‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 4 sur 103 · CHAPITRE IL — EXTÉRIEUR DU CHEVAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL — EXTÉRIEUR DU CHEVAL

de cartilages, qui permettent à l'orifice des narines de se dilater; on trouve à l'intérieur de la narine une poche dile fausse narine, aidant encore à cette dilatation. Des narines peu ouvertes sont une défectuosité. La membrane intérieure des narines doit être unie, fine et d'une couleur rosée ; des excoriations, des chancres, peuvent annoncer la présence d'une affection des plus graves, la morve, si surtout ces chancres et la couleur livide de la membrane coïncident avec un écoulement ou jettage de couleur jaune-verdàtre. On ne doit pas confondre avec une excoriation l'orifice du trou lacrymal. On doit explorer le nez avec précaution quand on observe un jettage de cette nature, la maladie pouvant se transmettre à l'homme. Les narines sont encore le siège de tumeurs ou polypes accidentels La dilatation des naseaux dans le repos peut être un signe de pousse. Des cicatrices au bout du nez peuvent provenir de chutes ou du tordnez. Pour explorer l'intérieur des naseaux, à gauche, par exemple, prenez de la main droite la lèvre inférieure, relevez avec le plat du pouce l'aile supérieure de la narine, et avec la face dorsale de l'index également introduit dans le naseau, écartez l'aile externe.

La ganache, 9, a pour base l'os maxillaire inférieur; elle est dite empâtée, charnue, lorsqu'elle est trop chargée de chair; dans le cas contraire, elle est sèche. Le développement de cet organe est un bon signe.

L'ange, M, est cette cavité formée par les deux branches de la mâchoire inférieure, dans laquelle se loge le larynx ; elle doit être sèche, évidée, large et profonde. On ne doit pas y rencontrer de glandts, surtout de celles qui ne roulent pas sous les doigts ; ces glandes, adhérentes ordinairement à l'un ou l'autre côté de l'auge, si, surtout, elle sont accompagnées du jettage des narines, comme on l'a dit plus haut, sont les symptômes de la morve. Le canal qu'on sent dans l'auge est la trachée, prenant son origine au larynx, qui passe dans les branches de l'os hyoïde. En serrant le gosier, 16, au-dessus de cet os, on fait tousser le cheval.

Les joues, 1 1 , sont entre la ganache et la bouche ; quelquefois elles se relâchent, les aliments s'introduisent dans leurs replis; on dit que les animaux font magasin.

La bouche, 15, formée par les lèvres dont les angles de jonction prennent le nom de commissures. La crête osseuse qui sépare les dents incisives des molaires, et que revêt la muqueuse de la bouche, forme les barres sur lesquelles le mors prend son appui. Trop élevées, les barres supportent trop immédiatement la pression du mors, et la bouche est très-sensible (tendre); trop basses, elles ne ressentent pas assez cette action : la bouche est dure. La langue exerce également une action sur le mors ; trop épaisse, elle soustrait en partie les barres à sa pression. La langue est quelquefois le siège de

cicatrices; d'autres fois, l'animal la laisse pendre en dehors de la bouche; ce défaut, peu agréable à la vue, a l'inconvénient de provoquer une perte de salive.

Le canal est, à la mâchoire inférieure, l'espace dans lequel se loge l'extrémité de la langue. On voit au fond du canal deux petits mamelons percés d'une ouverture; ce sont les orifices des canaux excréteurs des glandes salivaires, appelés barbillons, et coupés quelquefois par des maréchaux ignorants, dans la supposition qu'ils gênent l'animal. Le palais est parfois chez les jeunes poulains le siège d'une tuméfaction; les maréchaux, pour faire disparaître cette affection, qu'ils désignent sous le nom de lampas, déchirent les tissus à l'aide d'une corne de cerf, pratique barbare qu'une légère saignée du palais remplace plus rationnellement.

La barbe ou le menton, 16, est immédiatement en contact avec la gmrmette; son degré de sensibilité doit déterminer la pression à donner à cette partie de la bride.

Considérée dans son ensemble, la tôle varie un pt-u de forme suivant les races. La tète doit être revêtue d'une peau line qui laisse apparaître en relief les éminences des os, les veines et les muscles; les oreilles, bien plantées, seront fines et hardies; l'œil limpide, vif et bienveillant à la fois; les naseaux bien ouverts.

On considère comme un beau type une tète peu volumineuse, d'une longueur moyenne, au front large, au chanfrein droit, aux ganaches développées et sèches, offrant dans son ensemble la forme d'une pyramide à pans irréguliers, dont le sommet est terminé par un bout de nez fin et légèrement en biseau. Du reste, la tête pourra être plus lourde dans le cheval de trait, plus allongée dans le grand carrossier. La tête trop charnue est massive, trop longue et trop grosse, pèse à la main du cavalier;' trop décharnée, elle prend le nom de tête de vieille. Quand l'attache de la tête à l'encolure est peu apparente, ce qui a lieu avec les encolures épaisses, la tête est dite plaquée; elle est décousue dans le cas contraire.

La position naturelle de la tête du cheval est un peu oblique, faisant un angle de quarante-cinq degrés avec l'horizon; quand la tête est trop horizontale, on dit que le cheval porte au vent : l'action de la martingale est utile en ce cas; il s encapuchonné, au contraire, quand il rapproche la mâchoire de l'encolure : l'action du mors en ce cas est amoindrie.

§ 3. — Des dents.

Sortie, développement et usure. — Les dents, dont nous n'avons parlé que d'une manière très-sommaire, sont au nombre de 40 chez le cheval, savoir : 24 molaires, ainsi nommées parce qu'elles

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