CHAPITRE VI. — COMMERCE DES CHEVAUX
carôme et en novembre, à Sain te-A Afrique en février, mars, mai, novembre, on mène quelques chevaux bretons, poitevins, auvergnats, et on exporte pour l'Hérault, le Languedoc, la Haute-Garonne.
Les foires de Mende (Lozère), en avril et en novembre, reçoivent quelques poulains et chevaux de TAveyron, du Poitou, de la Haute- Loire; ces foires sont fréquentées par les marchands de l'Hérault, du Gard, des Bouches-du-Rhône; les transactions sur le mulet ont plus d'importance dans ces contrées. Le commerce des chevaux se fait dans le sud-est presque exclusivement par des marchands, les foires y sont rares; les principales sont celles d'Aix, le 9 février, à la Fête-Dieu, et le 4 décembre; celles d'Arles, les 3 et 20 mai; mais c'est à Marseille, le 31 d'août, qu'il se présente le plus de chevaux, la plupart de luxe. En remontant la région du sud-est par le Var, Vaucluse, les Hautes et Basses-Alpes, on trouve le commerce des chevaux fort peu développé ; il s'alimente presque exclusivement d'importations faites du Poitou, de la Comté, de la Suisse, par les marchands. Les transactions ne commencent à prendre un peu d'importance qu'en approchant de la région dont Lyon est eu quelque sorte le centre et le principal foyer de consommation; l'Isère, dont nous citerons seulement les foires de la Tour-du-Pin, élève peu et emprunte de l'Auvergne et au département de l'Ain. Les foires à chevaux, importantes dans l'Ain, sont : arrondissement de Bourg, Lent, 1er mars, 23 avril, 6 juin et 18 octobre; Saint- Laurent-les-Màcon, les 20 mai et 10 août; Pont-de-Vaux, les 22 janvier, A octobre et 13 décembre, et les derniers mercredis du mois; arrondissement de Trévoux : Ambérieux, en décembre, en mars, mai, juin, août, septembre et novembre, etc.; Chalamont et Mont-Merle; arrondissement de Belley : Ceysérieu et Nanlua, le 29 août. Les foires du Charollais versent également leurs produits en partie vers Lyon; telles sont celles de Chàlons-sur-Saône, Cugny, Màcon, Autun. Le Charollais et la Nièvre, que nous avons vus se rattacher d'un côté au commerce du centre et de l'ouest, participent également à celui de l'est; les centres de transaction sont Clainecy, Corbigny, Chàteau-Chinon, Chàtillon en Bazois, Monlignysous-Corme, Saint-Severien, Decize, Nevers, et Moulins dans l'Allier.
En remontant dans le Doubs, le Jura, la Haute-Saône, le commerce chevalin s'étend; des foires assez nombreuses versent les produits de la montagne dans le bassin de la Saône, sur le plateau qui la domine, et jusque dans la Champagne et la Bourgogne. Aux foires du Doubs : Besançon, Pontarlicr, Maiche, Russey, Biaumé, Verceil, Montbéliard et Montron, il se vend des poulains depuis six jusqu'à dix-huit mois. Dans le Jura, on peut citer les foires d'Orge-
let, de Dôle, Champagncule, Nozerot; celles de Lons-le-Saulnier, en février, septembre et oclobre, où le Lyonnais s'approvisionne de forts chevaux de trait; et dans la Haute-Saône, celles de Gray, Jussey, Gy et Lure. Dans la Côte-d'Or, beaucoup de petites foires : Saint Jean-de-Losne, Vitteaux, Selongey, etc., où paraissent de 400 à 400 chevaux.
Le commerce des chevaux en Alsace est complètement dans les mains des juifs. Aussi, peu de foires à signaler ; les marchands israéliles font des affaires importantes avec la Suisse à Test, et avec la Prusse au nord de la vallée du Rhin. Leur part d'influence est également très-grande dans les transactions qui se font en Lorraine; cependant, elle s'amoindrit dans la Meuse, les Vosges et une partie de la Meurthe. Melz, Sarre-Union, Toul, Lunéville, Épinal, Neufchàtcau, Mirecourt, Verdun le 26 mai, et Bar le-Duc, ont des foires d'une certaine importance fréquentées par des marchands de la Champagne, de la Bourgogne, de l'Auvergne et du Dauphiné; les mêmes marchands vont encore aux foires de la Haute-Marne, Montigny, Nogent, Bourmont, Chaumont ; mais ils y trouvent la concurrence des marchands de la Brie.
Les Ardennes se relient, comme tout l'ouest de la Lorraine, au commerce de la Champagne et de la Bourgogne. Il se fait, au moyen des marchands qui exploitent ces contrées, des échanges nombreux entre les Ardennes, la Marne et l'Aube, entre l'Yonne et Seine-et-Marne. L'Aisne, l'Oise, Seine-et-Oise, participent également à cet ensemble de transactions, dont il est difficile de démêler les limites. Les foires à chevaux sont assez multipliées sur tous ces points, mais il y en a peu de saillantes par le nombre. On pourrait indiquer dans les Ardennes : les foires de Vouziers, le 3 septembre ; Rethel, le 6 ; de Carignan, le quatrième lundi de carême; Auvilliersles-Forges, près Rocroi, le 25 août; et Charleville, les 22 juillet et 28 août. Beaucoup d'animaux belges, achetés aux foires de Namur et de Givet, font une pose dans les Ardennes, et mêlés aux produits de ce département s'écoulent dans la Marne, le Nord, l'Aisne, etc. En nous rapprochant du bassin de Paris, les foires prennent un autre caractère; ce sont des chevaux faits qui paraissent surtout sur les foires de Montcornet, Soissons (Aisne); de Sens (Yonne), de Montereau, Meaux, Bray-sur-Seine, le 14 février, de Montety (Seineet-Marne); de Crépy, le 17 février, Montdidier, Roye (Oise). Ces foires tiennent du reste au bassin de Paris, grand centre de consommation chevaline, où se fait, par l'intermédiaire de nombreux marchands ou commissionnaires, un immense commerce, dont le marché aux chevaux, malgré ses 1,000 à 1,500 animaux qui y paraissent chaque semaine, n'est qu'un faible relîet,