‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 54 sur 103 · CHAPITRE III. — ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — ÉLEVAGE

L'habitude qu'ont quelques personnes de crever cette bouteille et de tirer le poulain pour aider la jument, est plutôt nuisible qu'utile. Il en est de même des breuvages qu'on recommande pour faciliter l'accouchement et le rejet du délivre. Quelques lavements d'eau tiède peuvent, en faisant vider le rectum, faciliter l'accouchement. On ne doit pas retirer les excréments à la main. Le cordon ombilical se rompt ordinairement lors de la sortie du poulain et quand la jument pouline debout, ou qu'elle se relève si elle a pouliné couchée. Lorsque la rupture n'a pas lieu, la jument mâche ce cordon et le coupe. Si la mère était trop atFaiblie pour le faire, on couperait le cordon à quelques centimètres du nombril et on le lierait à son extrémité. Pendant le travail de la mise-bas, il est utile de ne pas distraire ou inquiéter la jument par la présence d'un grand nombre de personnes. Après la délivrance, il suffira de bouchonner doucement la jument, de la couvrir et de lui donner quelques seaux d'eau blanche un peu tiède; cette boisson se continue pendant quelques jours. On ne lui donnera à manger que deux ou irois heures après le part. Il est bien de ne remettre la jument au travail que sept à huit jours après.

Les principales causes qui peuvent rendre le part de la jument difficile sont :

lo L'état d'épuisement de la bête : on la ranime alors à l'aide d'un breuvage tonique, un peu de vin, par exemple ; 2<> un excès de pléthore et de vigueur : une saignée pourra lui être utile en ce cas; 3° la mauvaise position du fœtus; 4° son volume disproportionné avec l'ouverture du bassin ; 5° un défaut de conformation d« la mère. Pour s'assurer de l'existence de ces obstacles à l'accouchement naturel, on introduit la main ointe d'huile et les ongles préalablement coupés. Toutefois, cette opération ne devra se faire qu'après que la prolongation du travail de l'accouchement laisse supposer quelque obstacle. Elle doit être exécutée avec précaution, et si l'opérateur n'a pas l'habitude de ce genre d'exploration, il devra faire venir un vétérinaire : autrement, par l'introduction répétée de la main dans la vulve, par des tiraillements continus sur des organes dont il ne connaît pas la disposition, il ajouterait aux difficultés du part des dangers plus sérieux.

Le fœtus mal placé se présente quelquefois un pied ou les deux pieds en arrière sous le corps, tandis que la tête avance seule. L'artiste vétérinaire, dans ce cas, cherche à repousser la tête et à saisir les pieds pour les tirer en avant. Si la tête est repliée de manière à présenter la nuque ou un point du cou, si les pieds sont sur la tête au lieu d'être dessous, l'opérateur cherche à placer la tête dans Sa position normale. Il peut arriver enfin que le poulain se présente par la croupe : on essaie alors de saisir les pieds de der-

rière, et on le sort ainsi. Le volume du poulain rend souvent encore le part très-difficile, lors même que le sujette présente bien; on doit alors employer une grande force pour tirer le fœtus. La vie du pelit et de la mère court quelques dangers. On se sert dans ces divers cas, de même que dans révulsion d'un fœtus mort, de lanières, de forceps faits exprès, ou de cordons disposés avec des nœuds coulants, qu'on place adroitement à la mâchoire ou aux pieds du poulain, et à l'aide desquels on opère la sortie. Enfin, pour extraire un poulain mort, on a encore recours à un crochet introduit dans la bouche et dont la pointe s'enfonce dans le palais. C'est, du reste, au vétérinaire appelé dans ces cas difficiles à développer toutes les ressources de son art.

§ 7. — Allaitement et sevrage.

Le poulain, en venant au monde, est couvert d'un enduit visqueux que sa mère lui enlève en le léchant. Si elle ne le faisait pas, on l'y déterminerait eu saupoudrant le jeune animal d'un peu de sel et de son. On passe les doigts dans la bouche du poulain; on lui insuffle un peu d'air par les naseaux si la respiration ne paraît pas normale. On vérifie également si quel jues-uns de ses orifices naturels sont parfaitement ouverts; ensuite on l'aide à se mettre sur ses jambes et à trouver la mamelle de sa mère, qui se défend quelquefois, surtout lors de sa première mise-bas. On essaie par quelques caresses de la décider à se laisser téter.

11 est essentiel que le premier lait de la mère soit bu par le poulain, parce qu'il possède une vertu purgative nécessaire pour expulser le meconium qui remplit les intestins du jeune animal.

La mère et son pelit doivent être tenus chaudement, à l'abri des courants d'air. Si la mère repoussait le poulain et le maltraitait, on emploierait tous les moyens pour le lui faire accepter. Si on n'y parvenait pas, on le placerait, séparé par une claie, près de celleci, afin qu'elle pût le voir, le sentir et s'y habituer. Cette antipathie se passe ordinairement. Dans le cas, cependant, où la jument ne pourrait nourrir son poulain, on habituerait celui-ci à boire du lait de jument, de chèvre ou de vache. On l'y amène en \ui faisant d'abord sucer le doigt trempé et en partie plongé dans le lait; on substitue ensuite le lait écrémé ou le lait de beurre, comme dans le Mecklembourg.

Au bout de trois ou quatre jours, le poulain se soutient sur ses jambes et suit sa mère; on ne le laissera cependant pas sortir avant sept ou huit jours. Après ce délai, si la mère ne travaille pas, on lâche le poulain et la jument d'abord dans la cour de la borfe, plus tard dans le parc ou l'enclos. La première fois, on laisse le poulain

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