‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 80 sur 103 · CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT

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courbes à gauche ou à droite, la voiture gagne seulement un peu de terrain dans ces directions.

Les conversions se font tantôt à roues mobiles, tantôt avec une roue fixe. Dans le premier cas, représenté par la figure 130, les limons sont en a si on fait tourner le cheval à droite, par exemple, les roues tournent en décrivant un cercle dont le centre passerait par le milieu de l'essieu, comme l'indique le cercle ponctué de la figure. La demi-conversion achevée, la roue droite arrivée en c a remplacé l'autre, cf les limons sont en b. C'est ce qu'on appelle le bout pour bout. Dans la conversion à roue fixe, on immobilise une roue, qui devient en quelque sorte l'axe sur lequel pivote le véhicule; si on immobilise la roue c, par exemple, et qu'on fasse une demi-conversion, les limons a, fig. 1 30, arriveront en d, fig. 1 32, dans une direction opposée, mais la voiture ne sera plus tournée bout pour bout, elle aura avancé à gauche de sa largeur. Si on achevait la conversion toujours à droite en immobilisant la roue gauche, la voiture se trouverait à côté de la place où elle était d'abord ; si, au contraire, on im- fl mobilisait la roue droite, la char- J rette arriverait également, à la £ fin de la conversion, à la môme direction parallèlement, mais à deux longueurs plus loin.

La figure 131 fournit l'exemple d'un quart de conversion à roue fixe employé souvent pour verser le contenu des tombereaux dans des fosses. Le tombereau étant approché parallèlement à la fosse a, on fait un quart de conversion à gauche, le tombereau pivote sur la roue d, et le derrière du tombereau se trouve ramené en c.

C'est surtout en calant avec intelligence les roues qu'on exécute les conversions avec plus de succès. On a inventé quelques appareils à l'aide desquels on peut enrayer une roue à volonté; tel est Varcanseur-frein de M. Blatin, mécanisme qui facilite ces opérations.

Les tournées diffèrent des conversions en ce qu'elles ne s'exécutent pas ordinairement par le pivotement des roues, mais par la progression de la charrette sur une courbe d'un rayon plus ou moins court. Les tournées s'exécutent toutes les fois qu'on est gêné par quelque obstacle, ou quand les conversions auraient l'inconvénient de creuser et détériorer le sol par l'action du pivotement de

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la roue. Quand les tournées ont lieu dans les rues des villes, on doit gagner du terrain du côté opposé à la rue qu'on doit prendre, afin de juger si elle est libre et d'é>iter la rencontre d'autres véhicules.

Le reculer est, comme on l'a dit, Tune des opérations les plus pénibles à exécuter pour le limonier; on n'y aura recours qu'en ces de nécessité et pour un trajet peu étendu. On déterminera le cheval à reculer en le touchant légèrement sur les jambes de devant pour les lui faire déplacer. On se gardera de lui donner des coups sur la tête, comme le font quelques charretiers brutaux. On aidera au reculement en agissant sur une roue l'une après l'autre, en calant celle qui doit servir de point d'appui; on attellera par derrière un autre cheval, s'il est possible. Les conversions exécutées avec intelligence remplaceront souvent le reculer.

Les passages di/ficiles, tels que les sols mouvants, les terrains à ornières profondes, les voies étroites ou tortueuses, demandent de la part du conducteur autant de précaulion que d'adresse. On passera rapidement sur les terrains peu solides. Pour charroyer sur les terrains humides, tourbeux, on choisira les moments favorables : la sécheresse, la gelée; on modérera le chargement; si on ne peut tirer à quartier pour éviier une ornière profonde, on activera l'attelage pour la franchir brusquement. Lorsqu'on est engagé dans l'ornière, on appréciera de suite la difficulté pour y appliquer un effort instantané, immédiat et suffisant, sans épuiser l'attelage en tiraillements qui ne font qu'enfoncer la roue. Tantôt on dégagera celle-ci en avant ou sur le côté, on lui fera un plan incliné, on tirera vivement à quartier ou on fera tirer en arrière; tantôt ou attellera au sommet de la roue; même, quelquefois, on allégera le véhicule d'une partie de sa charge; le calement intelligent des roues aide puissamment dans ces circonstances. Parfois on attache la voiture embourbée au derrière d'une autre sur laquelle on attelle; les roues de ce second véhicule font l'effet d'un levier.

Le déchargement de la charrette exige plus de précautions que celui du charriol; il est cependant facilite par le basculement de la cage, qui permet de la transformer en un plan incliné sur lequel glisse la charge, procédé particulièrement appliqué au tombereau (V. Mécanique agricole).

Du charriot. — Le chargement du charriot doit porter plus particulièrement sur les essieux, en chargeant davantage, du reste, l'essieu de derrière; quelquefois, Pavant-train ne porte même pas de charge et est destiné à soulager le limonier.

Le ménage de ce véhicule est un peu différent, suivant que le charriot est à limon ou à brancard, et suivant que ses roues tournent ou ne tournent pas sous la cage. Le charriot à limonière com-

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