CHAPITRE III. TYPES ET RACES
pas être estimé à plus de 2,000. La population chevaline du Perche proprement dit s'élève à 30,000 têtes environ ; mais l'élève de la race percheronne s'étend dans presque tout le nord et le centre.
Les races propres à la Normandie sont celles de trait, léger ou de selle (à deux fins), du Calvados, de l'Orne et de la Manrhc. Le cheval du Calvados a été allégi depuis quelques années par le sang anglais; mais, dans les pays à riches pâtures qui grossissent, ranimai prend des dispositions lymphatiques, de l'empâtement dans les articulations, une lêle un peu forte, légèrement busquée vers le bout du nez, et manque de vivacilé. La plaine de Caen, qui élève plutôt qu'elle ne fait naître, a des chevaux plus légers, plus dUtingués dans leurs formes; mais c'est le Merlerault, parlie des arrondissements d'Alençon et d'Argentan, qui fournit au luxe ses plus beaux carrossiers, fig. 95 : tête fine à chanfrein droit, veux expressifs, orbiies saillantes, encolure mince et élégante dans son port, jarret sorti, épaule longue et inclinée, reins bien attachés, extrémités minces, quelquefois un peu longues, allure pleine de souplesse et d'élégance. Le sang anglais s'est mêlé à cette race dans une grande proportion. La masse appartient encore, cependant, aux chevaux à deux fins mêlés de beaucoup de chevaux de trait moyen plus ou moins percherons ou bretons, dont le nombre s'accroît dans l'Eure et la Seine-Inférieure. Les quatre déparlements de la Normandie présentent un effectif de 325,QU0 têtes; on y compte 135,000 juments et plus de 6N,000 élèves au-dessous de 3 ans. L'extrémité de la Manche, la Hague, a des chevaux plus légers, connus autrefois sous le nom de bidets de la Hague.
La Seine-Inférieure, dans l'arrondissement de Dieppe, forme en quelque sorte le trait d'union des races normande, percheronne et boulonnaise. Cette dernière race occupe tout le département du Nord, depuis Dieppe jusqu'à Dunkerque, en se modifiant cependant dans le pays de Caux, dans le Vimeux, dans le bas ou le haut Boulonnais, et dans la Flandre française.
En général, le cheval boulonnais, fig. 96, se reconnaît à sa taille élevée, 1>»55 à 1^63, à ses formes massives, athlétiques, à son encolure puissante, un peu courte; le poitrail, large, est flanqué d'épaules fortes, un peu droites; les saillies musculaires se dessinent également sur la croupe; ses cuisses pourraient être plus descendues; membres solides, péchant quelquefois par un avant-bras un peu mince; paturons courts et recouverts par Je poil, robe gris pommelé. Le Vimeux et le pays de Caux élèvent les poulains nés dans le haut Boulonnais, près Saint-Pol, Montreuil, Boulogne. Le Boulonnais a également d'excellents chevaux plus légers, au-delà de Boulogne. La grosse race boulonnaise prend encore plus de taille dans le Nord, où on la trouve sous le nom de race de Bourbourg ou
du Furnes-Ambact. On rencontre à côté du boulonnais, et se confondant quelquefois avec ses types les plus défectueux, les races belges du Condros, cheval massif et lymphatique.
Sur les 150,000 chevaux que possèdent les trois départements du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais, on peut compter chaque année 12 à 15,000 naissances, appartenant presque exclusivement aux espèces de trait.
Races de Vest. — La race ardennaise, qui a joui autrefois d'une
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grande réputation, est Tune des principales. Elle se confond aujourd'hui, soit avec la percheronne ou boulonnaise, soit avec cetle masse de chevaux à deux fins créés sous l'influence des haras.
Les races lorraines se sont également transformées comme les races ardennaises. Elles appartiennent, en général, au type du cheval de trait et de cavalerie. La taille, qui dépasse rarement 1"U5, s'est un peu élevée depuis que la culture s'est développée. Le cheval a pris plus de corps; beaucoup d'animaux rappellent par la forme de la tête, la largeur du front, les croisements essayés jadis