CHAPITRE II. — EXTÉRIEUR DU CHEVAL
dont les deux bords vont se rapprochant insensiblement vers la tête. L'encolure est dite fausse lorsqu'elle se joint mal au corps et paraît plus volumineuse vers la tête.
Au bord supérieur de l'encolure existe la crinière, 18; elle est fine et souple dans les chevaux lins; elle est très-fournie et parfois crépue dans les étalons de gros trait, et la peau où elle s'implante offre accidentellement, chez les chevaux entiers surtout, des traces de gale ou rouvienx. La crinière tombe ordinairement d'un côté : alors elle est simple ; elle est double dans le cas contraire. On taille en brosse celle des poneys.
La partie inférieure de l'encolure doit être un peu large, pour offrir un espace suffisant au conduit de Pair (la trachée) et à celui des aliments (l'œsophage) qu'elle doit loger, ainsi que des veines et des artères. Les veines jugulaires sont placées dans le sillon qu'on remarque vers le n° 19; on doit rechercher si cette partie n'offre pas des traces de saignées nombreuses, de sétons, et accidentellement d'ouverture de la trachée, par suite d'une opération qui se pratique dans les cas d'angine.
§ 6. — Tronc.
Le garrot, 1, fig. 19, a pour base les épines élevées des vertèbres dorsales; il doit être sec, relevé et jeté un peu en arrière; la hauteur du garrot favorise l'action des muscles, de l'encolure, du dos et de l'épaule, qui s'y attachent; elle détermine la longueur et l'obliquité de l'épaule, conditions avantageuses à ses mouvements; elle retient la selle et les harnais. Le garrot sec indique une constitution plus résistante. Un garrot bas, empâté, est plus exposé aux blessures; il n'offre pas de point d'appui aux harnais; il fait paraître l'animal bas du devant.
Le dos, 2, a pour base les vertèbres dorsales et les muscles, particulièrement le long dorsal, logés des deux côtés de ces vertèbres. Il doit être assez élevé et assez large pour offrir une place suffisante au développement des muscles ; il présente ordinairement une légère courbure; quelquefois, cependant, il est droit. Si la courbure est prononcée et concave, le cheval est dit ensellé, disposition qui ôte de la force à l'épine dorsale pour soutenir les viscères et les fardeaux dont on peut charger l'animal; cet inconvénient devient d'autant plus grave que le dos est plus long. Quand la courbure est inverse, le dos prend le nom de dos de carpe, don de mulet; disposition qui peut, comme une voûte, donner plus de force à la tige vertébrale, mais lui enlève de sa souplesse et détermine des réactions dures pour le cavalier.
Les reins, 3, ont pour base les vertèbres lombaires et les muscles déjà indiqués. Ils couvrent la région lombaire ; ils participent des qualités ou des défauts du dos qu'ils continuent, et doivent se réunir à la croupe par un passage insensible, être larges, musclés et courts. La brièveté du dos et des reins rend plus directe la transmission des mouvements des muscles et donne plus de solidité à la colonne vertébrale; la brièveté est cependant moins essentielle pour le trait que pour la selle. Dans les chevaux de trait, les muscles saillants de chaque côté laissent entre eux un sillon qui fait donner à cette parlie le nom de reins doubles; c'est un signe de force.
La flexion des reins, provoquée par le pincement de l'épine lombaire à son point de jonction au dos, en dénote la souplesse et indique l'état de santé de l'animal.
Fiff. 19.
Les reins peuvent être le siège de blessures difficiles à guérir, résultant de l'application peu intelligente des harnais. Ces plaies, auxquelles on a donné le nom fort impropre de mal des rognons, sont cependant moins graves que les efforts de reins, dont la guérison ne peut souvent être obtenue que par l'application du feu.
La croupe, 6, limitée par une courbe qui passe par les hanches, l'origine de la queue et des reins, a pour base les hanches et la charpente osseuse du bassin; elle est le point d'appui de muscles très-forts et le siège des agents les plus puissants de la locomotion. La croupe est dite droile, fig. 20, quand la ligne par laquelle elle relie les reins à la queue est horizontale; avalée, fig. 21, quand cette ligne est inclinée ; tranchante, quand cette ligne médiane est saillante, fig. 21 ; double, si celte ligne est dominée de chaque côté