‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 99 sur 103 · CHAPITRE II. — MULET · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — MULET

est grosse, courte; les oreilles longues, moins cependant que celles de l'àne ; les naseaux peu ouverts, l'encolure assez mince, droite, quelquefois rouée ; le garrot un peu bas, le poitrail proportionnellement étroit, les côtes plus plates et le dos plus tranchant que le cheval, et parfois convexe; la croupe, plus large dans la mule, est un peu étroite et avalée dans le mulet ; la queue est garnie de crins, mais peu fournie ; les membres sont fortement établis, secs et tendineux, mais l'avant-bras un peu grêle, les canons longs; les articulations sont larges; le pied, comme celui de l'àne, est un peu étroit. Le pelage du mulet est très-varié ; on en trouve de gris, de bai, d'isabelle, avec ou sans raie cruciale, mais la couleur dominante est marron foncé. Le mulet participe des qualités et des défauts de l'àne ; il est robuste, sobre, dur à la fatigue, mais souvent peu docile, entêté et vindicatif. Plus alerte et plus fort que l'àne, il est appelé à rendre plus de services; sa voix, qu'il fait rarement entendre, est sourde et se rapproche un peu du hennissement du cheval. Le mulet est infécond, quoiqu'il manifeste souvent des désirs ; ces ardeurs le rendent môme rétif et dangereux et nécessitent la castration. La mule est moins forte et dure moins longtemps que le mulet, mais elle est plus douce et plus docile; ses formes sont généralement plus développées, plus rondes et plus gracieuses ; ces qualités lui assurent une valeur plus élevée d'un tiers environ sur les marchés. La mule est également inféconde; cependant, on cite des cas, extrêmement rares il est vrai, de production par des mules. La taille du mulet est plus ou moins élevée, suivant les contrées. L'arrondissement de Melle produit les plus beaux, sous le nom de mulets du Poitou. Le Midi et une partie de l'Auvergne se livrent également à l'élève du mulet; mais les produits sont beaucoup moins étoffés, ce qui tient évidemment à deux causes : l'emploi de reproducteurs généralement plus petits, et le régime moins abondant des élèves et des reproducteurs eux-mêmes. La taille diminue déjà dans la Vienne, les Charentes, la Gascogne; mais les animaux des contrées plus arides du sud-est et du sud-ouest sont peut-être plus sobres, plus rustiques. Les départements où les mulets sont en plus grand nombre que les chevaux sont tous ceux du sud-est : le Gard, le Var, le Vaucluse, les Hautes et Basses-Alpes, l'Ardèche, la Drôme; il faut y joindre l'Hérault; l'espèce est encore très-répandue dans les Pyrénées, le Tarn, la Dordôgne.

Les beautés de conformation du mulet sont en général celles déjà indiquées pour le cheval : une tête pas trop lourde et portée haute, une encolure pyramidale même un peu rouée, suffisamment garnie de crinière; le garrot un peu sorti, le dos pas trop voussé ni trop tranchant, bien garni de masses musculaires ainsi que les reins et la croupe; un poitrail relativemeut large, des côtes arrondies, des

cuisses et des épaules musculeuses, des jarrets larges ainsi que les articulations, les canons forts. On aime chez les jeunes animaux de longs poils à la partie inférieure du corps; les Espagnols préfèrent* les mules plus étoffées ; les animaux plus légers sont achetés par le Languedoc.

Page 1