‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 18 sur 103 · CHAPITRE II. — EXTÉRIEUR Dtl CHEVAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — EXTÉRIEUR Dtl CHEVAL

échancrée au milieu; le boutoir, fig. 51, espèce de gouge destinée à abattre la corne du sabot et parer le pied; on y distingue la lame G, un peu élevée sur ses bords hh, la queue i, Tare j et la poignée k; le rogne-pied, fig. 52, composé ordinairement d'un fragment de sabre, servant à dériver les clous, à rogner l'excès du sabot; les tricoises, fig. 53, tenailles à longues branches oo, surmontées par les mors N ; la râpe, fig. 54, à l'aide de laquelle on lime le bord de la corne ; et enfin le repoussoir R, fig. 55; on l'emploie pour élargir . les conlre-perçures ou faire sortir les vieux clous.

On ne peut donner ici un manuel de ferrure : ce n'est que par une expérience longue et raisonnée qu'on apprend à forger, ajuster et brocher convenablement un fer ; on indiquera seulement d'une manière sommaire les procédés de la ferrure et les bonnes conditions de cette opération.

Le travail du maréchal consiste, en général, soit à ôter un fer usé pour le remplacer, soit à ôter un fer non usé pour le reposer ensuite, ce qu'on nomme rassis, soit enfin à ajuster et poser un fer neuf.

Dans toutes ces opérations, le maréchal a besoin d'un aide qui sache lever et tenir le pied du cheval. Le cultivateur ou ses gens étant appelés quelquefois à rendre ce service, on doit donner quelques explications à cet égard. En Angleterre, le maréchal se passe d'aide; il tient le pied du cheval entre ses cuisses, se sert de la renette au lieu du boutoir, opérant alternativement de chaque main ; cette ferrure demande de la force çt de l'adresse. Dans la Flandre, on remplace l'aide par une espèce de travail.

Si on soupçonne que le cheval soit difficile ou qu'on ne le connaisse pas, on s'approche de lui en lui parlant et en le caressant sur l'encolure ; on glisse la main sur l'épaule, ensuite sur le bras, et successivement jusqu'au boulet, qu'on saisit. Voici la position de l'aide : supposons que la jambe à ferrer soit la jambe de devant hors montoire. L'aide aura le corps droit, la jambe droite étendue et portée en avant, faisant en sorte qu'elle croise la jambe gauche du maréchal; le genou du cheval sera fixé dans l'aine droite de l'aide, et il aura ses deux mains dans le paturon en croisant ses pouces ; il sera un peu incliné vers le poitrail, ce qui fait tourner le pied un peu en dehors et le détache bien du corps.

Si on a à ferrer un pied de derrière d'un cheval difficile, on commencera par passer la main à plusieurs reprises le long du dos, ensuite on la glissera sur la fesse ; la main étant parvenue au milieu de l'os de la jambe, on la passera en dedans du jarret sans cependant la quitter; de la jambe on la prolongera ensuite sur le canon, et on atteindra le boulet; quelquefois, pendant qu'on glisse une main, l'autre main s'empare de la queue, et, sur-le-champ, on en-

toure le paturon. Pour tenir le pied de derrière» Faide se pose de la même manière que pour le pied de devant, à l'exception que son bras droit passera par dessus le jarret; il contiendra également, au moyen de ses deux mains croisées, le boulet qu'il posera sur le haut de sa cuisse inclinée et allongée. La jambe doit être droite et non étendue.

Les chevaux très-difficiles sont maintenus au moyen du tord-nez. On met au paturon une entrave qu'on attache à la queue par une plate-longe, ou enfin on le fixera dans un travail.

Pour enlever le fer, le maréchal coupe avec le rogne-pied les rivets des clous, puis introduit sous Tune des branches du fer un des mors de ses tricoises, fait une pesée pour soulever le fer et en même temps les têtes des clous engagés dans ses étampures, et il peut alors saisir avec les tricoises ces mêmes clous pour les arracher. Quant aux clous ou fragments de clous qui ne cèdent pas à cette traction, il les repousse avec le repoussoir; il doit, en tout cas, éviter de faire l'extraction violente du fer en le tirant par Tune des branches, ce qui peut faire éclater la corne. . La pose du fer peut se subdiviser en plusieurs autres opérations accessoires : 1° parer le pied; t° ajuster le fer; 3° l'attacher.

Parer le pied, c'est enlever avec les instruments la portion de corne qui se serait usée par le frottement sur le sol, si le fer ne l'eût pas garantie. La corne la plus extérieure et la plus résistante, celle qui est en excès aux arcs-boutants, s'abat la première à l'aide du rogne-pied et du brochoir. Puis le maréchal fait agir le boutoir. Le maniement de cet instrument demande de la force, de l'adresse, et une habitude particulière.

Le boutoir est tenu par la main droite ; l'arc de la tige J, fig. 51 , est placé entre le doigt indicateur et celui du milieu sur lequel il s'appuie. La queue protège toute la main. Le maréchal se place en face de l'aide, saisit le sabot de la main gauche, et appuyant le manche du boutoir sur la partie supérieure de son ventre au niveau de la ceinture, il fait mordre le tranchant de la corne, et communique à l'instrument l'impulsion qui résulte des forces combinées des reins et de la main droite. En règle générale, dit M. Bouley, pour bien parer un pied, il faut lui conserver sa forme naturelle, et enlever au sabot toute la portion de corne qui peut nuire par son excès à la justesse des aplombs, en se gardant bien toutefois de trop diminuer l'enveloppe cornée. On doit, en parant la fourchette, n'enlever qu'une pellicule mince à sa surface, et laisser également aux arcs-boutants l'ampleur nécessaire à l'appui qu'ils prêtent à la sole.

Le pied étant paré, le maréchal forge ou choisit dans son atelier un fer qui s'y adapte. Quand le cheval à ferrer est éloigné de la forge, on a pu prendre préalablement la mesure, soit sur un vieux

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