CHAPITRE n. — DU CHEVAL EN ACTION
mais ne paraissent pas avoir d'autre influence fâcheuse dans le travail.
Les aplombs des membres postérieurs s'apprécient en examinant les membres latéralement et en arrière. Vus latéralement, les membres peuvent se porter trop en arrière, l'animal est campé de derrière, et paraît avoir les jarrets droits, fig. 75, ou trop en avant; il est dit en ce cas sous lui du derrière ; il a ordinairement les jarrets coudés; cette dernière disposition des jarrets se rencontre d'ailleurs dans des chevaux dont les aplombs sont réguliers. Le jarret coudé implique ordinairement de la force, et donne de la facilité pour soulever le corps lorsque ranimai veut sauter. Le jarret droit paraît moins large; il donne plus de détente pour la course, surtout si le jarret lui-même est près de terre. Comme les membres de devant,
ceux de derrière vus latéralement sont courts-jointés et droits sur leurs boulets, fig. 75, ou longs et bas-jointés, fig. 76.
Vus en arrière, les membres postérieurs sont : 1° écartés dans toute leur hauteur par un intervalle convenable; l'animal qui présente cette disposition est ouvert du derrière, fig. 78. 11 est au contraire clos du derrière si les membres se rapprochent; si ce rapprochement a lieu par la pointe des jarrets, on dit que le cheval est crochu owjarreté, fig. 77. Ce défaut, disgracieux à l'œil, rend souvent le cheval panard de derrière ; il ne paraît pas agir défavorablement sur la force, d'autant plus qu'il n'existe souvent qu'au repos.
Pour faciliter cette appréciation des aplombs que nous venons de faire, Bourgelat a proposé de se servir d'un fil à plomb qu'on rapproche du membre examiné sur ses différentes faces, et qui détermine les lignes suivantes.
Membres antérieurs. — 1<> Une ligne verticale a, fig. 79, abais-
Fiff. 77.
GO
sée de la pointe de l'épaule jusqu'au sol. Cette ligne doit tomber un peu en avant de l'extrémité de la pince; si elle tombe trop en avant, ranimai est sous lui; si elle se rapproche trop de la pince, il est campé.
2o Une I gne b> fig. 79, abaissée du tiers postérieur de la partie
supérieure externe de K I i\ I y l'avant- bras. Elle doit
\ i i u i7 v T K r P arta g er également le ge-
Fig. 7U. Fig. 80. Fig. 81. Fig. 82. il est droit sur ses bou
3° Une verticale c, fig. 80, abaissée de la face la plus étroite de l'avant-bras. Elle doit partager toute la partie inférieure en deux parties égales; si elle tombe trop en dehors de cette ligne médiane, le cheval est cagneux; il est panard dans le cas contraire.
Membres postérieurs. — lo Verticale d, fig. 81 et 82, tombant de la pointe de la fesse à terre. Elle doit toucher le jarret et partager le membre inférieur; si elle ne le touche pas, le cheval est sous lui du derrière; si le jarret la dépasse, le cheval est campé; si le jarret reste en dehors, le cheval est soit ouvert, soit cambré; s'il reste en dedans, le cheval est soit clos, soit crochu et panard. On emploie encore une autre ligne verticale f, fig. 81, tombant du grasset ou de la hanche à terre en avant de la pince, mais la ligne d peut suffire; d'ailleur?, il faut le dire, on a rarement recours à ces appréciations géométriques trop rigoureuses : la justesse du coup d'œil formée par l'habitude doit suffire.
La régularité des aplombs se complète par l'uniformité des angles articulaires. Cette loi, posée par le général Morris, est du reste plus théorique que pratique. On entend par angle articulaire l'angle que forment les rayons des membres qui s'articulent entre eux. Si on jette un coup d'œil sur le squelette du cheval (Zootechnie générale), on voit que les membres sont formés de plusieurs os articulés obliquement ensemble ; ainsi, le coxal forme un angle avec le fémur, le fémur un autre avec le tibia; le tibia, si on le prolonge par une ligne droite, en forme une autre avec je paturon. Des angles semblables se présentent dans les articulations des membres
nou el le boulet, et tomber un peu en arrière des talons; si le genou se porte en avant de celte ligne, il est arqué, en arrière il est creux; si la ligne s'écarte trop du talon, le cheval est long et bas-jointé; si elle s'en rapproche trop,
lets.