CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT. U
porte rarement plus de deux chevaux qu'on met de file, le second attelé aux extrémités de la limonière. Le ménage ressemble d'ailleurs à celui de la charrette. Le ménage du charriot à timon demande plus d'habileté : les chevaux sont attelés, soit traits sur traits, soit comme dans l'Est et en Allemagne, sur des volées attachées à une chaîne qui va se fixer à Fextrémité du timon. Le premier mode entraine une décomposition de force ; le second place le tirage dans une ligne plus régulière, mais il allonge beaucoup l'attelage et embarrasse le tirage du poids des volées qui traînent à terre quand les chevaux ne tirent pas.
La inarche directe au pas ne présente pas de difficultés. Nous passons donc aux conversions, aux tournées et au reculer. Lorsque les roues de l'avant-train tournent complètement sous la cage, le charriot peut, comme la charrette, exécuter des demi-conversions à roues mobiles ou à roues fixes, et tourner bout pour bout. Pour la conversion à roues mobiles, le conducteur place son timon à angle droit avec la flèche et la cage, les roues de derrière tournant sur un cercle dont Taxe passe par le milieu de l'essieu, et les roues de devant font elles-mêmes deux cercles concentriques à celui-ci. Lorsque la demi-conversion est achevée, on redresse le timon, et le bout pour bout est terminé; on ferait de même un quart de conversion ou une conversion entière. Si on veut faire une demi-conversion à roue immobilisée, la roue de derrière gauche peut tourner à droite, et vice versû. Lorsque la demi-conversion est faite, la cage du charriot a pris toute sa largeur à droite ou à gauche, suivant le côté où la conversion est exécutée, comme avec la charrette.
Mais lorsque l'avant-train ne tourne pas sous le charriot, la conversion sur place est impossible; il faut, pour tourner, décrire un cercle d'autant plus grand que le mouvement de pivotement de l'avant-train est plus limité, ou autrement que l'angle du limon avec la flèche est plus ouvert. Ce cercle sera également d'autant plus grand que la voiture sera plus longue et les essieux plus écartés.
Un charriot mesurant 2™50 catre les deux essieux et dont l'essieu forme, quand le timon est complètement braqué, un angle de 45° avec l'axe de la voiture, sa conversion se fera sur un cercle de quatre mètres de rayon environ, et quand la demi-conversion sera opérée, le charriot qui était en a, fig. iî*3, se trouvera en b parallèle^ ment, mais environ à deux largeurs plus loin. Si au lieu d'un angle de 45°, l'essieu de la roue de l'avant-lrain ne pouvait former qu'un angle de 30°, le rayon du cercle serait d'environ 6 mèlres. De là de grandes difficultés pour tourner dans des espaces resserrés. On doit avoir recours, en ce cas, aux retraites : on nomme ainsi des
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manœuvres par lesquelles, soit en reculant, soit en avançant et en tournant l'avanl-train plus ou moins obliquement à Taxe de la voiture, on fait exécuter aux roues des courbes ou des obliques pour prendre du terrain à droite ou à gauche. Soit, par exemple, le charriot a, lig. 134, qu'on veuille placer en d : on braque le timon à gauche pour faire tourner le véhicule à gauche, puis, arrivé en b, on braque à droite pour faire tourner à droite (toujours du côté où on veut tourner) ; arrivé en c, on redresse le timon et on va droit sur lé point d. On aurait pu également avancer et reculer ensuite.
On veut remiser le même charriot sous un hangar dont l'ouverture est en e, il suffira de continuer la courbe commencée ; cependant, le derrière du charriot arrivant en e\, on redressera le véhicule et on reculera en ligne droite. C'est surtout par la démonstration sur le terrain qu'on arrivera à résoudre toutes les difficultés. Des cochers exécutent quelquefois avec assez d'habileté la manœuvre de la voiture à quatre roues pour tracer sur le sol des cercles, des ellipses, des chiffres, un 8 ou un 6, etc.
Équipages à diligence. — Position du conducteur, — 11 doit être assis droit sur un siège assez élevé par un coussin, les geuoux rapprochés, les jambes étendues, les pieds appuyés, le haut du corps soutenu saris être renversé, les coudes tombant près du corps, le poignet gauche à la hauteur du coude. Quelquefois, le cocher se pose un peu obliquement, l'épaule gauche en arrière, la main droite à peine avancée, les bras légèrement arrondis; mais la première position est plus normale. Il y a deux ménages : l'un à la française, dans lequel le pouce est fermé et le petit doigt placé entre les rênes, et le ménage à l'anglaise, que nous allons décrire
Fig. 133.
Fig. 134.