EXTÉRIEUR DU CHEVAL
nom de tendon. Le tendon doit descendre perpendiculairement de Pavant bras au boulet, en se tenant toujours détaché du canon; quelquefois, cependant, il se rapproche brusquement de la partie supérieure du canon; condition défectueuse qu'on exprime par le mot de tendon failli; on nomme tendon féru celui sur lequel on sent, en le palpant, une induration due à quelque contusion ou à quelque effort; c'est une tare très-grave. Enfin, on dit qu'un cheval a une jambe de veau, quand les tendons étant très-rapprochés de l'os, le canon présente à peu près le même diamètre sur toutes ses faces. La surface du canon doit être exempte de suros, fig. 27, exostoses qui s'élèvent quelquefois à sa surface (on ne confondra pas toutefois avec des suros les boutons des péronés, qu'on sent quel-
Fiç. 27, Fig. 28. Fig. 29.
quefois à la partie inférieure et postérieure du canon). Le canon doit également être exempt de tumeurs molles, qui, sous le nom de molettes, fig. 28, 1 et 2, se remarquent quelquefois au bas du canon, près des tendons ; les molettes sont dites chevillées quand elles régnent des deux côtés, en fusée si plusieurs sont à la suite les unes des autres. Les engorgements des tendons sont encore une des tares de cette partie, affection résultant d'un travail forcé et difficile à guérir.
Le boulet n'est pas, comme son nom l'indique, un os sphérique; ce renflement est le résultat de l'articulation du canon avec l'os de la couronne, des os sésamoïdes placés postérieurement, et des tendons qui passent en ce point. La beauté du boulet consiste surtout dans le développement de sa région postérieure ou sésamoïde, indi-
quant 1 écarteraient et là puissance du tendon. V effort de boulet consiste dans de violents tiraillements des tendons, qui font dévier l'articulation de son axe; on dit alors que le cheval est boulet*. Il est rare qu'on puisse rétablir l'articulation, ainsi forcée, dans son état normal ; on nomme cerclé le boulet entouré de tumeurs dures ou molles. Le fanon, 11, fig. 23, est une touffe de poils située en arrière et au bas du boulet; il est plus épais et plus long chez les chevaux communs, ceux surtout des pays de marais.
Le paturon, 8, fig. 23, dont la base est le premier pbalangien, se lie intimement au boulet, et ses rapports de position avec le bouht et le canon sont ce qu'il y a de plus important dans son examen. Comme les autres articulations, celle du paturon et du canon se fait sous un angle plus ou moins grand, toujours pour faire ressort et ménager les réactions. Si cet angle est peu ouvert, le paturon tend, avec le boulet qu'il supporte, à se rapprocher du sol ; l'animal est dit bas-jointé. Le môme effet se produit si le paturon est très-long; il forme alors un levier qui diminue la puissance des tendons qui passent à l'arrière du boulet; l'animal est long-jointé, il a une tendance à devenir bas-jointé; cependant, si l'articulation se fait avec le canon, dans un angle très-ouvert, l'animal est dit alors hautjointe. On admet que la position du paturon est convenable quand il fait un angle de 45<> avec le canon ; un cheval dont le paturon est peu incliné a presque toujours des réactions dures. Enlin, le pied ' court-jointé est celui dont le paturon est court, ce qui est un signe de force; les bons trotteurs ont ordinairement le paturon court; les chevaux communs et lymphatiques ont la peau et les tissus de cette partie épais et empâtés; il en résulte une prédisposition aux gerçures, aux engorgements ; le pli du paturon est sujet à des gerçures assez graves, produites parfois par l'action de la longe dans laquelle le cheval a pu s'empêtrer; on dit encore que le cheval a une prise de longe.
La couronne, 9, fig. 23, est le point de jonction du sabot, caractérisé par une couronne de poils qui les borde ; c'est également le point qui sécrète la corne; on demande à cette partie d'être, comrai3 le paturon, sèche et nette, exempte d'exosloses (qu'on nomme dans ce cas formes). Les eaux aux jambes, espèce d'exsudation qui se reconnaît au poil hérissé de la couronne, peuvent être les symptômes d'affections graves des cartilages qui bordent cette partie.
Pied et sabot — Le pied est un organe trop important pour que nous n'expliquions pas l'ensemble de son mécanisme; la fig. 30, qui donne la coupe d'un pied de cheval dans sa hauteur, nous facilitera cette description. Nous avons déjà vu que le pied, en le bornant à la région digitée, était composé de 6 os, sans y comprendre le canon a. Ces os sont : l'os du paturon b, les deux grands sésa-