‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 70 sur 103 · CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT

on passe le fil jusqu'au milieu de sa longueur, puis on pratique un autre trou à côté du premier, et on y passe en les croisant les deux aiguilles ; on serre le point au moyen de la manique des cordonniers ou du serre-point en bois, puis on continue, en perçant les trous plus ou moins rapprochés, selon la délicatesse ou la grossièreté du travail. Quelquefois, on se contente de faire cette couture avec une seule aiguille, que Ton passe alternativement dans les trous de l'alène; cette couture est. alors dite à demi-j onction. On pourrait aussi la faire à points arrière.

On nomme brédissure une espèce de couture qui se fait souvent avec une lanière de cuir; elle sert ordinairement à former à l'extrémité d'une courroie un pli destiné à contenir un anneau ou une boucle. Pour la faire, on commence par plier le bout de la courroie autour de l'objet que l'on veut y renfermer, puis on saisit ce pli dans la pince en bôis; alors, avec l'alêne à brédir, on perce les deux parties de cuir repliées l'une sur l'autre, puis on y passe la lanière qui sert de fil.

Pour les harnais plus délicats, au lieu d'une brédissure, comme nous venons de l'indiquer, c'est une couture piquée que l'on emploie pour arrêter les deux bouts repliés de la courroie. Cette couture forme alors un encadrement sur l'extrémité de la courroie. Les ligures 1 14 et 115 représentent la brédissure a d'une boucle, et les détails mêmes de la boucle et de ses accessoires, appareil si fréquemment employé. La boucle est garnie quelquefois d'un petit roulon b, fig. 115, sur lequel s'arrête l'ardillon c, d, et le sanglon, courroie dont l'extrémité passe dans la boucle et le passant f, fixé ainsi que la boucle sur le contre-sanglon e.

On nomme point de billot une espèce de brédissure qui se pratique toujours au billot des colliers ; on la fait au milieu de plusieurs cuirs qu'elle traverse et serre fortement les uns contre les autres. La restraiture est une couture à point-devant, comme celle que nous avons indiquée plus haut sous le nom de couture à demi-jonction.

On appelle appointure quelques bouts de fil que l'on passe provisoirement dans les deux épaisseurs des cuirs que l'on veut coudre. Les nœuds sont : le nœud droit, qui se compose de deux nœuds ordinaires faits à contre sens; le nœud plat, ou de couplière, qui sert à réunir les attelles d'un collier. Pour faire un nœud plat simple, on rapproche les deux bouts a et b, fig. 116, de la lanière, on

Fig. 1U. Fig. 115.

126 ANIMACX DOMESTIQUES.

pratique une fente dans le bout a, on y passe le bout b que Ton fait remonter par derrière en c, d'où il vient par devant se serrer dans le pli qu'il à fait. Pour exécuter le nœud plat double, fig. 117, on n'a qu'à continuer le nœud simple; on reprend le bout o, on le passe par derrière en d, et on le ramène en avant pour rengager dans son pli c. Le nœud ao sé, ou patte d'oie, pour attacher l'un sur l'autre plusieurs cuirs larges, le nœud carré, qui sert à joindre ensemble deux portions de courroies ou de lanières, sont un peu

Fig. 116. Fig. 117.

plus compliqués ; c'est d'ailleurs plutôt en les voyant exécuter, que sur une simple description, qu'on en saisira bien la contection.

Harnais généraux de travail. — Les harnais de trait varient suivant que l'animal est appliqué à la charrette, aucharriot ou aux véhicules de trait léger et de luxe. 11 est cependant quelques pièces communes à toute espèce de harnachement de trait, telles que le collier et la bride, qu'on doit d'abord faire connaître.

Le collier se réduit, dans quelques contrées rurales de la France, à un simple coussin de jonc ou de toile rembourrée embrassant la base de l'encolure. Sur ce coussin on pose, comme en Bretagne, par exemple, deux attelles mobiles reliées par une corde; ou, comme dans plusieurs points du Midi, ce coussin fournit à l'animal un point d'appui pour faire effort contre un cadre en bois, qui remplace en quelque sorte les attelles. Ce cadre, appelé colalève, ordinairement destiné à accoupler deux mules ou deux chevaux, porte quatre montants parallèles, dont deux mobiles au milieu qu'on retire pour laisser passer la tôle des animaux, et qu'on remet pour anêler l'encolure dans ce cadre. Quoi qu'il en soit, on peut, dans tous les colliers, distinguer deux parties principales : le coussin à ouverture ovalaire, sur lequel le cheval prend son appui, et Yat1elle y où se fixe le- point de tirage.

La base du collier est d'abord un bourrelet allongé, étroit en son milieu, et renflé à ses extrémités, dont chacune forme en quelque sorte un demi-cône. Ce bourrelet, dont 1 enveloppe est de basane et de cuir, est rembourré de paille et de bourre, que l'ouvrier pousse avec force et tasse dans son intérieur. Il est ensuite replié de manière que les deux demi-cônes de ses extrémités viennent se toucher; on les fixe solidement ensemble et on achève, à l'aide de Yembouchoire, de leur donner la forme représentée par la figure 1 18.

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