‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 82 sur 103 · CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE HUIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE HUIT

avec plus de détails, parce qu'il est aujourd'hui plus généralement adopté.

« Dans le ménage à l'anglaise, dit M. de Montigny dans son Traité du dressage, les guides se tiennent de la main gauche, fîg. 135 ; l'excédant sort du bas de celte main dans laquelle elles sont séparées par deux doigts, de sorte que-la guide gauche e>t posée sur l'index et la guide droite sur l'annulaire; le pouce et l'index ne doivent êlre que très- peu fermés : ce sont les trois autres doigts qui assurent les guides dans la main. Pour arrêter les chevaux, il suffit, en principe, d'assurer la main, c'est-à-dire de fermer les doigts et de contracter progressivement le poignet; on ne doit, par conséquent, ni tirer sur les guides, ni porter le coude en arrière, pas plus qu'il ne faut porter les mains en avant pour rendre à ses chevaux. La main droite tient le fouet ou reste libre à portée de le prendre et toujours prête à ajuster les guides quand il en sera besoin. 11 sera bien toutefois de savoir conduire des deux mains. »

Pour tourner les chevaux, ou seulement prendre du terrain à droite ou à gauche, on marque un demi-lemps d'arrêt pour les prévenir, on serre la guide du côté de l'inclinaison et on laisse un peu couler l'autre. Dans ce système, une guide devient plus longue que l'autre, et toutes les deux doivent être immédiatement réajustées, ce qui se fait en saisissant les guides de la main droite derrière la gauche, comme l'indique la figure 136, et les tirant inégalement, de manière à ramener seulement à son point la guide allongée. Quelquefois, on s*e contente de saisir avec les deux premiers doigts de la main droite la guide qui s'est allongée et de la ramener à son point dans la main gauche ; si les guides sont un peu courtes, la main gauche en laisse couler la longueur suffisante pour qu'elles soient dans leur position normale.

Le ménage à deux mains a lieu toutes les fois qu'on a quelque chose de plus difficile à exiger du cheval, ou qu'on veut apporter plus de force pour l'arrêt, Dans çe système, les guides étant tenues

Fiç. 135.

Fiç. 136.

de la main gauche, toujours comme il a été indiqué plus haut, la main droite, rapprochée de la gauche, mais un peu plus bas, saisit la guide droite, et, sans la séparer de l'autre, la fait couler uu peu pour qu'elle agisse librement. L'action pour l'arrêt ou la conversion s'opère des deux mains : si le cocher veut arrêter, il résiste également des deux mains, en soutenant le haut du corps; s'il veut obliquer à droite ou à gauche, il fait primer l'effet d'une guide sur l'autre en mollissant ou en contractant les poignets, suivant que le besoin s'en fait sentir.

Pour la marche circulaire à droite, le conducteur, ayant ajusté les guides et rassemblé les chevaux, commence, à l'aide d'une légère tension de la guide droite, par gagner un peu de terrain à droite, afin de faciliter le tournant à gauche, puis, par une légère tension de la guide gauche, il détermine l'attelage dans cette direction. Les chevaux étant bien ployés dans la courbe du cercle qu'ils doivent parcourir, le conducteur les soutient modérément de la guide droite pour amener la marche circulaire, sans permettre à l'attelage d'élargir ou de rétrécir le cercle. La marche circulaire à droite se fera de la même manière, en sens inverse.

Le ménage à quatre chevaux et plus peut avoir lieu avec un conducteur et un postillon; d'après les règlements, il doit avoir lieu avec un postillon toutes les fois que l'attelage est de six chevaux. Le ménage avec postillon est analogue à celui dont nous venons de parler. Le cocher a surtout à maintenir son limon sur la ligne, conserver à ses chevaux une allure régulière, les arrêter ou les faire partir d'accord avec le postillon, de manière toutefois que l'arrêt des chevaux de timon ait lieu un peu avant celui des chevaux de volée, et qu'au contraire ceux-ci soient, dans le départ, précédés de l'effort des chevaux de timon.

Les chevaux de l'attelage à quatre ou six doivent réunir des conditions particulières et être parfaitement dressés. Les chevaux de timon seront plus corsés et plus forts, d'un tempérament calme et froid, aptes à bien retenir le véhicule; les chevaux de volée seront plus vifs, plus ardents, sans cependant être difficiles ou ombrageux, ne ruant jamais au contact des traits ou du timon. Les chevaux de timon seront attelés courts; il en sera différemment des chevaux de volée. Les timoniers peuvent, sans inconvénient, être un peu écartés, et les chaînes d'alliance tenues un peu longues; les chevaux de volée seront plus rapprochés.

Dans le ménage à l'anglaise à quatre, les guides sont placées sur les quatre doigts de la main gauche , lig. 137 : 1° guide gauche de volée, sur Y index; 2« guide gauche de limon, sur le médium ou second doigt: 3° guide droite de volée, sur V annulaire; 4° guide droite de timon, sur le petit doigt. Les trois der^

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