CHAPITRE VI
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Minuit venait de sonner el le Mardi-Oras faiaaît rage aui quati^ coins de Paris.
Les Joies du carnayal ne ressemblaient guôre alors aux pèles divertissements de la génération actuelle. D'abotdy elles se prodwsaient au grand jour^ et de midi jusqu'à la tombée de la nuit, c'était siu* les boulevards un défilé incessant de voitures chargées de masques. Les joyeuses bandes qui s'exhibaient ainsi n'avaient rien de commun avec les piteuses troupes de gagistes qu'on voit seules aujomni'hui circuler sur un char pavoisé de réclames. On se costumait^ on se promenait et on s'interpelladt pour le plaisir, et non pas comme à présent pour gagner un salaire fourni par quelque industriel. Aussi, au lieu de trtsteb drôles qui> de loin en lohi, arpentent encore Tasphâlte ouïe macadam, on voyait souvent, en 18di, des viveurs riches et bien posés dans le monde s'ajBTubler d'oripeatxx pour débiter en plein air le catéchisme poissarde
Un lord célèbre, qui vécut et mourut e^ fiance, était le roi de ces fêtes bruyantes. Il n'avait pas son pareil pour parader dans un cArrosBe à quatre dievaux, tout plein de hardis lurons el de panien de vin de
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Champagne, ni pour échanger avec les malins et les forts delà halle ce que Rabelab appelle des paroles de gueuk, A ce jeu, il avait même gagné une telle popularité, que les badauds croyaient voir lord Seymour dans tous les équipages luxueux qui passaient avec une cargaison de masques en goguette.
Dès le coucher du soleil toute cette foule enragée quittait les boulevards pour se ruer, les riches dans les restaurants à la mode, le menu fretin dans les cabarets de barrière. Là, on complétait l'ivresse de la matinée en s'arrosant le gosier avec du Ghambertin, ou avec de TArgenteuil, selon les moyens pécuniaires du buvepr, mais on se hâtait de dîner, car les bals publics ouvraient leurs portes de très bonne heure. Il y en avait par centaines, depuis l'Opéra où régnait encore exclusivement la tradition du domino, jusqu'au Salon de Mon oh on admettait les costumes les plus débraillés.
Les plus fréquentés étaient, sans contredit, ceux qui animaient le faubourg du Temple. De Belleville au canal Saint-Martin, les amateurs n'avaient que l'embarras du choix et le vacarme n'y cessait pas avec le lever de l'aurore , car, dans ces parages, la matinée du mercredi des Gendres était consacrée tout entière à la fameuse descente de la Gourtille.
Cette promenade, aujourd'hui légendaire, n'était en réalité que le retour des masques attardés aux bastringues de la barrière et regagnant leur logis, les uns en voiture découverte, les autres à pied, mais tous plus ou moins avinés. On réservait pour l'heure solennelle de ce dernier épisode du carnaval les plus rauques vociférations, les vocabulaires les plus salés et les projectiles les plus malpropreSi si bien que les acteurs rentraient
LE CHEVAUBR CASSfi-GOU IS'l
chez eux enroués, souillés de boue, voire xnérae contusionnés, ce qui ne les empêchait pas de trouver le divertissement délicieux.
Du reste, cet immonde défilé avait pour témoins de paisibles bourgeois et même des étrangers consciencieux qui allaient là comme on va maintenant voir les courses.
De tous les établissements consacrés aux plaisirs populaires dans ce quartier privilégié, le bal des Vendanges de Bourgogne était le plus à la mode. Il se tenait près du canal, dans la vaste maison d'un marchand devins traiteur lequel, en temps ordinaire, avait pour spécialité les repas de noces. Le salon de deux cents couverts, qui avait reçu tant de jeunes époux, se transformait en salle de bal pour les solennité carnavalesques, et les échos, qui avaient répété tant de couplets de circonstance, renvoyaient alors les fanfares cuivrées d'un orchestre endiablé. Mais les joies culinaires n'étaient point oubliées dans ce palais des réjouissances faciles, car les deux étages supérieurs contenaient des galeries et des cabinets particuliers, où on pouvait boire et manger en toute liberté, et les habitués ne s'en privaient pas.
Quant au public, il était fort mêlé. L'élément populacier y dominait; mais on y rencontrait aussi des commis de magasin en bonne fortune, des boutiquiers que les soins de leur commerce n'empêchaient pas de se livrer à une folle gaité, et même parfois d'élégants fils de familto en quête d'excentricités.
La nuit de ce Mardi-Gras qui devait, si M. Gévaudan n'avait pas menti, voir le terme des prospérités criminelles de Bousenna, les Vendanges de Bourgogne regorgeaient de monde.
La maison resplendissait de la cave au grenier et on
effroyable tapage sortait par toutes ses ouvertures. La musique épileptique d'un galop infernal, qui se perpétrait au rez-de-chaussée, accompagnait les chani'^ bachiques que braillaient au premier cent voix discordantes. Les lumières, le bruit, le mouvement, toul cela formait un ensemble violent, dont les bals actuels ne sauraient donner aucune idée, et il ne serait venu à l'esprit de personne qu'un drame noir allait peut-être se dénouer au milieu de cm satctrnàLes. Et pourtant, dans la cour qui précédait rétablissement, Gambretner donnait ses dernières instructions à quatre robustes agents que la Ih*éfecture avait mis à se^ ordres pour cette eîtpédition nocturne.
Ce n'était point sans avoir beaucoup hésité que le chevalier Casse-Cou s'était décidé à suivre les conseils de M. Qévandan. La lettre de cet obligeant personnage lui avait tout d*abord semblé suspecte, car il était payé potir se défier des renseignements venms de la rue de la Lune. Une première fois, îl avait failli périr dans un soirtefrain pour s'être scrupuleusement conformé aux indications du donneur d'avis, et il en était venu à se demander si elles ne cachaient pas un piège.
Cassonade, qui s'était fait en quelque sorte l'éditeur responsable de l'espion en chambre. Cassonade avait été Appelé par son maître à délibérer sur le parti à prendre en cette délicate occurrence. L'écuyer, après mûre réflexion, avait opiné pour essayer encore d'utiliser les avis du sieur Gévaudan. 11 avait fait remarquer à Cambremer que le style du billet était net e' précis, que. l'invitation de réclamer le conoouns de 1à police eacduait toute idée de trahison et qu'en ne risquait rien en allant à ce bal sous bonne escorte. Le pis qui tK)tt?ait arriva «^iait de iM&qpiQr enoor^ fiovi-