‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 72 sur 103 · CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT

l'usage et pince quelquefois le garrot. Plusieurs inventeurs ont cherché à remédier à cet inconvénient, soit en assemblant, comme M. Amiard, les attelles à charnières au sommet du collier, soit en donnant au corps du collier, comme MM. Kochefort et Hamet, une espèce de charpente formée de deux arçons de bois très-légers, rembourrés au point de contact des épaules de l'animal.

Le point d'attache des traits au collier se fait par l'intermédiaire, soit du crochet B, tig. 119, fixé à l'attelle à l'aide d'une patte et d'une cheville, soit par une anse de cuir ou de fer nommée billot. qui passe dans une mortaise, sort par devant et est arrêtée par une cheville de bois ou biquet, bb, fig. 120. Le billot de cuir a l'avantage de pouvoir être coupé facilement pour dégager le cheval qui s'abat en limon. Le collier, dans le tirage, doit être à peu près parallèle à la direction de l'épaule; on doit donc éviter de trop rembourrer à la partie supérieure. C'est surtout le point d'attache qui régularise la direction. Ce point ne devrait donc pas être unique. On a essayé de le faire varier, soit en allongeant la mortaise dans laquelle on peut élever ou abaisser la patte du crochet, soit en fixant sous l'attelle une chaîne dont les maillons, à un point plus ou moins élevé, reçoivent le crochet du trait.

La bricole qui se subslitue quelquefois au collier, surtout dans le tirage des voitures à quatre roues, consiste en une large bande de cuir nommée poitrail, sur laquelle en effet s'appuie cette partie dans le tirage. Le poitrail se prolonge quelquefois de manière à se réunir à l'avaloire, et forme ainsi une plate-longe au moyen de laquelle le cheval retient la voiture (comme dans la figure 126). Les traits sont fixés aux deux extrémités de la bricole par un grand boucleteau. La bricole est soutenue par une petite sellette et une double courroie qui borde la bricole. On y joint quelquefois une sous-ventrière. Les avantages de la bricole sont l'économie et la légèreté. On lui reproche de gêner dans le tirage le mouvement des épaules et de serrer la poitrine, de porter l'appui sur une région plus limitée et plus facile à léser, d'ôter, en conséquence, un peu de force à l'animal. Elle s'adapte difficilement, d'ailleurs^ au tirage à la charrette de plusieurs chevaux. On doit avoir, en tout cas, une bricole comme harnais de précaution, lorsque le cheval ne peut accidentellement porter le collier.

Harnais généraux de gouverne. — La bride est le principal harnais de gouverne. On y distingue la monture, dont on donne la figure plus loin, et le mors, fig. 121 et 122, qui varie beaucoup de forme, suivant les différents services auxquels on applique le cheval, et suivant même la sensibilité de l'animal ; la figure 121 représente un mors de cheval de selle, et la figure 122 un mors de cheval de trait léger. Le mors se compose des branches,

de V embouchure et de la gourmette. On remarque dans les branches, en allant da haut en bas, Y œil a, auquel s'attache le portemors, et la gourmette, soutenue d'un côte par un crochet, de l'autre par une esse.

Le point de jonction de l'embouchure aux branches se fait par

l'introduction de l'extrémité du canon d, nommé fonceau b, dans un trou pratiqué en ce point de la branche; une petite broche ou une rivure retient les fonceaux dans cette ouverture, appelé le banquet c; des bossettes recouvrent quelquefois le bout du fonceau.

Un anneau, appelé anneau du banquet, est ordinairement fixe en ce point pour recevoir Figr. 422. les rênes; la partie inférieure des branches porte un autre anneau f, auquel se fixent les guides quand on veut agir fortement sur les barres. Dans la figure 122, il est en h un peu au-dessous, et l'anneau inférieur reçoit les guides.

Vembouchure est toute la partie qui entre dans la bouche du cheval. Elle se compose du canon du mors, tantôt entier, tantôt brisé, quelquefois droit, mais généralement offrant dans son milieu une courbure nommée liberté de langue h, laissée pour que le canon n'appuie pas sur cet organe, mais sur les barres. La gourmette est une chaînette à maillons plats, destinée à assurer la pression du mors sur les barres et qui agit elle-même sur la barbe qu'elle embrasse. Les rênes, dans la bride de selle, s'attachent à l'anneau qui termine intérieurement les branches, fîg. 121 ; une chaînette / ou une petite traverse réunit quelquefois les branches en ce point.

L'action du canon sur les barres est modifiée par la conformation ou la sensibilité de cette région et celle même de la bouche ou des lèvres, et par l'attitude habituelle de l'encolure. Le mors doit porter sur les barres à un ou deux centimètres au-dessus des crochets. Aux barres élevées et tranchantes, on donne un canon droit un peu plus haut vers les fonceaux, pour diminuer légèrement l'appui sur les barres trop sensibles en le reportant sur les lèvres. Si les barres sont basses et le canal assez peu profond pour que la langue ne puisse s'y loger, on donnera un peu de liberté de langue au canon. Pour les barres charnues et peu sensibles, on prendra un peu d'obliquité à partir des fonceaux, afin d'appuyer sur l'angle des barres. À un cheval bas du devant à encolure droite et massive, à celui qui porte au venl, il faut un mors plus énergique, des branches plus longues inférieurement et plus portées en avant qu'au cheval à encolure souple, à Tavant-main relevée, surtout s'il a des dispositions à se cabrer. La bouche très-fendue veut plus de fer et une

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