CHAPITRE 111. — TYPES ET RACES. 9i
avec la race diie ducale des Deux-Ponts. Les existences sont nombreuses dans les trois départements de la Lorraine ; elles dépassent 200,000 têtes, dont 40,000 élèves.
L*Alsace, où le chariot est exclusivement employé, comme en Lorraine, a également le cheval léger, un peu plus élégant de forme dans les bons pays du Bas-Rhin, le Kochsberg. Mais le type allemand et lorrain se remarque dans ce dernier département, et le suisse, au contraire, à l'Cxtrémité du Haut-Rhin. L'Alsace, du reste, ne fait que peu d'élèves.
Le cheval comtois a longtemps formé un type à part, plus remarquable par l'ampleur et la taille que par l'élégance. Tête massive, formes empâtées, croupe arrondie, membres assez gros, quoique avec des avant-bras un peu grêles, robe en général bai brun ou rouge, tel était l'ancien modèle que les croisements suisses et percherons ont modifié un peu. Le Jura, le Doubs, font un certain nombre d'élèves, qui descendent vers la vallée de la Saône. Toutefois, la race comtoise est peu nombreuse.
En résumé, tous les chevaux français peuvent être ramenés aux trois types principaux que nous avons décrits en tête de ce chapitre : lo le cheval de gros trait, auquel appartiennent à divers degrés le boulonnais, le comtois, le poitevin, le percheron, le breton; 2° le cheval de trait intermédiaire, de poste, diligence, omnibus, que représentent les percherons, l'ardennais, les bretons, et même les boulonnais un peu plus allégis, le cheval de trait léger, carrossier, chevaux de tilbury, etc., fourni par le Merlerault de la plaine de Caen et quelques points de la Bretagne et de la Vendée; enfin, le cheval de selle est produit encore par les mêmes contrées, et la cavalerie de l'armée le trouve un peu partout, mais surtout en Normandie, en Bretagne, en Lorraine. Dans les intermédiaires de ces types, se place une masse énorme de chevaux communs sans type bien prononcé, servant à toutes fins.
La population chevaline progresse en France à peu près de même que la population humaine, de manière que depuis 1789, le nombre des chevaux est de 8 pour 100 habitants. Le nombre des chevaux était en 1789 da2,480,900; en 1812, 2,285,312; en 1829, 2,453,712; en 1840, 2,878,046, et en 1850, 2,983,002. Après avoir diminué dans la \™ période, il s'est accru par an et par mille; dans la 2e, de 4 1/3; dans la 3e, de 15, et dans la dernière seulement de 36.
D'après le dernier recensement de 1850, le nombre des chevaux en France serait ainsi réparti : chevaux de quatre ans et au-dessus, 1,195,834; juments de quatre ans et au-dessus, 1,232,772; poulains et pouliches de trois ans et au-dessous, 554,426 ; les naissances seraient par an environ de 185,000, ce qui suppose le quart environ des juments livré à la reproduction et un renouvellement par 14 e . \\
y a en France, en moyenne, 8 chevaux pour 100 habitants; mais ce chiffre varie de 2 à 19, suivant les déparlements.
La Frauce achète, chaque année, de 20 à 25,000 chevaux à l'étranger, et lui en vend de 4 à 8,000; c'est un excédant de 12 à 15,000 chevaux importés.
Le plus grand consommateur de chevaux de selle est sans contredit l'armée. L'achat annuel, assez irrégulier, e>t tantôt de 7, 8 ou 15,000. En cas de guerre, il prend des proportions beaucoup plus larges : ses dépAls de remonte sont au nombre de dix-sept.
1! résulte d'un document officiel que le renouvellement des chevaux de l'armée est calculé sur le pied de 1/8 chajue année (1/10 pour la gendarmerie seulement), et que les ressources comparées aux besoins sont dans les proportions suivantes :
Officiers. Réserve. Ligne. Cavalerie
légère.
Ressources 645 1380 2700 3668
Renouvellement annuel... 400 1030 8372 2079 Excédant 245 321 328 1589
Il y aurait donc, d'après l'aveu des remontes, un excédant considérable, surtout pour la cavalerie légère et le trait. Si, aux chevaux des officiers, on ajoute ce qui est acheté directement par ceux-ci, et qui porle réellement à 606 le renouvellement annuel, les ressources et les besoins se balancent à peu près. Les ressources sont sans doute plus considérables, parce qu'il y a des contrées non explorées, des chevaux rebutés qu'on accepterait dans un cas pressant. On voit du reste, d'après ce tableau, que nous avons besoin d'insister sur la production du cheval de réserve et de ligne.