I.E CnEYAUSA GASS6-C0D
senna et sa digne compagne, mais les trappes et le guet-apens n'étaient pas à craindre au milieu d'un bal public et d'ailleurs on pouvait compter sur le concours empressé des agents.
Cambremer n'était que trop porté par tempérament aux excursions hardies et il s'était laissé facilement persuader de tenter l'aventure. Il avait donc été [convenu dans le plus grand secret entre le chevalier Casse- Cou et sou inséparable écuyer qu'ils se déguiseraient pour aller passer la nuit aux Vendanges de Bourgogne^ iiprès avoir demandé l'appui administratif.
Au commissariat de l'île Saint-Louis, on n'avait pas fait trop de difficultés pour accorder des agents; seulement le magistrat, peu crédule de son naturel» manifesta l'intention d'envoyer, dès le lendemain, prendre des informations sur M. Gévaudan.
— Il se peut, avait-il dit à Cambremer, que cet in-i dividu soit réellement de chez nous et qu'il opère pour son compte ; c'est sévèrement défendu, mais cela se fait, au dépit de notre surveillance, et quelquefois cela peut être utile. Essayez-en donc ce soir, en attendant que je puisse tirer au clair l'histoire de ce marchand de renseignements.
Tout étant ainsi arrangé, rendez-vous avait été pris chez le cocher du cabriolet jaune. Les agents devaient s'y rendre à l'entrée de la nuit, car le chevalier n'avait pas voulu mettre ses Voisines de la rue Pérou dans la confidence, de peuT de les inquiéter.
Le déguisement avait été jugé indispensable pour tout le monde, et Cassonade s'était chargé de louer les costumes et de les apporter au domicile des époux Morillon. L'intelligent écuyer avait choisi pour son maître un habit d'arlequtn et pour lui-même un pantalon
de velours, une veste pareille, une large ceinture et un chapeau haut de forme, accessoires obligés du travestissement qu'on appelait alors un débardeur. Les quatre agents avaient été affublés uniformément de la souquenille blanche de pierrot, seulement ils avaient eu soin, pour se reconnaître, de fixer sur leur épaule gauche un nœud de rubans noirs. Inutile d'ajouter que tout le monde était soigneusement masqué, ce qui dans ce temps-là n'avait rien d'extraordinaire, même pour les hommes.
Ces préparatifs occupèrent un certain temps et on ne put se mettre en route que vers onze heures.
A tout événement, Gambremer recommanda à Morillon de passer rue Férou, le lendemain dans la matitinée. Il emmenait avec lui assez de gardes-du-corps pour n'être pas inquiet, mais il lui semblait néanmoins utile de laisser derrière lui un ami chargé d'agir, au cas où le retour à la maison se ferait attendre.
Le trajet s'effectua dans un de ces immenses fiacres à six places dont la tradition s'est perdue. Cassonade avait loué pour toute la nuit ce véhicule antédiluvien, et cette précaution était à deux fins. S'il devenait nécessaire de continuer la poursuite jusqu'à la descente de la Courtille, la voiture était toute trouvée ; si, au contraire, on avait la chance d'arrêter Bousenna avant la sortie du bal, on tenait le moyen de le conduire surle-champ en lieu de sûreté.
Pendant le trajet, on discuta le plan de campagne, car l'opération présentait quelques difficultés. Saisir un homme .et une femme au milieu d'une foule composée de gens de mauvaise vie, ce n'était certes pas chose commode.
Les agents savaient par expérience que la police n'a
LE GHEYAUBR CAftSB-COU 137
jamais beau jeu dans les bals de barrière, et ils opinaient pour qu'on agit avec une prudence extrême. Il fut donc décidé que Gambremer et Cassonade se chargeraient de dépister Bousenna et son aimable compagne, et de les suivre jusqu'à ce que la fantaisie leur prit d'aller souper ou même simplement se rafraîchir à la buvette, ce qui, vu les mœurs présumées des personnages, ne pouvait pas manquer d'arriver avant la fin de la nuit. Les auxiliaires déguisés en pierrots auraient soin de se confondre dans la foule, sans pourtant perdre de vue leurs chefs de file ; et, dès qu'ils verraient sortir le polichinelle et la poissarde, ils devaient les entourer et les enlever avec toute la vigueur et toute la célérité dont ils étaient capables. Au besoin, ils se proposaient de requérir la garde.
Après avoir, à la sortie du fiacre, arrêté ces sages dispositions, Cambremer devança les agents et entra dans le bal avec Cassonade.
Le chevalier avait renoncé depuis bien des années aux divertissements qu'il avait cultivés dans sa jeunesse d'étudiant. Les bals carnavalesques ne lui étaient point familiers, et il éprouvait dans la salle des Vendanges de Bourgogne le même sentiment que le doge de Gênes à Versailles. Ce qui l'étonnait le plus, c'était de s'y voir.
U y avait du reste bien de quoi perdre la tête au milieu d'une pareille cohue. Dans une immense arène, éclairée par des centaines de quinquets à l'huile, s'agitait une tourbe bigarrée que les sons bruyants d'un orchestre frénétique galvanisaient jusqu'à la folie. Les cris rauquesdes danseurs et les aigres glapissements des femmes se mêlaient à la voix de cuivre des trombones, et un piétinement continu faisait trembler le plancher.
Pendant les premiers instants, Cambremer ne dis* II 8.
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tingua rien qu'une masse confuse et mouYante, car une yapeur épaisse flottait au-dessus des quadrilles comme une sorte de buée humaine. D se faufila tant bien que mal à travers les groupes, et il eut quelque peine à reprendre son aplomb. Son costume le gênait un peu. On a beau être grand, mince et agile, on ne joue pas aisément le rôle d'arlequin quand on n'a pas l'habitude de porter ce leste déguisement. Le chevalier maniait assez gauchement la batte traditionnelle, et il aurait préféré tenir une épée. Après quelques hésitations, il parvint cependant à se donner une certaine désinvolture et à fendre la foule en sautillant à la Yénitienne. Cassonade, d'ailleurs, lui frayait le chemin à grand renfort de coups de coude, et, comme ces brutalités étaient de mise avec le costume de débardeur, personne ne lui chercha noise.
L'écuyer avait eu beaucoup moins de peine que son maître à s'accoutumer à sa nouvelle tenue. Son corps trapu et ses larges épaules ne juraient point avec la veste de velours qu'il avait endossée, il avait su donner à son grand chapeau évasé une inclinaison provocante; en un mot, il avait attrapé du premier coup les belles manières du Port aux Vins.
Avant de s'enfoncer dans les rassemblements qui entouraient les danseurs, Gambremer avait jeté un coup d'œil en arrière, et il avait eu la satisfaction de voir les quatre pierrots se glisser l'un après l'autre dans la salle et se perdre au milieu des masques. Rassuré sur ses derrières, il poussa vigoureusement en avant, afin d'arriver jusqu'aux quadrilles. Il espérait y surprendre Bousenna en flagrant délit d'exerciceis chorégraphiques, et c'était une excellente occasion pour l'observer sans se faire remarquer.
le cnEYALIBR CASBH-GOU 139
U y avait dans la salle plus d'une contredanse fn train, mais l'intelligent Cassonade se dirigea de préférence vers celle qui attirait le pins de spectateurs. D'après les renseignements fournis par M. Gévaudan sur les mœurs du faux banquier, on pouvait supposer que le vieux drôle excellait dans les pas indécents de ces ballets populaires et qu'il devait briller parmi les célébrités dansantes des Vendange» de Bourgogne. Or, au centre de la salle, se démenait précisément une bande dont les trémoussements enragés provoquaient à toute minute les applaudissements enthousiastes de la galerie.
Ces aimables drilles attiraient tant de spectateui's qu'il était fort difficile d'approcher du cercle priviligié. Les deux amis parvinrent cependant à s'insinuer au milieu des admirateurs de la troupe échevelée.
Cassonade, en se baissant, arriva sur le premier rang, cl Cambrcraer, avec sa grande taille, put regarder pardessus la barrière hnmaine qui enfermait les danseurs.
Le spectacle auquel il assista valait assurément la peine d'être contemplé par un observateur des basfonds parisiens.
Quatre couples se faisant vis-à-vis exéeutaient en ce moment une sauterie infernale. U n'était point encore question en ce temps-là des tulipes orageuses et autres déhanchements qui firent, beaucoup plus tard, la fortune de Mabile. La dfluaise excentrique à laquelle^ de nos jours, Rigolboehê a dû sa renommée européenne^ le ccofweai, puisqu'il éaut l'appeler par son nom, était alors dans son enfsmee.
En 1831, la chorégraphie des bastringues se composait-d'un agréahle mélange d'entrechats gracieux et de trépignements épilepti(|ue&. Le souvenir des beaux
140 LE GHBYALIBE GASSB-COO
danseurs classiques qui brillaient sous la Restauration influait encore sur leurs successeurs, mais on ayait introduit rélément révolutionnaire dans les ronds de jambe. La contredanse à laquelle assistait Gambremer rappelait donc à la fois Yestris et les convulsionnaires du cimetière de Saint-Médard.
Elle était exécutée par deux paillasses et deux malim qui donnaient la main à deux folies et à deux bergères. On n'y voyait figurer ni poissarde, ni polichinelle, et, par conséquent, Bousenna et sa compagne ne devaient point en faire partie.
Cependant Gambremer ne quitta point la place, car un des couples avait attii*é son attention. G'était précisément celui qui lui faisait face^ et il se composait d'un colossal mcUin et d'une folie grande et mince.
L'homme et la femme étaient soigneusement masqués et un peu mieux accoutrés que leurs camarades. Dans les situations graves, on est toujours plus impressionnable, et le chevalier Gasse-Gou s'imagina que ces gens-là le regardaient.
Par réciprocité, il se mit à les observer, et il crut découvrir quelque analogie entre l'épaisse encolure du malin et la prestance habituelle de M. Bousenna; mais cette appréciation ne reposait en réalité sur aucun indice sérieux, et il ne s'y arrêta pas longtemps.
Une formidable acclamation venait de signaler l'entrée en scène d'un nouveau couple. Gette fois, le hasard avait bien servi Gambremer, car la foule s'ouvrait pour laisser passer un polichinelle qui portait une poissarde sur ses épaules. L'homme déposa au beau milieu du quadrille son fardeau féminin, et cette façon originale de prendre pied dans la danse provoqua d'unanimes applaudissepents*
LE CHEYAUBR CASSB-COU 141
— La fleur rouge! murmura le chevalier Casse-Cou en voyant que les deux travestis portaient le signe de reconnaissance indiqué par M. Gévaudan.
Cassonade, qui Tavait aperçu aussi, poussa le coude de son madtre, et à partir de ce moment, les nouveaux venus absorbèrent toute l'attention des vengeurs de Bala.
Le polichinelle avait un costume d'une grande richesse, avec force fanfreluches, du galon sur toutes les coutures et des sabots mignons. Quant à la poissarde, elle portait des bas de soie, des souliers à talons et une superbe croix d'or. Toutes ces recherches de toilette étaient autant d'indices de la véritable condition sociale de ces masques vulgaires.
Leurs allures, du reste, n'avaient rien d'aristocratique. L'homme débuta par exécuter une cabriole prodigieuse, la femme battit une demi-douzaine d'entrechats avec une agilité remarquable, puis ils entamèrent une véritable danse de Gorybantes. Ils s'occupaient fort peu de suivre les figures du quadrille, et leurs pas obtenaient un tel succès que les autres couples ne se plaignaient point qu'on dérangeât leurs évolutions. Le polichinelle, du reste, paraissait légèrement ivre. Quand il bondissait en prenant des poses grotesques et en faisant le grand écart, il réussissait assez bien à conserver son équilibre, mais dès qu'il restait en place, on le voyait trébucher à tout instant. Sa compagne se tenait mieux, mais elle avait dû fêter aussi la bouteille, car elle titubait quelque peu dans ses pirouettes.
Rien ne pouvait mieux servir les projets de Cambremer. On devait, en effet, avoir bon marché d'un homme échauffé par le vin. Il se retourna doucement pour voir si les agents se trouvaient dans le voisinage,
et il constata avec un indicible plaisir qu'ils s'étaient faufilés i travers les groupes et qu'ils serraient de près le quadrille suspect. Evidemment, ils avaient reconnu aussi les fleurs rouges et ils allaient s'arranger pour ne pas les perdre de vue.
Il tiraitCassonadeparla manche pour l'avertir d'être attentif, quand les danseurs s'arrêtèrent tout-à-coup. L'orchestre venait de lancer les derniers accords de sa fulminante harmonie et, pour clore la dernière figure de cette pyrrhique, le polichinelle poussait d'aigres gloussements qui furent répétés en chœur par toute la bande.
La diq;>ersion du quadrille produisit dans la foule un véritable mouvement de flux et de reflux. Le chevalier Gasse-Gou eut même un instant la crainte d'être violemment séparé de son fidèle écuyer, mais il s'accrocha à son bras, et tous deux, poussés et poussant tour à tour, réussirent à se maintenir à portée de Tennemi.
Le couple fleuri traversait la salle escorté des paillasses et des bergères auxquels il venait de faire vis-&vis. Gambremer et Gassonade emboîtaient le pas, autant que faire se pouvait, et les quatre pierrots formaient Tarrière-garde.
Pour être plus sûr de son fait, le chevalier aurait bien voulu apercevoir les traits de ses éternels ennemis, mais l'homme et la femme étaient aussi soigneusement masqués l'un que l'autre. Ge n'était point un simple htq), comme on en porte aujourd'hui, qui leur couvrait le visage; du front au menton tout était caché.
Faute de voir, Gambremer aurait souhaité d'entendre, mais le polichinelle avait dans la bouche cet instrument bizarre qu'on appelle nneprcUique et il ne pro-
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duisait que des sons rauques et ioarticulés. Quant à la poissarde, «Ile gardait un silence complet. Leurs camarades du quadrille poussaient du reste des cris tumultueux qui auraient couvert toutes les ?oîz imaginables.
Tout ce monde arriva l'un portant Tautare au bout de la salle. Il y avait là une porte de communication avec le restaurant, et le coeur du chevalier battait bien fort à la pensée que le couple allait sortir ^our s'biUDacter le gosier et que les agents allaient les saisir* Xieux-d avaient sans doute la môme idée, car ils se groojpèren tout doucement autour de cette issue.
Il y eut dans le groupe des masques im temps d'arrêt et un échange de bourrades et de propos salés. Puis, le couple surveillé se décida à quitter les amis« lie polichinelle prit la poissarde par la taille, lança un piaulement aigu, esquissa un pas de caractère et poussa d'un coup de sabot le battant mobile de la porte.
— Bon appétit, la petite mèrel cria un des paillasses.
— Enfin I murmura le chevalier en sanwnt le bras de Cassonade.
La porte se referma sur le couple et Gambremer avança vivement pour ne pas perdre une seconde. Afin d'aller plus vite, il avait lâché le bras de son ami et il touchait presque le seuil, quand un formidable coup de grosse caisse éclata comme une bombe.
Une immense acclamation répondit à ce signal et la foule se mit à tourbillonner, comme si elle avait été subitement frappée de vertige.
Gasse-Gou et Técuyer se trouvèreaiit enserrés dans une masse compacte, avant d'avoir pu faire un pas de {dus. Us eurent beau se débattre, ils renoontrôrent entre eux et la sortie tant d'obstacles vivants qu'il leur fut interdit de bouger de place* La i
444 IB CHBVALIEft CAS8B-C00
lation qui lear échut, ce fut de voir les quatre pierrots se dégager habilement et se glisser hors de la salle sur les talons de polichinelle. En leur qualité d'agents de police, ils avaient manœuvré avec plus de dextérité que les habitants de la rue Pérou, et ils avaient évité les groupes.
— Geux-là du moins ne les perdront pas de vue, dit Gambremer à son fidèle compagnon qui se démenait vainement pour se frayer un passage.
L'explosion qui avait mis en mouvement ce public affolé annonçait une des grandes joies de la fête ; mais, dans sa naïveté d'homme retiré du monde, le chevalier ne se doutait pas que, dans les bals, on cultivait d'autres exercices que la classique contredanse. Aussi se demandait-il ce qui allait se passer, quand il entendit crier sur tous les tons :
— Le galop I le galop I
Il comprit alors la cause de ce tumulte ; car, s'il était peu au courant des usages du lieu, il avait du moins entendu parler de la nouvelle invention qui faisait alors fureur.
L'espèce de course au clocher qu'on appelait le galop venait d'ôtre importée d'Angleterre, et elle avait conquis tout de suite la vogue qu'obtint la polka quelque dix ans plus tard. C'était une rage, une frénésie qui avait commencé par les salons les plus brillants pour gagner promptement les bastringues les plus infimes.
On galopait à la barrière tout autant qu'au faubourg Saint-Germain, seulement on n'y galopait pas de mème.Dans le grand monde on se bornait à une promenade cadencée qui n'avait d'autre inconvénient que* d'essouffler un peu les couples assez ingambes pour la
LE CBEVAUEft CASSE-COU 145
pratiquer, mais aux Vendanges de Bourgogne c'était bien autre chose.
Le coup d'avertissement avait suffi pour mettre en ébuUition toute l'assistance, et en un clin d'oeU les amateurs venaient de se rassembler pour se former en colonne. C'était dans les premiers anneaux de cette chaîne mouvante que Gambremer et Cassonade étaient pris.
Le hasard avait même fait que leurs plus proches voisins se trouvaient être justement les danseurs du fameux quadrille où le polichinelle et la poissarde avaient obtenu une ovation méritée. Le chevalier était flanqué d'un malin et d'une folie, ceux-là mômes qui avaient d'abord attiré son attention; un paillasse et une bergère serraient de près l'écuyer.
Tous les deux se demandaient encore comment ils avaient pu se laisser englober ainsi, quand une véritable tempête harmonique se déchaîna sur leurs têtes. Du haut de l'estrade où l'orchestre trônait au fond de la salle, dix trombones et autant de cornets à piston lançaient leurs notes métalliques, pendant que les ophicléides mugissaient comme des taureaux et que les cymbales vibraient avec un fracas terrible. C'était un concert infernal de tous les instruments de cuivre connus ou inconnus. Sur un rhythme précipité qui rappelait la charge que sonnent les trompettes d'un régiment de cavalerie, l'immense masse venait de s'ébranler.
Gambremer se sentit à la fois poussé par une trombe et soulevé par une vague. En moins d'une seconde, il perdit de vue Cassonade et sentit l'étreinte de deux bras qui l'entraînaient. Il eût été aussi impossible de résister à cette avalanche humaine que de remonter le courant
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d'une éclme de monlin. L'béro!que eheralier fil quelques efforts pour s'échapper par le flanc ée la ooloone, mm il était serve comme dans im étai« el il fitUat bien courir avec les autres.
Le torrent roulait m kmgeant les surs de la aalte et temmait ahisi autour d'huit nojwti de speciaéecm metos alerte» qni se dédoi»Hiageaie«t aa poussavt des clameurs sauvages de n'avoir pu entrer dans le mouvsQme»t. La misse »vait eomamiei par booéir à peu pcès en mescrre, mai» bientôt la roode: esnigée dégénéta 6tt mie QOQTse furibonde. On ae galopait ptae, oa se ruait, et 3 7 avait de» moments ah tout un rang bobtait sur les épaules du rang qui le préeééaît, à pevpiès comme font les bceufe conduits en traupeou. [ Un spectateur placé dans une galevîe sopérièinv mmrait certainement cru voir une troupe d'ensoreôTés tournoyer au sabbat. L'orcbestie redoéUaôt ée ftxrieet ses accord» stridents semblaient ««banter rbjouw èa gloire au somAnre dieu dw Mat »
Parfois des cris aigus eoupaievlt ce vacarme et 1» tourbillon bésitaît un instant. Un couple venait è^ rouler par terre et les couples suivants trébucbaMit sur les corps, mais le flot passait et on foulait aux pieds les danseurs culbutés avec la même îndifliteixe; qu^ua escadron qui passe sur les cavaUiers éémontéspar lefm de Fennemi.
La colère dcmt Gftmbremer se sentadi transporté dépassait tout ce qu'on peut imaginer. Galoper par force avec éss insensés pendant que le s(M*t de l'affreux Bousenna se déeîdait peut-être dans la salle voisine, c'était un supplice que le pauvre chevalier n'avait pas prévu. R raaudisBait la firtale lenteur qui Faarail ex* posé à cette ttésarveotur» grotesfM e^ iiiélaît s» «b-
LB CRBTIUBK GASSB-COV I47
riens qu'il aurait eertaineiDent envojé des coups de poing et des ruades à ses plus proches voisins^ s'il avait seulement pu refmuer ira bras ou une jambe. Mak une épée dans son fourreau n'est pas plus hermétiquement emboîtée que ne l'était ta longue et maigre personne du protecteur de Baïa. Sans sa haute taille, il aurait très bien pu étouffer et il pensait par moments au triste sort qui menaçait Cassonade, moins bi^i partagé sous le rapport des dimensions.
Au troisième tour, Gambremer se préoccupa d'une éventualité non moins désagréable* La course molissaît un peu; les rangs se desserraient par moments, et il était clair que si la musique venait à s'arrêter brusquement, une chute générale devait être la conséquence forcée du mouvement interrompu. Il eût été par trop dur de mourir écrasé sous cette tourb» immonde. Aussi le chevalier s'apprètaitrit à parer le coup. Il raidissait ses bras de façon à pouvoir les porter ea avant au moment de la débâcle, et, dans cette position quelque peu forcée, il serrait contre son cœur sa balte d'Arlequin.
Bien lui en prit d'avoir usé de cette précaution, car l'harmonie galopante expira subitement, et, par un effet naturel de Fextinction du bruit, les rangs de la colonne se disloquèrent. Cm vide se produisit en avant et Gambremer, privé tout à coup du soutien des épautes sur lesquelles il s'apptiyait, fût lancé violemment contre la muraille. La dégringolade qui s'en suivit fut terrible. Une véritable cascade de corps humains se déversa pendant quelques secondes sur la. couche de pauvres £aM»s quer le cboc avail renversés. (^aumt dit des oapueiw 4» earte» €«lb«4é» les uns surkBMMB»
148 LB GHEVAUER GASSB-GOU
Le chevalier, tout étourdi du contre-coup gisait sur ; le plancher et sentait s'accumuler sur lui des monta- I gnes vivantes, mais cette position, aussi inquiétante I que ridicule, ne lui arracha pas un cri. Il se peloton- ' nait et s'aro-boutait de son mieux pour supporter ce poids écrasant, quand il sentit une main se glisser sous son bras droit, et presque aussitôt il éprouva une violente commotion suivie d'une douleur aiguë. Il pouvait difficilement se rendre compte de ce qui lui arrivait, et cependant il eut l'idée qu'on venait de le frapper avec un poignard.
On pouvait redoubler le coup, et il se garda bien de remuer. Cette présence d'esprit le sauva. Peu à peu, les gens qui l'opprimaient se relevèrent, il retrouva la liberté de ses mouvements, et il fut bientôt sur pied. Son premier soin fut naturellement de tâter sa poitrine, et il reconnut que son habit d'arlequin avait été troué obliquement. La main qu'il porta à la déchirure se rougit de quelques gouttes de sang qu'il se dépêcha d'essuyer. Evidemment, on venait d'essayer de le tuer, mais la batte avait fait of&ce de cuirasse, et le fer s'était arrêté à fleur de peau.
La tentative de meurtre n'était pas douteuse, mais son auteur restait à découvrir. Cambremer regarda de tous les côtés, et dans la foule il ne reconnut que Cassonade essoufflé et chancelant sur ses jambes. Le pauvre écuyer avait été emporté comme son maître par le torrent dont les vagues venaient de le rejeter au milieu de la salle.
— Je suis blessé, lui dit tout bas le chevalier.
j — Ah! mon Dieu I... mais, oui, vous saignez I
— Tais-toi; nous n'avons pas le temps de faire dea commentaires. Il s'agit de rattraper nos hommes^
LE CHRTALIEK GASSE-GOU 14t)
Et, tout en glissant son mouchoir sous sa veste d'Arlequin, Gambremer se remit bravement à naviguer vers la porte par oti le polichinelle et la poissarde étaient sortis.
Il n'avait pas fendu les premiers flots de la foule qu'on lui prit doucement le bras. Il se retourna et vit que la folie du quadrille venait de Taccoster. Getto bonne fortune inattendue n'était nullement de son goût et il chercha à se dégager avec plus de brusquerie que de politesse ; mais le masque femelle se crampona de toutes ses forces et lui dit à l'oreille :
— J'ai à te parler, bel arlequin.
Cassonade ne s'était point aperçu de la rencontre et il avait continué d'avancer, de sorte que son maître, fort préoccupé de le rejoindre, repoussait l'importune à coups de coude.
— Si tu savais ce que j'ai à te dire, continua la dame, tu ne serais pas si pressé.
— Et que peux-tu donc avoir à me dire ? demanda Gambremer agacé de cette insistance.
— Des choses qui t'intéressent plus que tout ce qui se passe ici, répondit la femme costumée en folie.
— Je n'ai pas le temps de deviner des énigmes. Explique-toi un peu plus clairement.
En même temps qu'il parlait ainsi, le chevalier avait hélé Gassonade pour l'empêcher de sortir de la salle sans lui.
— Qu'est-ce qu'il y a? revint dire tout bas Téouyer.
— J'ai à te parler de M. Bousenna, murmura l'inconnue en se penchant à l'autre oreille de Gambremer.
Gelui-ci tressaillit et regarda la créature bien en face.
— Quel est ce monsieur Bousenna, et comment saistu que je le coxmais? demanda-t-il sèchement*
loO LB CBByAUBA CA£S£-COn
-^ Je t'ai vu une fois et je n'ai jamais oublié in figure.
-*- Ma figure I répéta k cbe?alier, qui ae croyidtbien caché sous l'étoffe noire dont les traits d'arlequin étaient couverts.
— Mais, oui, ta figurei t'imagines-tu qu'elle est invisible ce soir? Regarde-toi un peu dans cette glace,
Gambremer jeta un coup d'osil rapide dsuas un miroir carré qui ornait le comptoir où une marchande débitait des oranges, et il constata avec dépit que son masque s'était complètement dérangé dans sa chute. Son premier mouvement fut de le rabattre bien vite, et, dès qu'il se crut suffisamment voilé, il dit à la femme d'un ton bref :
— Soit* Tu m'as déjà vu, mais où m'as*ta rencontré?
— Rue Sainte-Barbe, au troisième étage du garni de la mère Hippolyte.
Gela devenait très sérieux et le chevalier Gasse-Gou tomba dans une grande perplexité. D'un côté, il désirait entendre jusqu'au bout les confidences de la donzelle ; de l'autre, il était pressé de savoir si les agents avaient réussi k mettre la main sur le polichinelle et sur la poissarde. Après un instant de réflexion, il se décida à tirer Cassonade à part ;
— Va voir où ils en sont, murmura-t-il, et reviens vite me le dire.
— Je ne serai pas longtemps absent, répondit Vé cuyer, mais c'est égal, soyez prudent.
— Ohl que peut-il m'arriver ici, au muieu de deux mille personnes.
— On ne sait pas. Vous avei bien vu que tout à l'heure, au milieu de cet infernal galop, on a cherché à vous donner un mauvais coup.
— Biiil je me serai toiU bcnnemenl éeoneM ^n tombant, mais, en tous cas, je te j^romets fu'ea ne me Inâppera pes 4éuz fois. Goois et leganle lûen ce que font nos hommes; Je ne m'écaiterai pes et tu me retrouveras dans les e&viraus de cette porte.
— Bon! je ne fais que sortir et rentrer; senkniMt, s'ils ont besoin de vous, soyec pi^t.
Sur eette dernière recommandation, QassoMde poussa le battant mobile et disparut.
— Maintenant, dit Gambremer en revenant à «a eon fidente d'occasion, je t'écoute; mais, si tu veux que je te croie, je te préTÎens qu'il faut d'abord que ta me dises ton nom et que tu me montres ton visage.
— Tu ne te rappelles probablement ai Ton ni l'autre, mais il 7 a une circonstance que tu n'as certainement pas oubliée.
— Laquelle?
— Ta visite avec le commissairede p<riiee» dans eette chambre d'où était tombé le pot de fleurs qui a tué ce pauvre homme habiUé en turc.
— Certes, je m'en souvi^&s, balbutia le chevalier Gaase-Ciou tiès ému, mais qu'y a-t-il de commun...
— Bntre la mansarde du garai et une danseuse des Vendanges de Bourgggneî Je vais te le dire. La mansarde était occupée le jour de... l'accident pat une ouvrière frangeuse, dont on a pronooaé le nom devant
— Amanda I dit Gambremer qui avait bonnu isémoire.
— Précisément; et la pauvre flUe flit interrogée en ta i^résoiceet même assez rudement traitée potor avoir laissé sa clé sur la porte de sa chambre.
— En effet, sans cette négligence, la misérable
152 LB GHBVALIBB GASSB-GOU
femme qui a tuéEaddour n'aurait pas pu s'y introduire.
— Eh bien I Amanda, c'était moi.
— Vous 1 s'écria le chevalier qui oubliait le tutoie* ment consacré par les usages du bal masqué.
— Moi-même. Comprenez-vous maintenant pourquoi je veux avoir un entretien avec vous?
La stupéfaction de Gambremer serait difficile à décrire. 11 s'attendait si peu à pareille rencontre qu'il eut d'abord beaucoup de peine à rassembler ses idées. La danseuse qui venait de lui confier si inopinément son nom s'exprimait avec un air de bonne foi parfaite, et cependant il avait le vague pressentiment d'un piège tendu sous ses pas.
— Ah I je vous ai bien cherché, reprit M"' Amanda, et si j'avais su où vous demeuriez, je serais allée vous raconter ce que je vais vous dire ce soir, mais j'ignorais jusqu'à votre nom et je l'ignore encore ; et puis, j'étais surveillée...
Pendant qu'elle parlait, Gambremer l'observait attentivement et cherchait à retrouver sous les oripeaux de là folie la taille et la tournure de la frangeuse qu'il n'avait entrevue que quelques minutes. Le masque lui semblait un peu plus grand et surtout plus jeune, mais le travestissement prête toujours à l'iUusion. Quant au timbre de la voix, le chevalier n'en avait pas gardé un souvenir assez distinct.
— - Surveillée 1 Tous êtes donc au pouvoir de cet homme? demanda-t-il doucement.
— Silence 1 murmura la donzelle, il est ici.
— Vous en êtes sûre?
— Il y était tout à l'heure, il est allé boire et il peut rentrer d'un instant à l'autre; d'ailleurs, il a des es* pions partout
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Cette fois elle ne mentait assurément pas, et cette preuve de sincérité décida Gambremer.
— Eh bien! dit-il, je sois prêt à vous entendre ailleurs que dans cette salie, mais il faut d'abord que je m'assure d'une chose...
A ce moment, Cassonade apparut sur le seuil de la porte.
Sa figure rayonnante disait assez qu'il apportait de bonnes nouvelles et il s'approcha vivement de son maître.
— J'ai un mot à dire à mon ami, ajouta le chevalier Casse-Cou en s'éloignant un peu.
— Tout va bien, lui souffla Cassonade.
— Quoil il serait pris...
— Je l'espère. Voilà ce qui s'est passé à la buvette. Le polichinelle avalait un verre de rhum sur le comptoir et la poissarde gobait des prunes à l'eau-de-vie. Pour lors, un de nos hommes s'est approché en trébuchant comme s'il avait trop bu, et il a fait tomber le verre de la donzelle. Son monsieur lui a envoyé un coup de poing. Les autres s'en sont mêlés et ça a fait une batterie générale. On s'est assommé, bousculé...
— Achève, au nom du ciel, achève !
— Eh bien I finalement, la garde est arrivée et on a arrêté tout le monde.
— Comment I tout le monde.
— Mais, oui; le polichinelle et son épouse, et nos quatre pierrots par dessus le marché.
— Et maintenant...
— A cette heure, ils doivent être tous au poste. Et je TOUS garantis qu'on ne les lâchera pas.
— C'est ce dont il faudrait s'assurer.
•^ Mais, monsieur, nos hommes vont se faire recon- II 0.
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naitre par le commissaire. Ils doivent avoir on poche leurs cartes d'agents, et ils ne perdront pas de temps pour expliquer h leur chef le cas du nommé Bousenna.
— Tu as raison, et je commence i croire que cette fois nous le tenons. Pourtant, je voudrais ne négliger aucune précaution. Il ne faut pas qu'on fasse de sottises en notre absence»
•^ Oh I le poste est à deux pas et rien ne nous empêche d'y aller. Cest pour cela que je viens vous chercher.
Gambremer avait bonne envie de suivre son écuyer et de s'assurer par lui-môme que l'odieux scélérat ne lui échapperait plus. Mais il comprenait aussi que le témoignage de cette fille déguisée en foiie pouvait avoir une grande importance pour prouver plus tard la culpabilité de Bousenna.
— Écoute, dit-il à Cassonade, je viens de rencontrer une femme qui me propose de me livrer les secrets de ce misérable. Il faut absolument que je l'entende, mais ce sera l'affaire d'un quart-d'heure au plus. Tu vas aller bien vite rejoindre nos hommes au poste, tu leur expliqueras ce qu'il m'arrive , et tu leur diras que je vais arriver pour assister à l'interrogatoire.
— Diable I mais, c'est que ça ne les arrangera peutêtre pas, et, s'ils ont des ordres contraires de la Préfecture, ils ne se soucieront guère d'attendre.
— Je te répète que je ne tarderai pas. Vas, et surtout veille bien à ce qu'on ne perde paa de vue le Bousenna et sa femelle.
Le ton de Gambremer était si péremptoire que Gassonade n'osa point insister.
^ J'y cours, monsieur, mais enfin si j'avais absolu-
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ment besoin de tous parler tout de euitOi où pourrais* je Yoas retrouver?
— Dans le restaurant. Tu me Terrais là attablé avec eette femme*
— Bon ! c'est oouTenu 1
Et récuyer sortit sans répliquer davantage.
Ge colloque s'était tenu dans un coin et la foU$ n'avait pas pu l'entendre, oceupée qu'elle était à repousser les galants de passage qui lui prenaient la taille ou la menton.
Du reste, on ne voyait plus trace des danseurs qui avaient figuré avec elle au quadrille à la mode.
Après le gfUêp, ils s'étaient perdus dans la foule, ce qui semblait indiquer que le nudin n'était pour la demoiselle qu'un cavalier de rencontre.
— Je suis à vous, dit Gambremer.
— Sortons, alors, répondit laconiquement mademoiselle Amanda.
— Mais où pourrons-nous i^auser sans être dérangés?
— Vous n'avez qu'à me suivre. Seulement, n'ayez pas l'air de me connaître tant que nous serons dans la foule, et, si quelqu'un me parle, ne vous approchez pas trop, pour ne pas exoiter les sonp^ns.
Ge programme fut exécuté de point en point. La demoiselle sortit la première et Gambremer la suivit sans alEsctation.
La porte dannttt dans une saUe au fond de laquelle un immense comptoir attirait de nombreux consom- BDateurs. B y «vait là un va et vient incessant de masques, ivres pour la plupart, e4 un pareil lieu n'était guère piroiMce aux confidences, La foUe le traversa sans s'y arrêter, et le chevalier qui marchait derrière elle put saisir au vol des lambeaux de la conservation
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des buveurs. La bataille qui venait d'avoir lieu, et surtout l'arrestation qui s'en était suivie, servaient de texte aux commentaires de ces messieurs, et Gambremer ne fut nullement fâché d'entendre confirmer ainsi la grande nouvelle apportée par Cassonade.
Amanda se mit à grimper lestement un escalier qui conduisait au premier étage. Là aussi, il y avait foule et foule aussi dans le restaurant où le chevalier comptait s'installer avec sa nouvelle connaissance. Pas une table n'y était libre, et la demoiselle se contenta d'y jeter un coup d'œil à travers la porte vitrée.
— Où me conduit-elle donc, pensait Gambremer en la voyant s'engager dans un long corridor où un garçon se promenait la serviette à la main.
— Ouvrez-nous un cabinet, dit la frangeuse à ce serviteur en tablier blanc.
— Un cabinet pour deux? demanda le garçon.
— Parbleu I il me semble que nous ne sommes pas une douzaine, dit la frangeuse d'un ton dégagé.
Cette combinaison nouvelle dérangeait considérablement les projets de Cambremer. Il avait donné rendez-vous à Cassonade dans la salle commune; or, en consentant à entrer dans un cabinet, il s'exposait à ne plus être retrouvé par son écuyer, et cependant il avait grandement besoin de le voir. Mais il se dit qu'après tout la conférence ne pouvait pas être bien longue, et que, d'ailleurs, le moment serait mal choisi pour faire des observations.
Le garçon s'était incliné devant les ordres sèchement donnés par la demoiselle, et il avait ouvert la porte d'un local peu luxueux, dont les dimensions étaient à peu près celles d'une boite.
L'ameublement se composait d'une table recouverte
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d'une nappe, médiocrement blanche, et d'un canapé en velours d'Utrecht, éraillé par un long usage. Ce réduit possédait une fenêtre donnant sur la grande cour de l'établissement, et une entrée sur le couloir par lequel venaient de s'introduire le chevalier Gasse-Gou et sa compagne d'occasion.
— Que faut-il servir ^ monsieur ? demanda le garçon.
Gambremer n'avait guère l'esprit tourné à choisir les mets d'un souper, et il aurait volontiers envoyé au diable ce serviteur empressé. Mais M^^* Amanda prit la parole.
— Un bol de punch au kirsch et des gâteaux, com^ manda cette aimable personne.
— Voilà, madame, dit l'homme au tablier blanc. Et il ajouta, en se tournant vers Gambremer :
— Monsieur, c'est dix francs.
La confiance du maître des Vendange» de Bourgogne n'allait pas jusqu'à faire crédit à ses clients. Pendant que Gambremer fouillait dans sa poche, le garçon avait fait quelques pas dans le couloir et il était allé chercher le bol de punch demandé. L'officine où s'élaboraient ces mixtures enragées confinait au restaurant, et, en moins d'une minute, le rafraîchissement alcoolique fut servi et payé par Gambremer. La porte se referma sur le couple mal assorti, et le tôte-à-tète fut éclairé par une chandelle unique, car on n'en était pas encore au gaz.
La donzelle s'assit lestement sur le canapé, et dit avec un geste plein de promesses :
— Venez donc prendre place à côté de moi.
Ge ton engageant effaroucha de prime abord le chevalier, qui ne se sentait nullement disposé à entrer
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dans uhè tulgail*e atenturô arec une ouvrièrô dévoyée. Il était renvL là poor Fécotiter et non pas pour toi faire la cour.
— C'est inutile. J'entendrai tout aussi bien debout tè que TOUS avez à me dire.
— Soit, monsieur, dît modestement Amandà; au aiurplus ce ne sera pas long.
— J'attends.
— - Eb bien 1 je tous ai prié de me suÎTre pour vous sauver d'un grand danger.
— Lequel? demanda froidement Galnbrem^, qui savait que M. Bousenna n'était plus à craindre.
— Un danger de mort. Ob 1 ne vous récriez pas. Votre ennemi sait que vous êtes ici ce soir, et il est bien décidé à ne pas vous en laisser sortir. Moi-même, je m'expose beaucoup en vous donnant cet avis, car je suis absolument en son pouvoir, et, sll nous surprenait ensemble, Je serais perdue.
— Je crois que vous vous exagérez le péril; mais, enfin, je vous sais gré de l'intention ; seulement, vous ' comprenez que j'ai de fortes raisons de me défier de tout le monde. C'est pourquoi je voudrais savoir d'abord quel est le véritable motif qui voua fait agir. On ne s'intéresse guère aux gens quand on ne les connidt pas, et c'est à peina si vous m'avez vu un quart d'heure.
-*- C'est vni, mais^ je voua le dis frandiemeiit, ce que je fais, c'est moios par intérêt pour va» que par baiae ponr eet homme.
— Soit! alors expliquei-mei d'abord pourquoi tous le baissez.
•^ Parce qu'il est mon maître, et qu'un esclave déteste toujours son maître.
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•w. fie sont là des phraseB, ei je tous prie de parler plus clairement, si vous voulez que je vous croie.
•* Eh bleu I Yoici mon histoire. Je suis ouvrière et j'ai toujours été pauvre ; mais je travaillais nuit et jour et je gagnais honnêtement ma vie, lorsque, l'année dernière^ le patron de mon magasin me chargea d'aller toucher une facture assez importante. On m'en paya le montant en billets de banque, et j'eus le malheur de les perdre dans la rue. Je racontai mon malheur à mon patron, mais il me chassa en me traitant de voleuse et en me disant qu'il allait, le jour môme, déposer une plainte contre moi. L'idée d'aller en prison me fit perdre la tête ; je rentrai dans ma chambre de la rue Sainte-Barbe, et je venais d'allumer du charbon pour m'asphyxier, quand on frappa à ma porte.
— C'était lui?
-« Vous avez deviné, et vous comprendrez le reste. Gomment M. Bousenna avait-il su ce qui venait de m'arriver ? Je l'ignore ; mais il venait me proposer un pacte que j'ai eu la faiblesse d'accepter.
— Il vous a donné l'argent que vous aviez perdu ? -^ Oui; à condition que le servirais dans toutes ses
machinations, et, pour être plus sûr de mon obéissance^ il m'a fait signer un écrit oik je reconnais avoir volé cette somme.
->*- C'est étrange 1 murmura Gambremer, qui rapprochait mentalement cette histoire de celle de Paul Vernier.
!' L'analogie était frappante, et il était clair goe M. Bousenna affectionnait le procédé laalhOBnàte qui a reçu plus tard le nom de chantage.
— Vous voyez, monsieur, que je suis entre les mains decethomme^eU..
— Je puis TOUS en tirer, interrompit vivement le chevalier.
— J'en doute, et je dois vous dire que, si vous ne traitez pas vous-même avec lui, vous périrez dans cette lutte inégale.
— Traiter, dites-vous ? quel traité peut-on conclure avec un pareil brigand ?
— Vous allez le savoir, car j'ai pénétré bien des secrets et je connais le point de départ de la criminelle campagne qui a commencé dans une loge de TOdéon.
— A rOdéon ! s'écria Gambremer en prenant place sur le canapé où il avait d'abord refusé de s'asseoir.
Il lui seinblait qu'en se rapprochant de la narratrice, il saisirait mieux le sens de ses confidences.
— Oui, reprit M^^* Amanda, j'habitais le garni de la mère fiippolyte, quand la dame de la loge y est descendue, et j'ai su tout ce qui s'était passé le soir au théâtre.
— Son nom? le nom de l'enfant? D'où venaientelles ? demanda le chevalier au comble de l'émotion.
— Leur nom m'est inconnu; elles arrivaient d'un château qui appartient à M. Bousenna, et elles venaient à Paris pour régler des affaires d'intérêt que la mort de cette dame et l'enlèvement de son enfant ont empêché de conclure.
— L'enlèvement! répéta CSambremer, mais c'est lui qui l'a égarée volontairement, après avoir tué sa mère.
— Je ne le crois pas, dit la demoiselle en secouant la tête, car il ne vous persécute que pour la retrouver, et je suis sûre que si vous consentiez à la lui rendre, ses poursuites cesseraient à l'instant même.
— Est-ce donc une proposition qu'il vous a chargée de me faire ?
LB QHBYAUBR ÇASSB-GOU 161
— Peut-être.
Ce mot réveilla tous les soupçons du cheYalier, qui s'était un instant laissé aller à croire à la bonne foi de M"* Amanda. Il se mit à la regarder bien en face pour tâcher de lire ses intentions dans ses yeux, qui brillaient comme deux charbons ardents. Mais la donzelle soutint cet examen sans manifester le moindre embarras.
Gambremer avait bien envie d'éclater, et il lui fallut se souvenir qu'il était un homme bien élevé pour ne pas arracher la soie qui couvrait les traits de l'ambassadrice de M. Bousenna. Il lui vint en môme temps à l'esprit qu'il valait mieux user de ruse et feindre d'accepter le marché pour obtenir des renseignements. Le danger de se compromettre n'existait plus, puisque Bousenna devait être entre les mains de la police.
— Je vous écoute, dit Gambremer, et, si ce que vous me demandez de la part de cet homme est acceptable, je pourrai faire la paix.
— Très bien. Je commence par vous dire franchement que j'ai intérêt à vous y décider. M. Bousenna m'a promis, si je réussissais à vous persuader, de me rendre le papier qui me compromet.
— Vous m'aviez dit tout à l'heure que la haine seule vous faisait parler.
— Je le déteste, c'est vrai, mais j'ai peur de lui. Quand je n'aurai plus rien à craindre, je me vengerai.
Gambremer ne s'amusa point à relever les contradictions du langage de M^^' Amanda, et il pensa qu'il serait toijgours temps de la rassurer.
—Voyons les conditions, dit-il.
— U y en a deux : D'abord, rendre la petite fille, et, si vous y consentez, la chose se fera de manière à vous
1<)'2 LB CHISTALlEli eAS6B-G0U
enlever tout scrupule. M. Bousenna s'tt^iquera avec eOe en votre présence...
— Dans une langue que personne ne eomprend.
— Peu importe. L'enfant, si elle répugnait à le suivre, saurait bien s'exprimer par signes, et, dans ce cas, vous seriez toujours à même de rompre lé marché.
— Ensuite, dit froidement Gambremer;
— Ensuite, vous donnerez votre parole ë'hoimeur de ne plus vous occuper de M. Paul Yemier et de cesser toutes relations avec lui.
--Est-ce tout?
— Absolument tout; et, cela fait, M. Bousenna quittera Paris pour n'y jamais revenir, mais moi j'y resterai et je vous dirai beaucoup d'autres choses, car je ne serai plus à sa discrétion.
Cette dernière phrase aurait pu tenter Gambremer, iTil avait été moins s<lLr de son fait, mais il tenait le bandit, et il pensa que le moment était venu d'en finir.
— M. Bousenna n'est plus à redouter dès à présent, dit-il, et, quant au pacte que vous me proposez, je vous prierai tout à l'heure d'en répéter les termes devant le commissaire de police.
Au lieu de s'eShiyer en entendant prononcer ce nom redoutable. If"* Amanda se leva tranquillement.
— Alors, vous refusez? dit-elle de sa voix la plus douce.
— Je reftise.
— Adieu donc, cria-t-elle en bondissant vers la porte. Gambremer se repentit alors d'avoir cédé à Tentrat-
nement qui l'avait porté à s'asseoir à c6té de la demoiselle. Avant de fuir, elle lui avait touché l'épaule pottr le tepousser, et cette main féminine devait être bien nerveuse, car le contact lui avait fait mal. S'il
LB GHEVAUBft CAMS-OOU IG!)
était resté éebout» il l«î aurait bcHeokeoi barré le passage; mais, en se levant, il rencontra les pieds de la table qai ie firent trébucber, «t il fut obligé de s'y reprendra à deux fois pour sortir du coin où il était emprisonné. C'était trop; car, avant qu'il eût mis la main sur elle, M^^* Amanda avait eu le temps d'ouvrir la porte et de disparaître dans le corridor.
Par surcroit de maie cbance, ce remue-ménage avait renversé la chandelle, de sorte que le cabinet restait dans une obscurité presque complète. La flamme bleuâtre du punch éclairait d*une façon très insufOsante, et la fugitive avait refermé la porte en se sauvant H s'ensui^t que le chevalier perdit encore quelques secondes à cherdier la serrure et à tourner la clé.
Quand il fut parvenu à surmonter ce mince obstade, il était déjà trop tard. 11 se heurta dans le corridor contre un garçon chargé de verres et d'assiettes, et, comme il avait peu calculé son élan, le choc fut désastreuau
— Maladroit 1 cria l'homme au tablier blanc en faisant la culbute au milieu des débris de sa vaisselle.
Gambremer lui passa impitoyablement sur le corps et entra comme un obus dans la salie du restaurant. Là, son apparition fut accueillie par des hués unanimes. On avait entendu le bruit de verres cassés et les cris du garçon, et les sonpeurs, surexcités par le vin, n'eurent garde de négliger une si belle occasion de faire du tapage.
— Ohél Tarlequinl £st-ce que tu cours après ta colombine?
— Et ta batte?
—Ghic'te total
164 LE GHEVAUBE GASSB-GOU
— Arr6tez-Ie! arrêtez-le I burla le garçon qui avait enfin réussi à se relever.
Gambremer sentit qu'il fallait mettre fin à cette scène le plus promptement possible, car d'un coup d'œil rapide il s'était assuré que M^* Amanda n'était point dans la saUe, et il avait bâte de la suivre au rezde-chaussée où elle avait dû descendre. II jeta deux écus de cent sous à la victime de son impétuosité, et enjamba quatre à quatre les marches de l'escalier. A la dernière, l'accident du corridor faillit se renouveler avec un individu qui montait. Mais, cette fois, le chevalier Gasse-Gou tomba dans les bras de Cassonade.
L'alerte écujer courait si fort en sens inverse de son maître que la rencontre fit tomber son chapeau de débardeur.
— Laisse-moi passer, dit rapidement Gambremer; la femme vient de m' échapper et il faut absolument que je la retrouve.
—Mais, monsieur, il s'agit bien de cela maintenant! Venez au poste avec moi, c'est plus pressé.
— Je te dis que cette fille est un agent de Bousenna et que son témoignage nous servira beaucoup.
— Je ne dis pas non; mais avant de ramasser des témoins, occupons-nous d'abord des accusés. Je vous assure que là-bas les choses ne marchent pas toutes seules.
— Quoil on les aurait relâchés?
— Non! mais je ne réponds de rien, si vous n'arrivez pas tout de suite. Nous avons affaire à un gaillard qui a un aplomb incroyable et qui nie comme un beau diable. Il prétend qu'il ne sait pas ce qu'on lui veut, et qu'il ne me connaît pas. Ça n'a rien d'étonnant puis- ' que je ne me suis jamais trouvé nez à nez avec
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M. Bousenna, seulement ça m'embarrasse et je ne sais quoi dire à l'officier de paix qui l'interroge.
— C'est Yrai! murmura le chevalier, tu n'étais pas là quand il a eu l'impudence de se présenter chez moi, et je n'avais pas pensé que, dans le cas d'une confrontation avec ce misérable, tu ne pourrais pas répondre de son identité.
— Vous voyez bien, monsieur, qu'il faut que vous veniez tout de suite.
— Au fait, tu as raison. M"* Amanda a eu vingt fois le temps de se perdre dans la foule et je ne pourrais plus la rattraper maintenant.
— Alors, sortons, monsieur, je vous en prie; le poste est à deux pas et je vais vous conduire. Quand vous aurez fermé le bec à Bousenna et qu'il sera emballé pour la Conciergerie, nous pourrons revenir faire un tour dans le bal, pour retrouver la donzelle.
— Oui, décidément, c'est ce que nous avons de mieux à faire, dit Cambremer en se décidant à suivre son écuyer.
Cette courte conversation avait eu lieu au bas de l'escalier du premier étage, à quelques pas de la salle de danse, au milieu d'un va-et-vient continuel de consommateurs qui montaient et descendaient, et au bruit de l'orchestre qui continuait à déchaîner des tempêtes. On pouvait passer directement de la buvette dans la cour et ce fut le chemin que prit Cassonade. Devant la façade principale de l'établissement stationnaient des véhicules de toute forme et de toute grandeur, fiacres, calèches, tapissières, destinés à voiturer les masques quand l'heure de la fameuse descente de la Gourtille aurait sonné.
Les deux amis— car rex*épicier était bien certaine-
466 Ifi GHBYJIUBK CASSB-COl*
ment passé an rang d'ami deCambremer — les deux amis donc furent obligés de se faafiler à trarers un dédale de roues, de braneards et d'attelages, non sans reevfêrllir an passage quelques inyeetiyes lancées par les cochers désœuvrés. Cassonade, qui arart I'omI tIF, crut même voir du mouvement dans le fond d'une voitirr<*, et, s'il n'avait pas été si pressé, il se serait arrêté pour j regarder de pVus près.
— Et la femme? demanda le cbevalfef, tn as dft )a fttc^iàMitrer, je pense.
—Ma foi 1 }• m^e» sois pas sèr ; je ne l'ai me qu'une minute dans le cimetière, et dame! vous comprenez, depns le temps^.. Mais,, c'est une gran^ gailkrde qui répond bien au sègnalement qi»e vous m'afvez donné.
— Abl les misérables n'oseront pas continuer devant moi la comédie qu'ils jouent î
— Je l'espère bien. Bn reste, novs alfdns le savoir toQt dA suite, camous sommes arrivés.
Le poste chargé de veiller au bon ordre dans ces parages agités occupait un petit bâtiment construit tout près du canal. Il y avait devant la porte un certain mouvement, carVarreslatioa du polichinelle n'était pas la seule qui eût été effectuée depuis l'ouverture du bal, et les amis venaient védamev les incarcérés. Cassonade fraya le chemin 4 son maHre à- travers le rassembleméat. La première figure qu'ils aperçurent sur le seuil du corps de garde ftili celle d'un des agents de police qui avait ôté son masque et sa sooquenille de pierrot.
— Eh bien? lui cria Cassonade avec un geste d'interrogation.
— On vous attend. H se défend toujours comme wn enragé et la femme est encore plus furieuse que kd, Àuflâ nous vsttona dke te eoUer âu wiobm^
— Entrons yfte, reprit Féeuyer en tirant son maître parlebrai.
La salle oH ite pénétrèrent était bordée par des lits de camp où dormaient les hommes do poite. An milieu, les trois autres agents se chaufiaient autour du poêle, et au fond rofllcier de paix, qui eommsiidait à tout ce personnel, écrîTmit sur um pelite table.
Des ehants d'ivrogne et des csis furieax partaient de la pièce "vcmm et léfélaîeiit MilBammenA aa destin»tien. On aiFait M y entasser te« les expnliiéedii bal, et Cambremer eut tout de suite l'idée qu» Banseofloa avait pu utitiser eette promiseûté.
— Yoici mon SMltie, mcnsienr» dtt Gasaonade à Tofieier d#paix.
Celui-ci sahia très poliment la cbevnlier Gaaa6-€k)u et l'teyita h s/^àsseoir sur «d escabeau, la aenl âéga di^ionible de ee fieo peu meublé.
— Mcmsieur, dit-il, j'ai été piévenia biev aoir par la Préfecture des mesures prisas po«r farrestatiem qui vient d'aveu fieu, et je n'attendais plus, que vou* pour clore mon procès- verbal.
— Je suis tout prêt à le signer, monsiei», mais on vient de me dire que cet homme avait eneore osé nier. . .
— Qu'il soit M. Bousenna; mon Dient om; û prétend être vTCtîme d'une erreur, ei ja dois dire qu'il n'a pas trop l'air d'un banquier. ••
— H ne l'est que de nom ei il a bien la figure de son véritable métier.
— Oui, oui, je sais que e^est le chef d'une bande très dangereuse et, s'il fallait croire touicequadisentles gens qu'on arrête, les prisons seraient remplies d'innocents. Au surplus, vous ailes eanstster Fiêentilé '
— Enfin! murmura GambremeR.
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