CHAPITRE II. — DU CHEVAL EN ACTION
acheter, sa race, sa destination, etc. Le cheval sera examiné à Yécttrie } à la montre et en action.
Examen à l'écurie. — Cet examen, fait en l'absence du marchand (s'il est possible), permet d'observer la position de l'animal : s'il penche la tête, s'il lique, s il tire sur sa longe, s'il offre les signes d'une bonne constitution et d'un bon caractère, signes indiqués plus haut.
On voit ainsi déjà l'ensemble, le sexe, la robe, la taille, la longueur; puis on le fait détacher pour le faire sortir, et on l'arrête à une certaine distance de la porte pour examiner l'œil; cet examen doit en effet avoir lieu à l'ombre, afin qu'on puisse apercevoir le fond de l'organe, la pupille étant alors largement dilatée. On se place en face dè l'animal, de manière à porter le regard obliquement sur le globe, et à reconnaître s'il n'existe pas de taches sur la cornée lucide, si les humeurs de l'œil sont transparentes, si l'œil n'est pas petit, enfoncé, couvert, larmoyant, clignotant; si la conjonctive n'est pas enflammée ou pâle; si la paupière supérieure est ridée, anguleuse; s'il n'existe pas de trace d'un larmoiement antérieur, pouvant indiquer la fluxion périodique. En fermant l'œil avec la main, puis le rendant à la lumière, on observera s'il y a dilatation et contraction normale ; l'absence de ce signe pourrait indiquer la goutte sereine.
On pourra en même temps examiner l'âge, l'état des dents, si l'haleine est pure, si la langue n'est ni blessée ni pendante, si l'usure des dents est régulière, si les barres ne sont pas offensées, si les dents n'ont pas de fausses marques, si on n'en a pas arraché prématurément. On verra si les naseaux sont bien ouverts, s'ils ne jettent pas, si leur membrane est bien rosée, sans chancres ni inflammation; si l'auge est bien évidée, si le cheval n'est pas glandé; puis, pressant la gorge, on s'assurera de la toux.
Examen à la montre. — On fait ensuite sortir le cheval ; on l'examine de nouveau dans son ensemble, sous le rapport des proportions et des aplombs, de profil, de face, et par derrière. En se plaçant d'abord à trois ou quatre mètres de l'animal, de profil, on suivra la ligne du dessus en partant de la tête; on jugera si celle-ci est grosse ou légère, bien attachée, portant bas ou au vent; si l'encolure n'est pas fausse ou trop grêle ; si le garrot est bas, le dos ensellé, voussé ou tranchant, les reins bas, la croupe avalée. Passant aux lignes de dessous, si le ventre n'est pas proéminent, le nombril sorti, la poitrine sanglée, la côte plate.
De ce point, on jugera encore de la direction des épaules et des membres; si l'animal n'est pas trop long, trop court, trop haut monté, trop grêle, trop massif, etc. ; si l'avant-bras est court ou long, si la jambe n'est pas arquée, le genou couronné, le chevaj
campé ou sous lui, du devant ou du derrière ; s'il n'est pas huclié, bouleté, haut ou bas-jointé; si le jarret est large, la fesse descendue, les tendons détachés.
En avant, on verra si le front est large, les oreilles bien placées, les salières pleines, le nez exempt de cicatrices, le poitrail et l'inter-ars suffisamment ouvert; si les articulations sont larges, si ranimai est couronné, si du cambouis, des poils collés, ne dissimulent pas cette tare; s'il est panard, cagneux, etc.
En arrière, on regardera si la hanche est large, étroite, cornue; si le cheval est serré dans son derrière, mal gigotlé, crochu; si les membres sont affectés de capelets, jardons, courbes, varices, ou de cicatrices indiquant qu'il rue.
En s'approchant de l'animal, on palpera les différentes régions; on appréciera la solidité des tissus, l'état de graisse ou d'embonpoint ; on passera la main sur la nuque, l'encolure, le garrot, le dos et les reins, en pinçant celte dernière région à sa jonction au dos, pour s'assurer si le cheval exécute le mouvement de flexion, signe de bonne santé; on arrive à la queue, qu'on lève pour juger de sa résistance, pour voir si l'anus est rentré ou saillant, la vulve fi l'état normal. Dans le mâle, on constate s'il est enlier ou hongre, châtré depuis peu, s'il a une hernie, si le fourreau est étroit. Les membres seront ensuite explorés rayon par rayon, suivant le trajet des cordes tendineuses et des os ; on sentira s'il y a des nervures, des suros, des molettes, vessigons, atteintes de fer.
Le pied sera l'objet d'un examen d'autant plus attentif qu'on peut en masquer les défauts par des corps gras, du mastic, de la boue, dans laquelle on fait passer le cheval à dessein; qu'on peut sécher le crapaud de la sole à l'aide de la chaux vive.
On fera successivement lever les quatre pieds, d'abord pour s'assurer que l'animal est docile, ensuite pour examiner si le pied est plat ou comble, serré, encastellé ; s'il est cerclé, si la corne est blanche. Un fer couvert peut cacher un commencement de crapaud; une forte ajusture dissimule le pied plat; de forts crampons sont destinés à grandir l'animal.
Examen en action. — - Le cheval, conduit par la longe sans être tenu trop court, sera montré successivement aux allures du pas et du trot, autant que possible par une personne étrangère aux intérêts du<vendeur.
On l'étudiera également de profil, de face et par derrière.
Dans un passage du repos au mouvement, un cheval qui a des moyens manifeste une certaine animation ; la ligne du dos se déplace, les muscles se dessinent mieux en saillie; -si le cheval s'ébranle mollement, sans mouvement apparent du rein, c'est une mauvaise indication.