‹ Le chevalier Beau-TempsChapitre 14 sur 18 · I.K Cil i:VM. 11:1; liF.M-TKMl'S SI · texte numérisé non relu

I.K Cil i:VM. 11:1; liF.M-TKMl'S SI

de moi, ni de notre amour. Je l'accepte parce que je suis un fou , un lâche ; pourvu que tu me permettes de passer quelques instants dans ton ombre, fût-ce pour y pleurer, je te bénis. Douce aimée, rassure-toi, et ne prends pas plaisir à me faire souffrir.

Sais-tu que ta as été abominablement mauvaise ce matin ? Ta méchanceté t'a fait trouver des phrases indignes de toi ; celle-ci, entre autres : « Penses-tu que je jouerais la comédie pour te faire croire que je t'aime ? Quand je joue la comédie, on me paye, et tu ne me payes pas. )) Et tu n'étais pas colère en disant cela, non; tu répondais à une phrase tout affectueuse. Ce qui m'a épouvanté aujourd'hui, c'est que tu n'as pas eu un seul instant de mauvaise humeur.

Tu t'es mise à ta toilette. A chaque progrès que tu faisais, ton œil brillait davantage. « Je deviens coquette, » m'as-tu dit. Que tu prennes du goût pour toi, ce nest pas ce qui peut me surprendre; mais ce que j'ai moins bien compris.

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c'est que tu aies ajouté : « Je veux que tout le monde trouve jolie celle que tu préfères et le lui dise. » Encore si j'assistais à ce concert d'éloges! ^- Combien je vous aime mieux, chères robes qui , avez traîné vos plis sur les mousses vertes , chapeaux ôtés dans les xvagons , costumes simples qui ne disiez rien du passé! Yoilà les toilettes que je réclame quand tu viendras avec moi. Souris devant ton miroir, mignonne, fais-les damner, ceux que tu rencontreras; mais n'oublie pas que c'est un jeu bien dangereux... pour moi, et prends pitié de ton pauvre caniche, s'il a peur quelquefois.

Non, certes, je n'ai pas été moi. Je suivais cette transformation qui s'opérait sous mes yeux ; j'étais tout entier à ce spectacle ; et puis , comment embrasser une tête si bien coiffée? comment baiser ces lèvres pleines de méchancetés ? comment caresser ces mains aux ongles tranchants? Non, je n'étais pas le moi d'autrefois.

Le ciel est d'un bleu désespérant.

Olivier.

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