‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 49 sur 103 · CHAPITRE III. — ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — ÉLEVAGE

payer son entretien. A trois ans, le poulain passe quelquefois dans une ferme nouvelle, où des travaux plus rudes, mais accompagnés d'une nourriture plus riche, le préparent aux services de la diligence ou du roulage, auxquels on le livre à quatre ou cinq ans. Dans les contrées dépourvues d'herbages, l'élevage se fait tout entier dans la ferme. L'élevage du cheval léger emprunte également aux deux méthodes ; du reste, ce passage successif dans des conditions de sol, de climat, de culture différents, satisfait souvent et aux lois de l'économie et à celles de l'hygiène.

L'éleveur varie également sa production sous le rapport de la race, du type, du sexe. Tel préférera l'élevage du cheval commun, tel autre celui du carrossier ou du cheval de remonte ; l'un fera des juments, tel autre des étalons ; les circonstances décident de la spéculation. La facilité de vendre aux remontes, le voisinage d'un dépôt d'étalons, un sol propre au cheval de trait ou de selle, un pâturage qui affine ou fait du gros, porte à la lymphe ou au sang; la demande plus ou moins active et la réalisation prompte et certaine de tel ou tel type, seront autant de causes déterminantes du choix de l'éleveur.

La race sera choisie par les mômes considérations. Si on se décide pour l'espèce de trait, les races françaises offrent aujourd'hui tout ce qu'on peut désirer. Veut-on le gros trait et la taille, on trouvera la grande race boulonnaise de Bourbourg. Veut-on plus de vitesse, le percheron, amélioré par un peu de sang, donnera le cheval de poste, d' omnibus et de diligence.

Beaucoup d'hippiatres admettent aujourd'hui que le sang anglais ou arabe convient pour l'amélioration de toutes les races et de tous les types, auxquels il donne la vigueur et l'énergie. On attache une importance non moins décisive à la généalogie des reproducteurs. Ces principes, vrais dans leur généralité, souffrent cependant des exceptions, et veulent, dans tous les cas, être appliqués avec prudence et discernement.

L'infusion du sang anglais ou arabe dans nos races de gros trait et dans nos bons types de trait moyen ne devra avoir lieu qu'à petites doses, en le faisant passer par l'intermédiaire de quart de sang déjà étoffé. Le sang arabe sera réservé pour le sud, le sang anglais pour le nord (V. Animaux domestiques. Zootechnie).

Si l'éleveur s'attache à l'espèce de trait léger ou de selle, il trouvera aujourd'hui la route parfaitement tracée par nos éleveurs, et aplanie par l'auxiliaire des dépôts d'étalons de l'État. 11 se procurera, sans avoir recours à l'importation du hunter anglais, de beaux pur-sang ou demi-sang anglo -français sur plusieurs points de notre territoire.

Eulin, l'élevage peut avoir pour objet le cheval de sang et le che-

val de course; cet élevage, beaucoup plus chanceux que celui du cheval commun, convient surtout au grand propriétaire, qui attache plus d'importance à une œuvre ulile pour le pays et aux triomphes des hippodromes qu'au profit de la spéculation.

§ 2. — Haras, boxes, parcs.

L'élevage du cheval commun, tel qu'il se pratique dans tous les pays d'herbage, n'entraîne d'autre installation que quelques séparations dans les écuries, pour l'hivernage des animaux. Ces installations sont même malheureusement négligées la plupart du temps.

L'élevage de chevaux de race distinguée demande un peu plus de soins dans la disposition des bâtiments, surtout quand la nourriture se donne presque exclusivement à l'écurie. Il est des degrés différents dans l'importance de cet élevage : on peut se contenter de faire saillir quelque bonne jument pur-sang ou demi-sang, soit par des étalons du gouvernement, soit par ceux des particuliers; dans ce cas, il suffira de quelques dispositions dans les écuries ordinaires : une clôture en planches ou un simple grillage constituera à peu de frais une boxe pour les mères et leurs produits.

Si on voulait se livrer à un élevage plus considérable, il serait avantageux pour le service d'installer une espèce de haras. Des éleveurs préfèrent isoler les animaux dans des boxes placées au milieu d'enclos ou paddoks séparés; ces boxes sont des espèces de petites écuries fort simples, dont le sol est en terre battue mêlée de cendres; un râtelier est posé sur l'un des côtés.

D'autres réunissent tous les animaux dans un grand hangar ou bâtiment, avec diverses dispositions pour les étalons, les juments et les poulains.

Voici une disposition donnée par M. Monny de Mornay, pour un haras composé de deux étalons et de huit juments, qui nous parait convenable. Si l'éleveur ne l'adopte pas tout entière, il pourra s'en approprier quelques détails.

On voit, lig. 97, la coupe, et fig. 98, l'élévation du bâtiment principal. Il a un rez-de-chaussée de 4 mètres sous le plancher, avec grenier a au-dessus; le toit, à deux pentes, est en saillie de 2 mètres de chaque côté. Ce bâtiment, fig. 98, a 11 mètres de large dans œuvre; il se divise dans sa longueur en deux rangs de boxes, séparés par un passage intérieur c, de 3 mètres, sur lequel ouvrent celles-ci; chaque boxe a 4 mètres de long sur 5 m 50 de large. Un autre passage coupe le bâtiment en deux par le travers, et correspond à deux avenues conduisant aux portes ; aux boxes sont attenants des cours o et des parcs n; il y a deux parcs pour chaque jument, afin qu'on puisse la mettre alternativement dans l'un ou dans

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