‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 77 sur 103 · CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT

Chaque harnais devra avoir sa place, soit en dedans, soit au dehors de l'écurie, toujours suspendu en endroit sec, jamais à terre. Il £era bien que chaque pièce porte son numéro, correspondant à celui du cheval. On a souvent pour le limonier un autre collier servant au. labour. Les harnais seront visités par le charretier assez fréquemment; un examen général sera fait en outre les jours de repos. Les harnais seront toujours maintenus à l'état d'entretien; ils seront, chaque semaine, nettoyés à fond, graissés à l'huile de poisson ou de pied de bœuf. Le collier sera surtout l'objet de l'attention du charretier, qui doit le faire sécher, le gratter et en graisser la toile quand il est nécessaire, battre les coussins, le débourrer môme s'il le faut, faire ce qu'on nomme une fontaine visà-vis d'une partie blessée, etc.

On tiendra, pour les harnais, plus à la solidité et à la propreté qu'à certains ornements, tels que franges, bouffetles, etc., qui se salissent promplement. Les ornements de cuivre sont de meilleur goût, mais demandent plus d'entretien.

§ 3. — Du tirage.

Dans le tirage, le cheval agit par le poids de son corps et par la contraction musculaire. L'effet de la traction dù au poids peut être comparé à un levier coudé du premier genre, dans lequel le point d'appui est en a, tig. 127. La résistance est vers l'attache r, r 1 , r 11 , des traits à l'objet à déplacer; la puissance est la masse du cheval dont le poids passe par le centre de gravité p. Or, dans un levier, la puissance et la résistance augmentent ou diminuent comme leurs dUtances respectives au point d'appui, ou autrement leurs bras de leviers, dislances déterminées par le point où vient tomber une perpendiculaire menée du point d'appui à la ligne de tirage. Ainsi, dans h figure, les bras de levier de la puissance sont mesurés par pfc, pc, pd s ceux de la résistance par 6r", cr f , dr.

Ceci posé, on en déduit les conséquences suivantes :

i° Un cheval agit d'autant plus par sa masse, dans le tirage, qu'il a plus d'ampleur dans l'avant-main, et qu'il porte davantage celle-ci en avant, en allongeant l'encolure et l'épine dorsale. En effet, dans ce cas, le bras de levier pb s'allongera. Au contraire, si le cheval est mince d'avant-main, s'il relève l'encolure et reporte en arrière le centre de gravité p, il diminue d'autant ce levier. Un cheval très-court aura donc moins de puissance pour le tirage. Par la même raison, un homme a peu de force pour tirer à bricole, parce que la ligne abaissée du centre de gravité tombe trop près des pieds qui forment l'appui.

On prétend cependant que le cheval attelé de court a plus de

force. Ce principe est loin d'être absolu; il tient aux conditions particulières des véhicules. A la charrette, des traits longs font perdre la force; mais c'est surtout à cause de leur élasticité. 11 en serait autrement si on substituait aux cordes un corps non extensible. On conseille d'atteler court aux équipages; mais c'est surtout pour que les chevaux manœuvrent mieux le véhicule et soient plus sous la * main. Dans les charriots, au contraire, il y a souvent avantage à allonger les traits, afin de compenser la décomposition de force qui résulte de la différence entre la hauteur de l'essieu et celle de l'épaule du cheval.

2° Le cheval a plus de puissance quand il tire de plus haut. En effet, le levier de la résistance est diminué de longueur ; mais dans le tirage des véhicules, ce qu'on gagne par l'abaissement de la ligne de tirage se perd par le petit diamètre des roues ou la décomposition des forces. La direction la plus avantageuse du tirage

Fig. 127. Fig. m.

est celle qui se rapproche le plus du plan horizontal de l'essieu. Dans le tirage des véhicules, le cheval perd de sa force à mesure que la ligne de tirage s'élève au-dessus de l'horizontale. Si, en effet, les traits avaient la position de la ligne ar", le levier de la résistance pr" serait beaucoup augmenté. Ceci explique le désavan-. tage d'un cheval qui tire sur le sommet d'une roue ou qui abaisse la flèche d'un fardier. Il y a donc avantage à employer le cbeval de grande taille pour les charrettes à roues élevées.

Si le poids joue un rôle dans le tirage, l'effort musculaire a plus d'action encore sûr la locomotion. On peut comparer dans le tirage l'action d'ensemble du système locomoteur à un ressort en arc dont l'épine dorsale et les rayons des membres forment la base, et qui, sous l'influence de la force musculaire, se tend et se détend tour à tour. Ainsi, pour faire avancer son collier auquel est fixée la voiture, le cheval avance, par exemple, le membre postérieur a,

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