‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 29 sur 103 · SECTION III. — DU CHEVAL EN ACTION · texte numérisé non relu

SECTION III. — DU CHEVAL EN ACTION

§ 1. — Attitude, station, aplombs.

Station. — Le cheval peut être considéré à l'état de mobilité ou de mouvement; à l'état d'immobilité, il est couché ou debout. Le cheval se couche peu ; lorsqu'il prend trop souvent cette position, lorsque, surtout, il s'étend complètement sur sa litière, c'est ordinairement signe de lassitude ou de faiblesse. Dans le cas de lassitude, on doit le voir avec plaisir se reposer avec abandon, quoiqu'il dorme debout assez facilement.

L'animal debout reposant sur ses quatre membres est à l'état de station; le cheval debout n'est pas précisément à l'état de repos, car dans la station il y a également, pour maintenir le cheval dans cette position, une tension musculaire qui peut le fatiguer autant que la marche. La station est libre ou forcée; elle est libre, quand cette attitude est prise par l'animal seul et livré à lui-même ; en ce cas, il ne s'appuie pas également sur tous les membres, mais porte l'appui tantôt sur l'une, tautôt sur l'autre des extrémités, pour les reposer successivement. Si l'un de ses membres antérieurs est fatigué, il essaie même de le soustraire au poids du corps en le portant en avant ; ce qu'on appelle montrer le chemin de saint Jacques. La station est forcée quand le cheval est placé par l'homme de manière à répartir le poids de son corps sur ses quatre membres, autant que le permet du reste le centre de gravité.

Le centre de gravité, qui n'est autre chose que la résultante du poids total du corps passant par un point, joue un grand rôle dans les mouvements du cheval. Ce point, dans la station, est situé à l'extrémité postérieure et inférieure de la poitrine, au tiers environ de sa hauteur; il varie beaucoup suivant la position de l'animal : si celui-ci baisse la tête et avance le corps, le centre de gravité se porte en avant; s'il rejette l'encolure en arrière et abaisse la croupe , il se porte en arrière ; il est en dehors du plan médiane, quand Tanimal fait porter le poids du corps sur un côté ou sur l'autre. Le centre de gravité, suivant ces différentes positions, est supporté dans des proportions fort diverses par les membres. L'animal qui projette le corps en avant charge presque exclusivement le bipède antérieur; le contraire arrive dans le galop ou le

cabrer, le recul. Pendant la progression, il arrive souvent que le centre de gravité n'est soutenu que par deux ou même un seul membre; enfin, dans certaines allures, le corps quitte complètement le sol, pendant un temps très-court, il est vrai.

Équilibre. — Dans ces différentes positions, le corps de ranimai peut être eu équilibre ou hors d'équilibre. La base de soutien étant formée parle parallélogramme a b c d, fig. 70, aux quatre angles duquel sont les pieds, la verticale abaissée de son centre de gravité o tombe en e au milieu et un peu en avant du centre du polygone; si lanimal rue ou se cabre, le corps tend à retomber dans cette attitude.

Fi£. 70.

L'équilibre est instable, au contraire, si sa base de soutien du corps est très-étroite, proportionnellement à son volume et à sa hauteur, ou si la verticale, abaissée du centre de gravité, tombe sur les limites de cette base; ainsi, le cheval qui rue, qui se cabre, est dans l'état d'équilibre le plus instable. Il en est de même du galop ; plus l'équilibre est instable, plus l'animal doit mettre de rapidité pour amener un membre à l'appui; d'où on a tiré cet axiome que l'instabilité dans les allures est la mesure de leur vitesse.

Le corps du cheval est hors d'équilibre quand la verticale, abaissée de son centre de gravité, tombe en dehors de sa base de soutien.

Pour que les membres prennent une part régulière au soutien du

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