CHAPITRE V. — UTILISATION DU CHEVAL. ' \îi
chonnage. Ce sont des frictions avec un bouchon de paille tordu et un peu incisé à sa surface pour lui donner des aspérités. Celle opération a pour objet de sécher la peau et d'y ramener la chaleur et la transpiration. On n'oubliera pas de recourir à cette précaution toutes les fois que le cheval aura été mouillé. Un charretier soigneux évitera de placer sur le dos de son cheval des harnais mouillés; s'il ne peut faire autrement, il interposera entre eux une couverture ou de la paille. L'habitude qu'ont quelques cultivateurs de faire passer les chevaux revenant du travail dans l'eau pour leur nettoyer les jambes est bonne, si cependant on a soin de faire bouchonner ensuite les parties mouillées.
Les chevaux de race distinguée reçoivent ordinairement une espèce d'habillement complet, en étoffe de laine, composé du camail, avec ou sans oreille, enveloppant la tête et l'encolure; du poitrail, venant s'attacher sur le devant; de la grande couverture, embrassant le reste du tronc et maintenue par un surfaix. On y ajoule quelquefois des guêtres montant au-dessus du genou ou s'arrêtant au boulet, et dans ce cas, on adapte au genou des genouillères garnies .de cuir.
Les chevaux de trait ordinaire n'ont pas besoin de vêtements aussi compliqués. Cependant, il faudra toujours avoir des couvertures communes, qu'on portera même sur la route pour couvrir l'animal aux moments d'arrêt, si l'état de transpiration et la température l'exigent. Les guêtres et les genouillères seront également précieuses en cas de neige et de verglas. Dans ce dernier cas, on fera mettre aux chevaux quelques clous à glace. En été, on aura des filets et des volettes pour chasser les mouches, des oreillères ou béguins pour préserver les oreilles de l'atteinte des mouches.