‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 35 sur 103 · CHAPITRE II. — DU CHEVAL EN ACTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — DU CHEVAL EN ACTION

Du galop. — Le galop est une allure produite par l'enlevée de F avant-main sur Farrière-main, accompagnée ou suivie du transport en avant de toute la masse, au moyen de la détente des membres postérieurs, plus ou moins fléchis et engagés sous le corps. On en distingue trois sortes : le galop ordinaire ou à trois temps, le galop de course, et le galop à quatre temps, allure artificielle particulière aux manèges.

Dans le galop ordinaire, le corps est successivement porté :

Fiç. 88.

lo par un pied postérieur, fig. 88; 2o par l'autre bipède diagonal; 3° par un pied antérieur ; 4° complètement en l'air. Dans cette allure, un bipède latéral dépasse toujours l'autre ; si c'est le bipède droit qui est en avant, on dit que le cheval galope à droite, fig. 88 ; on dit qu'il galope à gauche dans le cas inverse.

Si nous supposons un cheval qui galope à droite, et que nous le prenions au moment où il a quitté le sol, les membres se poseront de nouveau dans l'ordre suivant, indiqué par la figure 89 : 1° le pied postérieur gauche ; 2° le pied antérieur et son diagonal, le pied posté- 2 rieur droit, poseront au même instant, pour se relever presque immédiatement; 3° le pied antérieur gauche, qui touche la terre et se relève aussitôt pour 4° laisser le corps au soutien. Il suit de là que les membres sont trois fois plus de temps levés que posés, fig. 89, et que l'étroitesse de la base de sustentation sur laquelle le corps se trouve à chaque instant exige une grande rapidité d'allure pour le soutenir.

Le galop de course, qu'on avait supposé n'être qu'une allure à deux temps composée de sauts successifs, n'est en réalilé que le galop à trois temps, mais beaucoup plus rapide.

Un temps de galop ordinaire embrasse environ 1O0. Comme le cheval peut faire de 100 à 1 06 temps de galop par minute, la vitesse moyenne du galop serait de 400 mètres par minute, environ 7 mètres par seconde.

Le cheval ne peut pas supporter très-longtemps l'allure du galop, surtout si elle est très-rapide. Cependant, dans des épreuves successives, mais avec des intervalles de repos, on a vu des chevaux faire, en 2 ou 3 heures, jusqu'à 38 kilomètres, avec une vitesse moyenne de 8 à 10 mètres par seconde. En 1786, un cheval parcourut, à New-Market, 39,183 mètres en 57 minutes, ce qui comporte une vitesse de 10 m 08 par seconde.

Dans des courses de 4 à 5 minutes, on cite des vitesses de 14 à 16 mètres par seconde. Les plus grandes vitesses observées depuis longtemps sur les hippodromes anglais varient de 14 à 18. La plus grande vitesse que l'on cite est celle du cheval anglais Firetail, qui fit, en 1672, un mille anglais ou 1,609 mètres en 1 minute 4 secondes, ce qui ferait 24 mètres par seconde ; vitesse fabuleuse de 90 kilomètres à l'heure.

Allures défectueuses. — V amble est une allure dans laquelle le corps de l'animal est successivement porté par chaque bipède latéral. Le membre est toujours en avant du bipède de l'autre côté d'un tiers environ de la longueur du cheval, de manière que la progression réelle, dans chaque pas, est à peu près celle du pas ordinaire; mais comme, dans cette allure, l'équilibre est très-instable, le centre de gravité se portant alternativement d'un côté sur l'autre, le mouvement des membres est beaucoup plus rapide et atteint la vitesse du trot.

Cette allure est très-douce pour le cavalier, parce que le cheval lève peu les membres, rase le tapis ; mais, pour cette raison même, elle expose l'animal à butter fréquemment; elle est, pour ce motif, classée par les écuyers dans les allures défectueuses. On communique artificiellement cette allure aux jeunes chevaux, en réunissant les membres par bipèdes latéraux, au moyen d'entraves, et en les poussant sans leur laisser prendre le trot.

Le pas relevé, confondu par quelques personnes avec l'amble, en diffère. C'est en Normandie qu'on trouve les bidets de pas relevé, dits aussi bidets d'allure, beaucoup plus rares d'ailleurs aujourd'hui. Le pas relevé est, comme l'amble, une allure très-basse, et, par conséquent, également douce ; c'est une espèce de trot décousu, dans lequel le pied antérieur a déjà effectué son poser quand son diagonal opère le sien. Les chevaux ambleurs et d'allure doivent

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