I.K CHKVAl.IKH IJEAl-TKMI'S Slj
Que tu as été belle hier pendant cette répétition générale, et que j'étais malheureux de ne pouvoir pas te le dire ! On a dû tant le répéter I La même seconde me voyait heureux, malheureux, et d'autant plus fou que je tenais à paraître indifférent. Que sera-ce demain?
Pendant tes scènes avec Lorely, je fermais les yeux. En écoutant ta chère voix, mille précieux souvenirs s'éveillaient en moi. Il me semblait que tu me parlais comme aux beaux jours, et mes mains se glaçaient ; et si l'on m'avait
8i LE CHEVALIKU 15 E Al -TEMPS
adressé la parole, il m'eût été impossible de répondre, de bouger; tout mon être était paralysé. Puis j'ouvrais les yeux, et, te voyant dans les bras de Lorcly, je me sentais frappé au cœur et' au cerveau. Quelle étrange soirée! Ai-je souffert? étais-je heureux? Je n'en sais rien; mais je suis rentré brisé.
Tu es belle à miracle , chère grande artiste. Se peut-il que celte merveille m'ait aimé !
Toi, vois-tu, Marcelle, tu vous affoles. Les autres femmes , on les aime ; mais ce n'est pas assez d'aimer pour te rendre ce qui t'est dû. Quand je te vois, mon sang bout dans mes veines, un nuage passe devant mes yeux. Tout mon être aspire tellement au tien , que tout se fait sensible en moi. Mes cheveux ont des frissons , mes ongles vivent, je les sens trembler au bout de mes doigts (jui te cherchent...
A quoi bon tout cela? Est-ce l'heure de chanter matines quand a sonné le couvre-Cou? Tu n'es phis à moi.
l.K CIIKVAIJKU IJIvVl -TKMI'S
Ai-jo l'té sage toute cette semaine! T'ai-je gênée? M'as-tii vu sur ton chemin? iNon, n'est-ce pas? Eh Ijien, n'est-il pas l)on de se dire :
f. Il y a de par le monde un brave garçon qui me chérit follement, qui pense à moi à toute heure, qu'il veille ou dorme? Si je veux savoir qu'on m'aime, je n'ai qu'un signe à faire, on me le prouvera à n'en pouvoir douter; si je veux oublier, on rentrera dans l'ombre, attendant mon prochain caprice » ^[ais que je suis fou! n'y a-t-il pas
8G I.K (;ili:V AI.IKIl BK.vr-TK.Ml'S
d'autres cœurs qui battent la chamade en même temps que le mien? Quel roulement on entendrait si tous ces cœurs réunis battaient en même temps! Tu n'as qu'à choisir dans ton troupeau.
N'oublie pas le passé , tu me l'as promis ; il a été si beau ! Combien l'avenir peut être splendide à son tour, si tu m'aimes encore! Ma foi, tiens, franchement, je te le souhaite, car j'ai appris à t'aimer, et quand tu m'ouvriras tes bras, ce n'est pas à tâtons que je m'y jetterai.
Adresse-moi de loin en loin une bonne parole, un bon regard, ce sera une cliélrité bien placée.
Continue, maîtresse sublime, à te faire applaudir jusqu'au jour où tu pourras te faire aimer.
Olivier.
LL Clli:V\Lli:il UL.VL -TKMPS 87
20 octobre.
Cher souvenir,
Bien des fois nous avons formé ce beau projet d'aller voir la neige à Enghien.
Lors de notre dernier déjeuner, vous avez dit : Louise : « Vous nous reverrez avec la première neige. »
I^a première neige est là, le ciel est bleU;, le froid n'est pas vif. Youlez-vous de moi demain? Donnez vos ordres au porteur.
Ol.lVlKU.
L E C H lA MA K K lU- A l - T K M l> S 8lt
Noire amie ne peu pas aller avec vous voir la neige parce qu'il fait froi et puis nous dinons dehors et au spectacle après. Elle vous demande d'allé au Bazar lui acheté des parétincellcs pour la cheminé de son salon et de sa chambre a couché et de toilette. Elle ne sera pas chez elle de toute la semaine, prené les en cuivre doré. Je vous salut,
Ll.CU.K.
Li: (;hi:\ AiJi:n i;i:m -tkmps yi