‹ Le chevalier Beau-TempsChapitre 10 sur 18 · I,E (.HE\ AI.IK II HKAL'-TEMPS · texte numérisé non relu

I,E (.HE\ AI.IK II HKAL'-TEMPS

peu le cortège. Le rouge et le noir font admirablement.

Derrière la voiture, mon corps, dansant à perdre

haleine, \ide de cœur, vide de cervelle. Où coucliera-t-il ce soir? La Morgue et Charenton font sa couverture. Ne vous disputez pas, de grâce ; expliquez-

5i LE CHEVALIEli MEAI -TEMI'S

VOUS en gens comme il faut. Vous l'aurez l'un après l'autre. Ilope-là... un peu de musique, que ce corps saute en cadence!

Eosuite défilent les garçons de Bignon, ceuv de Voisin, ceux de Foyot, leur serviette sous le bras. La fille de l'hôtel de Ville-d'Avray pleure à fendre en deux le mont Cenis et l'isthme de Suez. Joséphine marche après, tenant Don Carlos en laisse. Puis, pour fermer la marche, les voitures de minuit et l'omnibus de Ville-d'Avray.

Qui donc a loué la fenêtre d'où tu regardes le défilé? Qui donc est au balcon, à ton côté?

Sur le parcours du cortège, là oîi les gens n'ont pas trouvé de larmes, les citoses ont pleuré. Les acacias de Nanterre ont retrouvé des fleurs et les ont secouées sur la bière. Les buissons du bois de Meudou ont retrouvé des parfums printaniers et les ont lancés dans l'air. Le soleil a rallumé ses rayons et le plus beau d'entre eux ne quitte pas le cercueil.

Adieu la chambre blanche, adieu le pain noisette,

LE CIIKNAI.IKK lU: \ l - TKM l'S

le coussin à terre près du divan! x\dieu les gares, les wagons; adieu les bouquets glanés ensemble, le poulet à la diable et le beurre de Montpellier ; adieu les rendez-vous furtifs, les billets au crayoa écrits en chemin de fer ; adieu toutes les bonnes choses sincères et loyales qui ont illuminé ces mois passés ! A d'autres !

Yoici l'automne, les amours poitrinaires tombent avec les feuilles sèches.

A qui le tour ?

Olivier.

LE CHEVAI.II:R HI:M -TEMl'S

Cher aimé,

Prends , demain dimanche , le train de onze heures ; la porte du jardin sera ouverte. Tu arriveras à la maison à une heure moins un quart, et je te verrai jusqu'à trois heures moins un quart. Je serai bien heureuse de te revoir un moment. Comme ta chère lettre m'a rendue triste !

Si tu n'es pas allé au\ Trois-Quartiers, voilà un

morceau. Je serai bien contente si tu me trouves

la même chose.

A toi,

Marcelle.

Réponse au porteur, longue réponse.

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