‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 33 sur 103 · CHAPITRE U. — DU CHEVAL EN ACTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE U. — DU CHEVAL EN ACTION

détente du jarret. Cependant, le membre antérieur joue un grand rôle dans le reculer; le jarret même perd une très-grande partie de sa force : il agit moins en poussant en arrière qu'en soulevant l'arrière-main et redressant l'articulation, ce qui produit un mouvement en arrière. Le limonier qui recule a ordinairement les jarrets pliés et la tête très-relevée en arrière, pour décharger Pavant-main et porter un plus grand poids sur l'avaloire ; cette flexion des jarrets ferait perdre une partie des avantages du recul, si le limonier n'était pas ordinairement de grande taille. Le recul, surtout quand la charge est trop forte, ruine promptement les articulations du jarret et des reins; un charretier intelligent ne l'emploie que dans les cas d'extrême nécessité, ou quand la charge est peu considérable.

§ 3. — Des allures.

Les allures sont naturelles ou artificielles. Les premières sont le pas, le Irot et le galop; les autres sont Y amble, le pas relevé et le traquenard, et enfin Yaubin, allure défectueuse, mélange de trot et de galop.

Déûnissons d'abord quelques termes nécessaires à l'élude des allures. On nomme bipède l'ensemble de deux membres ; les deux membres de devant forment le bipède antérieur, et ceux de derrière le bipède postérieur. Un membre de devant et un de derrière du même côté constituent un bipède latéral; ce bipède latéral est droit ou gauche, suivant le côté de l'animal ; le membre droit de devant et le gauche de derrière forment le bipède diagonal droit, le membre gauche de devant et le droit de derrière le diagonal gauche.

Le mouvement de chaque membre, dans toute allure, présente Jes quatre phases suivantes : l'animal le lève, le soutient en l'air, le pose, et s'appuie sur ce membre pour recommencer la même série de mouvements; un membre est donc ainsi successivement au lever, au soutien, au poser, à l'appui. On fera remarquer toutefois que, dans les allures un peu vives, le lever et le soutien se confondent; il en est de même du soutien et de l'appui.

On nomme battues le bruit produit par le poser des membres, et foulées l'empreinte que le pied laisse sur le sol; la suite de ces foulées est la piste de l'animal.

Du pas. — Si nous observons l'allure du pas chez un cheval non chargé et déjà en marche, voici ce qui nous apparaît. Supposons que les membres présentent la disposition indiquée dans la fi- . gure 84 : le membre antérieur gauche d est en l'air au soutien et va faire son poser; le membre antérieur droit c est à l'appui, et c'est soutenu sur cet appui que le corps vient de se projeter en avant ; le membre postérieur droit b est en l'air au lever, il passe au soutien ,*

enfin, le membre postérieur gauche a vient de se poser sur le sol, et il porte le corps avec son diagonal c. Si nous continuons l'observation, nous verrons que le membre d va se poser et fournir un nouvel appui au corps; le membre c se lèvera; le corps reposera un instant sur ce pied d et le pied a complètement à l'appui, et Jb se posera à la place quittée par c.

Ainsi, pendant le pas du cheval en marche, il y a : 1<> quatre posers et quatre levers alternatifs, d'où résultent quatre battues dis-

Fig. 84.

tinctes qu'on entend parfaitement ; 2<> il y a toujours deux membres levés et deux membres posés sur le sol; 3° le centre de gravité repose alternativement sur un bipède diagonal ou sur un bipède latéral; h° enîin, l'animal fait deux mouvements de progression en avant, et comme il était posé, en commençant le pas, sur un bipède diagonal, et qu'en finissant il est sur le diagonal opposé, il n'a en réalité fait que deux demi-pas de 85 centimètres environ chacun, soit la moitié de la longueur du corps.

La ligure 85, dont nous empruntons l'idée à M. Lecoq, exprime k 2 4 assez bien la position des pieds de

— — - — l'animal pendant la durée du pas,

t que nous pouvons diviser en quatre temps, pour mieux apprécier les I quatre mouvements de chaque pied, p w i « â 7 p Les numéros 1,2, 3, 4 indiquent Fi£. 85. les temps; les lettres a, /, s, p sont

les initiales des mots appui, lever, soutien, poser; les zéros indiquent la position des pieds : ils sont blancs quand le pied est en l'air, noirs quand il pose sur le soi.

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