‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 69 sur 103 · CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT. 1Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT. 1Î

mente la durée. En effet, un cheval, à l'allure de 20 kilomètres à l'heure, ne ferait en un jour que 40 kilomètres, tandis qu'il en fera 50 à 60 avec une vitesse de G kilomètres.

Il en sera de même de l'effort. Uu cheval attelé à une charrue, dont le tirage n'exigera de lui que 40 à 50 kilog. d'effort, pourra travailler 10 heures, mais il ne supporterait pas pendant i heures un travail qui exigerait un effort double. La vitesse se ralentira également dans une progression nécessaire. Un cheval pourra traîner une charge de 200 kilog. avec une vitesse de 15 à 1(3 kilomètres à l'heure; avec 500 kilog., il ne fera plus que 12 kilomètres, et 6 seulement avec 1,000 kil. Du reste, avec un effort moindre, on obtient proportionnellement plus de vitesse, et en somme, plus de travail dans un temps donné.

Le travail ordinaire du cheval de roulage est de 10 heures par jour, avec une vitesse de 5 à 6 kilomètres à l'heure, et un effort de 70 kilog. Cependant, on cite, à Paris, des roulages où un cheval transporte individuellement, chaque jour, un fardeau de 2,000 kil., véhicule compris, à une dislance de 28 kilomètres; c'est un effort d'environ 120 kilog.

Le travail du cheval de ferme est ordinairement assez régulier, dans une grande exploitation surtout. Le climat et les saisons y apportent cependant des modifications. Dans le nord de la France, la durée du travail est de 10 heures par jour, savoir : 8 heures d'octobre à mars, et 12 de mars à octobre. Le travail est réparti ordinairement en deux attelées. En été, le conducteur se lève à 3 heures pour donner l'avoine et le foin, procède ensuite aux harnachement et pansement, déjeûne et part aux champs; il fait une halle de 8 heures à 8 heures et demie, revient à 11 heures, déharnache, bouchonne, donne le repas, part à 1 heure (à 2 heures seulement dans les grandes chaleurs), fait une halte à 5 heures, et reprend le travail pour rentrer à 8 heures. De novembre à février, quatre mois, quelques cultivateurs font seulement une attelée de 9 heures à 5, coupée par une halte. Cette méthode a quelque avantage pour de grandes distances. Dans le midi de la France, l'ordre du travail est moins régulier. En été, on travaille de 4 ou de 5 heures du matin à 10 ou 11 heures, puis on repart à 3 heures pour travailler jusqu'à 8 heures du soir,

§ 2. — Harnais.

Les harnais comprennent tous les appareils appliqués au cheval, pour : 1o le contenir ou le gouverner; 2<> lui faciliter le tirage ou le transport à dos ; 3° le garantir des atteintes soit de la température, soit des insectes. De là trois classes : harnais de contention et de

gouverne, harnais de trait et de selle, harnais de précaution et d'hygiène.

Confection des harnais. — Celte confection est l'objet de deux professions : celles du sellier et du bourrelier ; cette dernière est essentiellement rurale.

Les principaux matériaux qui entrent dans le harnais sont : le cuir, la toile, le fil, la bourre. Les cuirs principalement employés sont le cuir hongroyé, cuir blanc préparé à l'alun, puis passé au suif : avec ce cuir se font la plupart des harnais de l'agriculture, tels que licol, bride, avaloire, etc.; les cuirs mous, tannés, de bœuf, vache, cheval, veau, et surtout ceux de mouton désignés sous le nom de basane. Ces derniers cuirs sont ordinairement suiffés ou huilés et noircis. La sellerie emploie plus particulièrement les cuirs secs et lissés.

En 1861, le cuir hongroyé se vendait de 1 fr. 80 à 1 fr. 90 le kilo; le cheval à peu près le même prix; la vache, 2 fr. à 2 fr. 50; le veau, 3 fr. à 3 fr. 50; la basane à la pièce, de 1 fr. à 2 fr. Le prix des fortes toiles est d'environ 1 fr. 75 le mètre superficiel.

Dans la confection des harnais, il y a ordinairement des prix locaux ; pour leur réparation, on paie à l'abonnement, ou à la pièce, ou suivant le temps et la fourniture.

L'outillage du bourrelier est fort simple : il consiste en aiguilles courbes et droites et un petit cylindre en bois fendu, dit serrepoint, qui sert à entortiller la ficelle et à donner plus de force à l'ouvrier pour serrer ses points. On dislingue l'aiguille dite à raiguiller, l'autre à bâtir. D'autres grandes aiguilles ou tiges de fer servent à rembourrer ou à débourrer, telles que le tire-bourre, la broche à enverger, celle à piquer; il faut y ajouter des alênes de divers calibres, un couteau à pied, dont la lame forme un demidisque, et une serpette, outils qui servent à couper le cuir. Enfin, une rénette, utile pour faire des traits sur le cuir; le bat-bourre, planche de 1 mètre de large sur 2 mètres de longueur, sur laquelle on bat la bourre, à l'aide de cordes attachées d'un bout à la planche et de l'autre à une traverse mobile ; une pince de bois, que l'ouvrier lient entre ses jambes et dont les mâchoires serrent les objets à coudre; enfin, une forme, grand cône en bois formé de d?ux pièces et sur lesquelles se règle l'ouverture des colliers, complètent l'attirail du bourrelier.

Pour faire les coutures, on se sert de fils très-forts, ayant de 6 à 12 brins et retordus ensemble, qu'on enduit de poix ou de cire. Pour la couture lacée, qu'on nomme le plus souvent couture à joindre, souvent employée, on enfile l'aiguillée par les deux bouts, puis, après avoir appliqué les morceaux à coudre l'un sur l'autre, on les saisit avec la pince de bois, on y perce un trou dans lequel

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