CHAPITRE 11. — EXTÉRIEUR DU - CHEVAL
De la disposition des différentes parties du sabot résulte une propriété bien importante dans la locomotion : c'est Vélasticiié de l'enveloppe cornée, qui lui permet de se dilater et de se resserrer pendant la marche. Voici comment agit ce mécanisme : au moment où Yappui s'opère, l'os du pied, sous la pression du poids du corps qu'il supporte, tend à descendre dans le sabot vers la pince; il comprime la voûte du pied, et celle-ci, en s'affaissant, réagit sur le pourtour de la paroi qu'elle dilate. Au lever, il se produit un effet inverse. Cette élasticité a pour résultat d'amorlir la réaction de la marche et d'en seconder le mouvement par une espèce de* ressorl.
Les qualités d'un bon pied résident dans sa conformation et sa texture. La courbe de la muraille doit être rapprochée de celle du cercle plutôt que de celle de l'ovale; sa paroi sera forte et suffisamment élevée au point où elle se contourne pour former les talons, qui doivent être hauts et forts; la sole sera concave et évidée,
Fig. 44. Fig. 45.
la fourchette bien nourrie, surtout à sa base. La corne ne doit être ni trop sèche ni trop tendre; sa couleur doit être noirâtre; sa surface unie, sans gerçures, crevasses ni cercles.
Les pieds défectueux sont : le pied trop grand ou trop petit; le premier se trouve dans les races communes; il en est de même du pied plat, fig. 44, caractérisé par la sole plate et h s talons ba«. Le pied comble est l'exagération du vice précédent; la sole est convexe au lieu d'être concave ; ces deux espèces de pieds sont exposées à l'usure et aux altérations de la sole par le contact des inégalités du terrain. Les pieds à talons bas ou à talons faibles sont sujets à être foulés.
Les défectuosités, dans un ordre inverse des précédents, sont le pied encastellé, fig. 45, caractérisé par le défaut d'obliquité de la paroi, la grande élévation, et le resserrement des talons. Ces sabols ont peu d'élasticité et compriment souvent les organes qu'il j renferment. Cette défectuosité est d'autant plus grave, qu'elle se rencontre surtout chez les chevaux fins, dont le pied supporte les réactions
violentes de la course. Les pieds étroits, les pieds à talons serrés ont quelque analogie avec le pied encastellé, et peuvent exercer également une pression douloureuse sur les parties internes ou en gêner Faction. Le pied rampin, qui se rencontre surtout chez l'àne et le mulet, a pour caractère d'être droit comme le pied encastellé, mais il en diffère par un évasement plus en rapport avec l'étendue du pied interne et par sa position plus perpendiculaire au sol ; ces pieds prédisposent les animaux aux efforts de boulet. Le pied est dit pinçard, quand le cheval n'appuie sur le sol que l'extrémité antérieure. '
Sous le rapport de la solidité de la corne, on distingue encore les pieds mous ou gras à corne très-tendre ; on appelle pied dérobé le pied ayant des éclats ou des brèches au bord plantaire de la paroi ; la friabilité d'une corne trop sèche peut en être la cause.
On remédie en partie par la ferrure, comme on le verra plus loin, aux différents défauts qui viennent d'être signalés. Outre ces défec-
Fi£. 46. Fi£. 47.
tuosités, il y a des tares appareilles à l'extérieur du sabot. À son bord supérieur, il peut exister un suintement provenant d'une lésion intérieure; on peut y remarquer des solutions, suite d'opérations, de maladies graves du pied. La muraille offre encore quelquefois des sillons circulaires, fig. il ; le pied, dans ce cas, est dit cerclé; les sillons sont la conséquence de la fourbure, de javarls, etc. La fourbure, accumulation ou congestion de sang daus le tissu feuilleté du pied, est le résultat d'exercices violents, de marches ou courses trop prolongées; les javarts sont des tumeurs qui se développent dans les divers tissus du pied. Les gerçures longitudinales qui apparaissent quelquefois dans la corne de la muraille 1 , fig. 46, se nomment seirnes, et encore soies, quand elles descendent jusqu'en bas. Les bleirnes sont des contusions affectant des points de la sole ou des quartiers, et déterminant une suppuration. La sole et la fourchette sont plus exposées que les autres parties du sabot aux altérations; la sole est dite battue, refoulée, échauffée, quand elle a été