‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 11 sur 103 · CHAPITRE II. — EXTÉRIEUR DU CHEVAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — EXTÉRIEUR DU CHEVAL

Quant à l'obliquité de l'épaule, elle est presque toujours une conséquence de sa longueur; mais ses avantages résident surtout d; ns l'insertion plus directe et moins pleine des muscles qui, du bord supérieur de l'épaule, vont s'insérer à l'os de l'avant bras ou au coude. L'obliquité de l'épaule joue encore un grand rôle dans l'élasticité des membres considéiés comme support; elle agit comme \ les ressorts de voiture destinés à amortir la \ dureté des réactions du sol. Le mouvement des épaules doit être libre et facile. On nomme épaules chevillées, épaules froides, celles qui ne possèdent pas ces qualités.

Le bras n'est pas apparent au dehors ; il a pour base l'humérus, caché par les muscles qui l'entourent. Trop de longueur dans le bras implique la faiblesse ; quand il est trop court, le cheval trousse, c'est-à-dire relève beaucoup et vivement la jambe antérieure.

V avant-bras a pour base le radius, le cubitus et les muscles moteurs des rayons inférieurs. Il doit être large et fourni de muscles puissants et bien descendus; il doit, chez les chevaux viles, être long, afin d'embrasser plus de terrain.

Le coude doit être suffisamment dégagé du corps; il est tourné en dedans pour le cheval panard, en dehors chez le cheval cagneux. La pointe du coude est quelquefois le siège d'une tumeur appelée éponge, parce qu'on présume qu'elle résulte de la pression du fer sur le coude quand l'animal est couché; on remarque encore à l'avantbras une croissance cornée dite châtaigne, beaucoup plus développée chez les chevaux communs que chez les chevaux de race; aux membres postérieurs, la châtaigne est placée à la région du canon.

Le genou du cheval, qui répond au poignet de l'homme, est formé de l'assemblage des os métacarpiens décrits. La réunion de ces petits osselets à faces articulaires membraneuses, solidement assemblés par de forts ligaments, paraît avoir pour but d'amortir la réaction que reçoit cette articulation dans la marche ou la course. La beauté et la force du genou consistent dans sa largeur et son épaisseur; ce développement accuse la saillie des éminences osseuses qui servent de poulie de renvoi à plusieurs tendons, ou de bras de levier aux muscles fléchisseurs du canon.

Le genou doit s'articuler avec le bras et le canon, de manière que ces deux rayons soient avec lui en ligne droite.

Si le genou est porté en arrière, c'est un genou creux ou genou de mouton, fig. 26; s'il est porté en avant et sur la ligne d'une courbe décrite par l'avant-bras et le canon, le cheval est dit arqué,

fig 25; celte disposition indique un cheval ruiné sur son devant. Cependant, chez quelques chevaux, la jambe affecte une légère courbure qui s'efface dans la locomotion ; on donne à ces chevaux le nom de brassicourt; on appelle encore genou de bœuf un genou porté en dedans. On reviendra sur ces défauts en parlant des aplombs.

Le genou peut être taré par des exostoses et des tumeurs molles ou dures; ces dernières se nomment osselets. On peut encore y remarquer, antérieurement, des excoriations ou traces de blessures, décelées par des dépressions légères ou des poils blancs : la présence de ces poils, ordinairement en cercle, constitue le genou cou-

Fig. 25. Fig. 26.

ronnê; c'est un indice de faiblesse dans le membre antérieur, trèsdéfavorable à Tanimal. On nomme malandres les crevasses en arrière du pli du genou.

Le canon, 6, fig. 23, a pour base les os métacarpiens, les ligaments et les tendons volumineux qui l'accompagnent. La grosseur de l'os du canon, indiquée par quelques amateurs comme utile, est moins appréciée par d'autres, qui font observer que la force de l'os est plus dans sa densité que dans sa grosseur. Cependant, des tendons puissants et bien détachés concourent à élargir le canon, et on doit les admettre comme une beauté. Ces cordes tendineuses sont : en avant, les tendons extenseurs; en arrière, les fléchisseurs; ces derniers sont surtout remarquables; on leur donne vulgairement le

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