‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 44 sur 103 · CHAPITRE ni. — TYPES ET RACES · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni. — TYPES ET RACES

Nous n'avons non à envier à l'Angleterre pour les animaux de gros irait; leurs principales races sont celles de Cb 0 desdale, et le cheval noir, blackhorse.

B. — Races françaises.

Races françaises. — Les races françaises peuvent être considérées sous deux aspects : 1° leur destination particulière ; 2° leur lieu d'origine. On doit faire observer cependant que sous ces deux rapports même, on ne peut établir une classification bien rigoureuse; il est une masse de chevaux sans caractère et sans origine bien déterminés, qu'on ne saurait classer nulle part.

Ou peut rapporter les races de chevaux français à six régions, qui sont le sud-ouest, le sud-est, l'ouest, le nord, le centre et l'est.

La plupart des chevaux élevés dans le midi de la France appartiennent au type léger; les chevaux de gros trait y sont importés de l'ouest et du centre. Dans la région pyrénéenne, on peut citer la race navarroise, peu nombreuse, modifiée aujourd'hui par le croisement arabe; celte race prend le nom de bigourdane vers Bagnèresde-Bigorre. Dans les Pyrénées-Orientales, il existe encore quelques chevaux dits de Cerdagne, qu'on vend à l'Espagne.

Les landes renferment 50 à 60,000 chevaux chétifs, dont on évalue le renouvellement à environ 3,000 par an. Le bassin de Ja Garonne et de ses affluents possède 150,000 têtes, appartenant à des types fort divers, la plupart importés; les naissances locales dépassent rarement 7 à 8,000. Quelques élèves de demi-sang se font dans les marais du Médoc, sous le nom de medocains.

Il n'y a pas de race bien caractérisée importante à signaler dans le sud-est, où le mulet domine; le climat sec et l'absence de pâturages sont peu favorables à l'élevage ; on tire du nord de la Franche- Comté, des Ardennes. Sur les bords de la Méditerranée, on retrouve des chevaux percherons, bretons, allemands, etc. On ne peut citer comme race locale que la race Camargue, réduite à quelques centaines d'animaux employés seulement au dépiquage ; on compte une population d'environ 100,000 têtes dans la région du sud-est, et i ,000 à 1 ,200 naissances.

Le centre comprend le massif montagneux du Limousin et de l'Auvergne, et au nord, le Morvan, la Nièvre et le Berri.

La race limousine* cheval léger, reconstituée en quelque sorte sous l'influence du haras de Pompadour, a plus ou moins de sang. On lui reproche le défaut de taille, qu'on a cherché à détruire en faisant émigrer dans les marais de l'ouest les animaux nés en Limousin ; on ne compte, du reste, que 800 à 900 naissances.

L'Auvergne, où domine également le bœuf, a 40,000 chevaux environ dans quatre déparlements. Elle fait 1,500 élèves, qui se ré-

pandent dans le sud-est ; ce sont des chevaux de trait moyen, dont quelques-uns de croisement percheron.

Dans le reste du centre, on peut distinguer deux groupes : le premier, composé de la Nièvre, de l'Allier, de Saône-et-Loire, de la Côte-d'Or et de l'Yonne, possède 200,000 têtes. On fait 7 à 8,000 poulains, la plupart de gros trait et de irait moyen, où domine le type percheron, et un certain nombre de chevaux de remonte produits par les étalons des haras. Cette région n'a pas de race propre, car la race morvandelle est à peu près disparue ; les" étalons des haras pour l'espèce légère, et les percherons pour le trait, sont presque exclusivement employés.

Le deuxième groupe comprend l'Indre, Indre-et-Loire, Loir-et- Cher, tiure-et-Loir. La race percheronne, dont le berceau est sur les confins de Loir-et-Cher, d'Eure-et-Loir et de l'Orne, est en immense majorité, mais la race poitevine se mêle avec elle vers le Berri. On y trouve encore le pelit cheval des brandes de la Sologne et de laBrenne, peu gracieux de formes, mais robuste et rustique ; cette région a également 200,000 chevaux, et fait 5 à 6,000 élèves.

Les races de Y ouest, du nord et du nord-ouest y de trait, gros, moyen ou léger et de cavalerie, ont beaucoup d'analogie. Cependant, on les dislingue en races poitevine, bretonne, percheronne et normande ; mais il est vrai de dire qu'il s'opère, entre ces diverses contrées, des échanges continuels : les poulains bretons se rendent dans le Perche et la Normandie, le Berri même ; un certain nombre de pouliches viennent peupler les marais du Poitou ; la Normandie va chercher dans les marais de la Vendée des carrossiers qu'on achève de former dans les pâturages plus secs de cette première contrée.

Le Poitou fait cependant des élèves assez nombreux. Ses juments servent à la production du mulet encore plus qu'à celle de l'espèce chevaline. Une race particulière, dite mulassière, a ses étalons destinés à produire la jument réservée au baudet. Cette jument a les formes bien développées, les membres forts, les pieds larges, avec un fanon très-garni de poils.

Le gros cheval du Poitou (marais) a la tète un peu lourde, le rein long et la croupe un peu courte, les os prononcés et dg. poil aux jambes. La partie bocagère de l'ouest fournit des chevaux légers pour la remonte. La population des cinq départements de la Vendée, Deux-Sèvres, Charente, Charente-Inférieure et Vienne, est de 300,000 têtes; 7 à 8,000 élèves naissent par année.

Les six départements de la Bretagne, y compris la Mayenne, sont la pépinière la plus riche de l'espèce chevaline. On y compte près de 400,000 têtes et plus de 35,000 naissances. Dans l'arrondissement de Brest, il y a un cheval pour quatre hectares, tandis que la

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