‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 71 sur 103 · CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT

On a, du reste, en remplissant ce grand bourrelet, ménagé sur un point de sa longueur un pli qui, rembourré isolément, forme une espèce de baguette, et, quand le coussin a reçu sa forme, fait tout autour une saillie K, fig. 119, nommée verge. La rainure existant entre celte verge et le corps du collier est destinée à loger le bord de l'attelle et à lui fournir un point d'appui.

On nomme tête le sommet d, fig. 118; embouchure, l'espèce de voûte o qu'il surmonte; mamelles, les parties internes garnies de toile qui touchent plus ou moins l'animal ; panse, la partie extérieure FF.

Le corps du collier ne doit pas être trop volumineux, pour ne pas surcharger le cou de ranimai ; cependant, il doit offrir à l'appui de l'épaule une surface suffisante et d'autant plus large que celle-ci a plus d'ampleur et que l'effort est plus considérable. Les mamelles sont rembourrées avec des matières élastiques et douces. On a proposé de remplacer la bourre, le crin et la Fig. 118 paille dont le collier est rempli, par d'autres substances et même par de l'air (pour les harnais de luxe toutefois). M. de Marcellange avait préconisé un mélange de graine de lin et de suif. Ce mélange formait un coussin assez malléable, la graisse agissait favorablement sur la peau; mais le collier était lourd et exposé aux attaques des souris. On doit changer le rembourrage et la toile des mamelles lorsque le coussin s'encrasse et durcit: c'est ce qu'on appelle mettre des enfonçures.

Le point essentiel est que l'embouchure suit bien adaptée à l'encolure, ce qui exige de la part du bourrelier une certaine habileté, la forme des encolures variant à l'infini; le cheval hongre, la jument, demandent des embouchures différentes. Le collier est bien ajusté quand il pose bien sur l'épaule en laissant la pointe libre. On devra pouvoir passer la main entre la partie inférieure et le poitrail. Trop court, le collier peut blesser le cou et la base de l'encolure; trop long, il peut léser le garrot et la pointe des épaules, dont il gêne le mouvement; trop large, il vacille et froisse par le frottement les téguments; trop étroit, il serre l'encolure, y détermine des cors. Le collier peut devenir trop large ou trop étroit si l'animal engraisse ou maigrit; on débourre ou on rembourre les mamelles en conséquence. Il est du reste indispensable, pour le cultivateur, d'avoir un ou deux faux colliers, espèces de coussins aplatis qu'on place sous le collier môme.

Les colliers sont couverts d'une housse en cuir ou en peau de mouton garnie de sa laine ; ces dernières sont plus économiques, mais se chargent de beaucoup d'eau et échauffent le cheval. Les

charretiers soigneux ont pour le limonier des housses en cuir qui couvrent l'animal jusqu'à la croupe, et qu'on relève quand on veut sur le collier. En tous cas, la housse doit protéger le collier.

Les attelles sont en bois ou en fer; ces dernières sont affectées surtout au trait léger. Les attelles en bois sont à peu près exclusivement employées dans lé tirage ordinaire. Réduites à des dimensions convenables, comme dans le collier belge, fig. 120, elles sont légères et solides. Elles s'ajustent à demeure sur le collier au moyen : 1° de huit boutons, petites bandes de cuir clouées sur l'attelle, comme on le voit dans la figure 119, et 2° de nœuds dits de couplières, qui serrent les attelles sur le sommet et en bas (quand le collier n'est pas coupé). L'attelle en bois, plus fixe, offre plus de résistance dans l'attelage des chevaux par file, à la traction du cheval, sur les traits de celui qui le précède. Par sa saillie, qu'on garnit quelquefois de fer, elle résiste mieux au contact du limon,

elle contribue encore à écarter le trait du corps de l'animal. Sans doute on obtiendrait les mêmes avantages d'attelles en fer • bien combinées. La patte de l'attelle est la partie supérieure à laquelle on donne quelquefois des dimensions exagérées. A l'angle (ou mentonnière) de la patte A, fig. 120, se fixe un anneau dans lequel doivent passer les cordeaux ou guides.

Dans le collier belge, cette disposition n'existe pas ordinairement; les pattes sont très-étroites, et le cordeau se rattache aux rênes mêmes.

Le collier est, soit complètement fermé, soit coupé à sa partie inférieure E, fig. 120, et peut s'ouvrir en ce point pour laisser entrer le cou de l'animal ; cette dernière espèce est la plus générale. Dans le collier coupé, les attelles sont réunies en bas par deux croissants en fer portant à leur extrémité inférieure, l'une un piton, l'autre un œil qui s'engage dans ce piton; une goupille maintient celte position.

Les colliers coupés sont plus commodes pour le harnachement des chevaux de gros trait, hongres surtout, soit parce que ceux-ci ont une tête plus massive qui laisse plus difficilement passer le collier fermé, soit parce que le collier lui-même est plus lourd à manier. Cependant, le collier fermé conserve mieux sa forme et la rigidité de son assemblage; presque tous les colliers de trait léger à attelles en fer sont fermés. Le collier ouvert se disloque un peu par

Fiç. 119.

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