‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 51 sur 103 · CHAPITRE UI. — ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UI. — ÉLEVAGE

sans qu'il soit possible cependant aux animaux de les ouvrir euxmêmes. On aura soin de placer des rouleaux de bois aux angles où les juments ou les poulains seraient dans le cas de se blesser.

Le personnel de rélevage est proportionné à son importance et à l'espèce d'animaux qu'on élève. Dans l'élevage de la ferme, c'est le cultivateur lui-mê:iie qui surveille le palefrenier ou garçon d'herbage chargé du soin des animaux. Mais, quel que soit l'homme préposé à ce soin, il doit réunir à l'attention et à l'exactitude l'amour du cheval.

La ligure 103 donne la perspective d'une autre boxe d'élevage indiquée par M. Gayot.

Fig. 103.

§ 3. — Choix des reproducteurs.

Les reproducteurs devront remplir en général les conditions extérieures et individuelles indiquées dans la Zootechnie, On prendra un étalon dont l'origine soit bien établie ; si c'est un cheval de sang, on vérifiera sa généalogie, on s'informera s'il existe des défauts héréditaires dans sa lignée, tels que la pousse, l'immobilité, les tics, les alfections des yeux. La localité où il a été élevé, l'écurie d'où il sort, les services déjà rendus, sont des points à vérifier. Lorsqu'on veut donner de la taille, on conseille de prendre rétalon du Nord; de la vigueur, une constitution sèche, nerveuse, celui du Midi. Quant aux qualités individuelles, indépendamment d'une conformation convenable et appropriée au but qu'on se propose, l'étalon aura les qualités suivantes : les parties sexuelles normales et bien développées, les testicules fermes et relevés, le front large, les yeux vifs, une physionomie expressive qui indique l'énergie et la vigueur

jointes à un bon caractère, la poitrine vaste et profonde, les flancs et les reins courts et puissants, les jarrets solides ; on évitera les constitutions lymphatiques à l'excès, décelées par l'empâtement du système glandulaire, les vices de conformation, les tares héréditaires, une corne blanche, des engorgements tendineux, des exostoses môme acquises, tels qu'éparvins, courbes, jardons, etc. Il sera toujours bien d'avoir vu l'étalon faire ses preuves et de connaître ses produits. Il ne devra pas saillir avant trois ans ; on en a vu saillir encore après vingt ans.

On fera travailler l'étalon en commun; on donnera de l'exercice aux étalons de sang. On doit éviter les excitations; la nourriture doit être abondante sans être échauffante.

Les étalons appartiennent soit à l'État, soit aux particuliers ; quelques-uns appartiennent aux départements, mais sont réunis maintenant à ceux de l'État. Aujourd'hui, le nombre des étalons entretenus dans les dépôts et haras de l'État est d'environ 4,400. Dans ce nombre, on compte à peu près 320 pur-sang anglais ou arabes, 1,000 demi-sang du type léger ou carrossier; le reste consiste en étalons de trait boulonnais, percherons, dont le nombre a été beaucoup diminué depuis la récente organisation des haras. Ces étalons, renfermés dans vingt-six dépôts, sont répartis, d'après un état dressé par les inspecteurs, approuvé par le ministre, au mois de février de chaque année, dans trois cents stations environ, où ils restent jusqu'à la fin de juin.

Le nombre des juments à saillir pour chaque étalon, déterminé d'avance, varie de 50 à 75, suivant la force et l'âge du producteur.

Le propriétaire qui veut faire saillir une jument adresse, soit au dépôt, soit à la station qu'il lui plaît de choisir, une demande indiquant l'étalon qu'il désire ; il est alors inscrit à son rang; il lui est en même temps délivré une carte d'admission portant le nom de l'étalon, avec indication du jour où il peut se présenter. En échange de celte carte, extraite d'un registre à souche, il est, lors de l'admission, délivré un certificat de saillie. 11 est dû pour la monte de la jument un minimum de 6 francs, qui peut s'élever beaucoup plus haut et est fixé d'avance d'après une échelle graduée sur le mérite des étalons; la saillie s'élève jusqu'à 200 francs pour certains étalons de sang. Il n'est pas dû de pourboire aux palefreniers. La moitié de ce prix se paie à la première saillie, qui peut être renouvelée trois fois à sept ou huit jours d'intervalh*. Le propriétaire doit faire connaître ultérieurement au dépôt les résultats de la monte. Des instructions sont d'ailleurs données dans chaque circonscription.

Les étalons des particuliers sont approuvés ou non approuvés, routeurs ou stationnaires. L'approbation a lieu par l'administration des haras, sur la proposition des inspecteurs, qui apprécient L'état

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