‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 36 sur 103 · CHAPITRE II. — DU CHEVAL EN ACTION. GO · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — DU CHEVAL EN ACTION. GO

être des chevaux à encolure épaisse, aux reins courts et forts, à la croupe bien développée.

Le traquenard, allure défectueuse fort rare , est une espèce d'amble rompu dans lequel les quatre battues se succèdent isolément.

Vaubin, également assez rare, est un mélange confus du trot et du galop, qui se remarque quelquefois dans l'allure des chevaux usés, n'ayant plus assez de force de jarret pour soutenir le galop.

Les défectuosités principales qui peuvent affecter les allures se décèlent par des mouvements irréguîiers des membres dans l'allure même. Si le cheval, en trottant, relève fortement les extrémités antérieures, on dit qu'il trousse; ce défaut donne de l'élégance à l'allure, mais nuit à sa vitesse. Lorsque c'est l'extrémité postérieure qui se relève brusquement par une flexion convulsive du jarret, le cheval harpe; on attribue ce défaut, qui nuit à l'ensemble des allures, à une affection cachée, peu connue du reste, qu'on désigne sous le nom d'éparvin sec. •

Les chevaux qui se bercent sont ceux qui, pendant la marche, éprouvent un balancement latéral, soit du corps entier, soit du devant ou du derrière; un grand développement des hanches, du poitrail, et les pieds panards, prédisposent au bercement, dont l'inconvénient n'est grave que dans les allures rapides. Chez certains chevaux, le fer d'un pied atteint quelquefois, pendant les allures, le boulet ou la couronne de l'autre pied ; on dit que ces chevaux s'atteignent, se coupent. On remédie jusqu'à un certain point par la ferrure à ce défaut, qui peut provenir d'un vice de conformation, de faiblesse et de fatigue. Il en est de même des chevaux qui forgent; par suite de cette atteinte, le cheval peut se déferrer ou s'abattre ; il peut encore frapper, de la pince du pied de derrière, le tendon du pied antérieur.

Les épaules froides ou chevillées, dont nous avons parlé ailleurs, les jarrets vacillants, défauts qui proviennent de la faiblesse, agissent encore très-défavorablement sur les allures; mais des défectuosités plus sérieuses sont les lésions organiques, telles que le tour de reins, les boileries de diverses natures.

h' effort de reins, affection à peu près iucurable, qui ôtc à l'animal la force de l'arrière-main, et paralyse l'aclion puissanle de celie-ci sur tout le système de locomotion, se reconnaît à une vacillation prononcée du train postérieur, à la presque impossibilité qu'éprouve le cheval pour tourner, et surtout pour reculer.

Boiteries. — Un cheval est affecté de boiterie ou claudication, quand un de ses membres exécute son appui moins longtemps, avec difficulté, sans faire entendre une batlue aussi forte, et de plus avec un mouvement irrégulier dans l'allure. Si la boiterie est légère,

on dit que l'animal feint; si elle est très-prononcée, il boite tout bas ; si elle est plus intense, l'animal marche à trois jambes.

Voici quelques-uns des signes auxquels se reconnaît la boiterie : en général, l'animal, pour soulager le membre malade, rejette, au moment de l'appui du membre malade, le poids du corps sur les autres.

Si le cheval boite du devant, au moment où il pose le membre affecté, il rejette la tête en arrière et un peu de côté, pour porter la plus grande partie du poids du corps sur le membre sain; comme dans cette position un peu oblique de la tête, l'oreille du côté opposé à celui du membre malade est un peu abaissée, on dit qu'il boite de l'oreille.

Si c'est un membre de derrière qui est affecté de claudication, la croupe s'abaisse d'abord, puis se relève au moment de l'appui ; la tête s'abaisse.

Si la boiterie a son siège dans l'épaule, le membre se porte en avant difficilement et en fauchant; si la hanche est affectée, l'abaissement et le soulèvement de la hanche au moment de l'appui sont plus prononcés ; l'effort du genou ou du jarret se manifeste par la difficulté de flexion.

§ L — Examen et choix d'un cheval.

Renseignements. — Les chevaux sont achetés, soit chez l'éleveur, soit chez le marchand, soit enfin sur les foires et marchés. C'est le marchand ou l'ofticier de remonte qui achète ordinairement chez les éleveurs et dans les lieux de production ou d'élevage ; dans ce cas, quelques renseignements préliminaires sont nécessaires à l'acheteur. Il doit bien connaître la localité, ses ressources en chevaux, l'espèce qu'on élève , si on fait naîlre ou si on achète les poulains, les noms et demeures des principaux herbagers et marchands ; il visitera les poulains et les étalons, constatera s'ils n'ont pas de vices héréditaires, si les poulains réussissent, s'ils ne contractent pas sous l'influence du sol ou du régime quelques défectuosités, telles qu'un excès de lymphe, la fluxion, la vue grasse, les pieds défectueux, des tares des membres, etc. ; il connaîtra les époques de foires ou de la vente, les prix courants, les habitudes commerciales ; il préférera du reste courir le pays avant les foires, et visiter chez le cultivateur et l'herbager les chevaux à vendre.

Quant à l'acheteur ordinaire, qui fait une acquisition en foire ou chez le marchand, voici quelques conseils qui pourront, sinon assurer son choix, du moins le guider dans l'examende l'animal ; nous supposons que l'acheteur est fixé sur l'espèce de cheval qu'il veut

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