‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 19 sur 103 · CHAPITRE II. — EXTÉRIEUR DU CHEVAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — EXTÉRIEUR DU CHEVAL

fer de ce même cheval, soit à l'aide d'une feuille de papier qu'on pose sur le pied paré, le papier excédant replié sur la muraille. La feuille reçoit l'empreinte de la surface plantaire. Le cultivateur peut donner ainsi au maréchal qui le conserve le contour d'un pied de devant et d'un pied de derrière de ses chevaux.

A l'aide de ce procédé, on peut employer la ferrure à froid dite podométrique, introduite depuis quelques années dans les régiments de cavalerie; cependant, la ferrure à chaud exécutée par un maréchal intelligent sera toujours préférahle.

Le fer étant choisi même sur mesure, le maréchal a toujours besoin de lui donner la tournure, Yajusture et la garniture convena- * bles. On entend par tournure la forme déterminée, la «courbe que décrit la rive extérieure du fer; par ajusture, l'espèce de concavité qu'on donne à la face supérieure du fer, près de la pince, afin d'empêcher la compression de la sole ; les branches restent plates. L'ajusture, en relevant la pince, facilite la progression et le mouvement de bascule du pied d'avant en arrière pendant la marche. On nomme garniture la portion de fer qui déborde le sabot ; la garniture se donne ordinairement au bord extérieur du fer de devant; elle a pour objet de soutenir la corne qui pousse plus rapidement en ce point, et d'augmenter la base et l'appui. Pour ajuster le fer, le maréchal le pose tout chaud encore sur le pied paré, et examine rapidement, en portant la tête à droite et à gauche, en avant et en arrière, s'il porte bien, s'il ne comprime pas la sole, si les éponges ne sont pas trop longues. Cette opération doit se faire rapidement ; le fer doit n'être pas trop chaud ; autrement il brûle et dessèche la corne.

Lorsque le fer est ajusté, on le trempe dans l'eau, on débouche les étampures ; on le pose de nouveau bien ajusté, on le fixe en commençant par deux clous de la pince et finissant par les branches. L'action d'enfoncer les clous se nomme brocher. Le clou est présenté à l'étampure, le biseau tourné vers les parties vives. Le maréchal donne deux ou trois petits coups, et jugé à la sonorité si le clou pénètre dans la paroi ou s'il a fait fausse route ; dans le premier cas, le son est clair; il est sourd dans le second. Les clous brochés trop haut peuvent enclouer, piquer ou serrer le pied; brochés trop bas, ils ne prennent pas assez de corne, et le fer n'est pas solide. Un clou, pour être bien implanté, doit sortir au-dessus de son rivet. Tous les clous doivent être brochés sur la même ligne. Lorsque les rivets apparaissent les uns plus haut, les autres plus bas, on dit que le pied a été broché en musique.

Tous les clous étant brochés, le maréchal en enfonce les têtes dans l'étampure, replie l'extrémité des pointes qui sortent de la muraille, et, en appuyant ses tricoises sur cette extrémité, les rive sur

la paroi. Il termine l'opération en donnant un coup de râpe sur la partie inférieure de la muraille pour la mettre de niveau avec le bord du fer; cette opération doit être faite avec ménagement, pour ne pas enlever l'espèce de vernis qui protège la corne.

Un pied est bien ferré quand le fer protège suffisamment le pied sans nuire à son élasticité; qu'il porte bien dans toute son étendue; que l'ajustage est assez prononcé pour faciliter le mouvement de bascule du pied de devant ; qu'il protège la sole sans la toucher,

Fig. 56. Fi g. 57.

lorsque les éponges garantissent suffisamment les talons, sans s'opposer à leur dilatation; que la tournure suit bien le contour du fer, en laissant la garniture où elle est nécessaire et ne faisant pas saillie à la partie interne; lorsqu'enûn les rivets se dessinent sur une ligne régulière. Les figures 56 et 57 montrent la face plantaire et le pro-

Fig. 58. Fig. 59.

fil d'un pied de devant ferré ; les figures 58 et 59 un pied de derrière.

Une ferrure raisonnée et l'emploi intelligent du boutoir peuvent, jusqu'à un certain point, remédier aux vices de conformation du pied et à certains défauts d'aplomb. Voici quelques indications des procédés suivis dans ce but.

Pied grand, parer le pied de manière à diminuer le pourtour, fer un peu couvert avec étampure maigre; pied petit, fer léger étarapé loin du talon, garnissant beaucoup ; pied encastellé ou à ta-

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