‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 68 sur 103 · SECTION I. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT · texte numérisé non relu

SECTION I. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT

§ 1. — Forces du cheval.

La force du cheval résulte : 1° de la puissance et, de l'énergie plus ou moius modifiées par l'organisation et entretenues par l'alimentation; 2° de la contraction musculaire, de la solidité des leviers osseux, et des cordes tendineuses qni les font mouvoir; 3° enfin, l'application et la direction de la force môme peuvent en accroître beaucoup les effets.

Il y a trois choses à considérer dans l'emploi de la force du cheval : l'effort* la vitesse et la durée, appréciées soit isolément, soit dans leur association pour produire le plus grand effet utile. Ueffort que le cheval peut développer dans le tirage est modifié par les causes qu'on vient d'indiquer. On n'en connaît pas le maximum. Christian et Tregold admettent qu'un cheval ordinaire peut, en tirant sur une corde passant sur une poulie, soutenir un poids de 350 à 400 kilog. attaché à l'extrémité de celte corde. Ceci est {'effort statique. L'effort ordinaire du cheval dans un train continu est i en rapport avec la vitesse à la dorée. Il varie dans le tirage de 40 à 125 kilog. Il peut s'élever beaucoup dans un effort extraordinaire. On a vu un cheval déplacer seul une voilure de 5,000 kilog. ; effort équivalent à 350 kilog. environ.

La vitesse est subordonnée à des conditions fort diverses. Nous avons vu qu'elle peut varier de 0 m 40 à 17 mètres par seconde.

La durée du travail ne peut guère être fixée d'une manière absolue, car elle dépend de l'effort et de la vitesse déployés. Cependant, un cheval ne pourrait supporter continuellement, sans que sa santé fût altérée, plus de douze heures de travail effectif par jour, qu'on doit couper par des intervalles de repos.

On peut obtenir, en limitant la durée, plus de force et plus de vitesse, comme on peut, en exigeant moins de vitesse, faire travailler un animal plus fort et plus longtemps; on peut enfin, en diminuant l'effort, obtenir plus de vitesse et de durée. On a essayé de traduire ces rapports en chiffres. Ainsi, on a calculé qu'on peut exiger huit à dix heures de travail d'un cheval qui marche avec une vitesse de 6 kilomètres à l'heure, quatre à cinq heures de celui dont la vitesse est de 10 kilomètres, et seulement deux heures du cheval qui fait 16 à 20 kilomètres à l'heure. Si donc on veut augmenter la durée du travail de moitié, il faut diminuer la vitesse d'un tiers; si on augmente la vitesse d'un tiers, on diminuera, en conséquence, la durée de moitié. En tout cas, dans un travail habituel, un cheval parcourra plus de chemin, si on diminue la vitesse et qu'on aug-

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