CHAPITRE in. — ÉLEVAGE
Ion, soit chez l'éleveur, soit dans un lieu déterminé où les étalons d'une certaine circonscription peuvent être amenés à une époque indiquée d'avance. Le propriétaire d'étalons approuvés reçoit une prime variable qui est, au minimum, de 500 à 1 ,200 francs pour un étalon pur sang; de 300 à 600 francs pour un demi-sang; de 100 à 300 francs pour un étalon de gros trait. On compte aujourd'hui près de 500 étalons approuvés. Il existe également des étalons simplement autorisés, mais qui ne reçoivent pas de subventions ; cette catégorie est très-peu nombreuse. Quelques-uns des étalons approuvés circulent dans la contrée à laquelle ils appartiennent : ce sont des étalons rouleurs. Mais, malheureusement, à côté de ces étalons contrôlés, il en* existe d'autres non approuvés, qui vont également faire la saillie dans les campagnes; animaux assez souvent défectueux et tarés, contre lesquels on ne saurait assez prémunir les éleveurs. Beaucoup de cultivateurs se laissent séduire par la taille et les formes massives, qui ne sont que des conditions de second ordre.
En somme, il existe environ 1,800 étalons de l'État, des départements, et approuvés, qui saillissent 90,000 juments sur 600,000, et donnent à peu près 40,000 produits. Us interviennent donc dans la production pour 15 à 17 p. 100; mais cette proportion n'est pas la même partout. Dans les contrées où se font les chevaux de trait, principalement le Boulonnais, le Perche, partie de la Bretagne, elle est de 7 à 11 p. 100 seulement; elle s'élève à 20 et 25 dans les pays à production carrossière, et dans le Midi, elle atteint 40 p. 100. Des primes de 200 à 400 francs sont également accordées aux juments de pur sang.
Les poulinières demandent à être choisies avec autant de soin que l'étalon, car leur influence est au moins égale à celle du mâle sur le produit. La poulinière devra remplir à peu près les mêmes conditions extérieures et individuelles que l'étalon ; on saura de plus si elle est bonne nourrice. Elle aura une croupe large et non avalée, un bassin bien développé ; la jument ne sera saillie qu'à trois ans, plus tard même si elle est de race distinguée. Une jument peut porter jusqu'à vingt ans.
§ 4. — Appareillement.
L'appareillement a lieu sous le rapport du tempérament, des formes et de la taille. On donnera à une jument d'un tempérament irritable un étalon plus calme, et vice versa. Si elle est haut montée, le mâle sera trapu; si elle a la tête busquée, on prendra un étalon à chanfrein droit. On évitera de donner à la jument un étalon de taille trop disproportionnée, beaucoup plus grand qu'elle surtout,
car il en résulterait une prédisposition à l'avortement et un part difficile.
§ 5. - Saillie.
La jument doit, pour la saillie, être en chaleur (quelquefois cependant, on a vu retenir des juments qui n'étaient pas dans cet état). La chaleur se manifeste plus particulièrement dans les premiers mois de Tannée et d'une manière assez irrégulière. Le voisi- • nage du cheval entier provoque les chaleurs de la jument, et quelques éleveurs emploient ce rappi ochemenl dans ce but.
La chaleur se reconnaît à des signes extérieurs : les parties sexuelles s'enflent, la vulve est plus rouge, elle sécrète une liqueur visqueuse et blanchâtre; souvent, la jument se campe pour uriner, et cela sans autre projection que la liqueur dont on vient de parler. En cet état, elle hennit, est inquiète, irritable, souvent elle rue; cet état persiste quelquefois deux ou trois jours. Si on doit conduire la jument à un étalon éloigné, On veille à l'apparition de ces signes.
On fait saillir ordinairement les juments du mois de février au mois de juin. Celte époque est convenable, parce qu'elle reporte la naissance du poulain au printemps, époque où la mère et plus tard le poulain trouveront une pâture succulente. 11 vaut toujours mieux faire venir le poulain plus tôt que plus tard, afin d'éviter la chaleur de Tété et de ménager toute la belle saison pour sa croissance.
Il est deux modes de saillies : la saillie en liberté et la saillie à la main. La monte en liberté, sans intervention aucune de l'homme, est usitée seulement dans les grands haras sauvages ou parqués. La monte en liberté, qui consiste à placer l'étalon et la jument seuls dans un enclos, est également peu usitée. Les deux modes exposent l'étalon à s'épuiser, à recevoir des atteintes de la jument.
La monte à la main est donc presque exclusivement employée. Ordinairement on s'assure, à l'aide d'un boute-en-train, cheval entier de peu de valeur qu'on fait approcher de la jument, en ayant soin de le maintenir solidement pour l'empêcher de saillir, si celleci est disposée à recevoir le mâle. Si elle se campe, souffre l'approche, on peut la faire sa'llir ; il en est autrement si elle rue et se défend.
Pour la monte, on place la jument dans une partie unie de la cour, ou, s'il existe de la différence entre sa taille et celle de l'étalon, on la dispose sur un terrain plus élevé ou plus bas. Pour empêcher la jument de ruer si elle a ce défaut, on prend chacun des pieds de derrière dans un nœud coulant pratiqué au bout d'une longue corde; les deux cordes se croisent sous le ventre et viennent s'attacher aux anneaux d'une bricole, La jument porte un bridon.