte gauche, derrière le coude, qu'on peut sentir les battemenls du cœur; c'est également sur les côtes que l'on percute ou qu'on appuie l'oreille pour explorer l'état des organes pulmonaires. On remarque quelquefois sur les côtes des cors résultant de la pression des harnais. Une tumeur très-dure, adhérente à l'os, pourrait indiquer la fracture antérieure d'une côte.
Le ventre, 8, limité par les côtes et le flanc, ne doit pas, autant que possible, dépasser le niveau du cercle des fausses côtes. Trop volumineux, il preud le nom de ventre de vache. Si cette disposition ne déprécie pas trop une bête de gros trait, elle est une grande défectuosité pour un cheval destiné à courir. Étroit et rétracté, le ventre se nomme levretté, par suite de sa ressemblance avec celui du lévrier. Les animaux ayant cette conformation sont propres aux allures rapides; mais le peu de volume des intestins ne permet pas toujours à l'alimentation de se faire dans les conditions convenables pour réparer les pôrtes qui résultent d'un exercice énergique. Les lares que peut présenter le ventre sont des hernies et des tumeurs œdémateuses.
Les flancs, 8, sont, dans leur longueur, déterminés par les reins. Avec un flanc long, le cheval s'emplit plus difficilement: On prétend que les chevaux à flanc court sont plus sujets aux coliques. On distingue, dans cette région, le creux, le plat et la corde du flanc. La corde du flanc trop saillante est un signe d'épuisement; on dit que le cheval a le flanc cordé. Quelquefois, après une longue course, le flanc paraît creux, le cheval est efflanqué, mais le repos rétablit facilement l'état normal.
Les flancs, reproduisant les mouvements de la respiration, indi-
quent 1 état normal ou anormal de la poitrine. Dans l'état ordinaire cinq à six respirations douces et à peu près égales se succèdent sans interruplion, celle qui vient après est un peu plus profonde et plus prolongée ; dans certaius états maladifs, l'inspiration est plus prolongée, et, pendant l'expiration qui est beaucoup plus courte, le flanc s'affaisse en deux temps entre Jesquels se remarque un mouvement d'arrêt désigné sous le nom de soubresaut ou coup de fouet • ce signe, qu'on désigne sous le nom de pousse, se produit à la suite de maladies de poitrine.
§ 0. — Membres.
Membres antérieurs. — L'épaule, fig. 23, qu'on réunit or dinairement avec le bras, a pour base le scapulum, les muscles qui 1 attachent aux côtes et la font mouvoir. L'épaule doit être bien masclée, plus saillante dans les forts chevaux de trait que dans les
chevaux aux allures légères; les épaules décharnées indiquent la faiblesse; la longueur et la position obhque des épaules sont des qualités essentielles, surtout dans les chevaux viles. Il est facile de comprendre l'avantage de la longueur de l'épaule. Si nous représentons 1 épaule par la ligne ab, fig. 24-, et que nous fassions mouvoir cette épaule de b en &', nous avons 1 étendue du mouvement représenté par la distance bb'; mais si l'épaule avait, au lieu de la longueur ab, la longueur ac dans le mouvement que nous lui avons imprimé, l'extrémité aurait parcouru la distance ce' plus grande que bb'.
Si maintenant nous ajoutons à l'épaule le membre antérieur représenté par bd et ce, nous verrons que celte étendue plus grande du mouvement da l'épaule se transmet aux membres; ainsi, la distance ee 1 est plus longue que dd f ; et plus les membres sont longs, plus cetle Fif. «3. étendue augmente.