‹ Le chevalier Casse-CowChapitre 44 sur 52 · LE CHBYAL1EA CAS9B-G0U · texte numérisé non relu

LE CHBYAL1EA CAS9B-G0U

— Closmader! dit M* Alianic, cours chez le procu< reur du roi, annonce-lui ma visite pour tantôt, et dis à Jeannic de monter pour garder l'étude.

Tout en donnant ses instructions, le notaire endossait son caban et mettait ses gants.

— Partons, messieurs, dit- il vivement.

— Tiens! dit le vieux matelot, vous avez donc ramassé \9l pelure de ce vilain oiseau?

Il montrait en parlant ainsi le paletot fourré que M* AUanic avait jeté sur une chaise.

— Je ne m'étonne plus, reprit Leguem, si les gars du marché n'ont pas reconnu le signalement que nous leur donnions.

— Oui, murmura Gambremer, il change d'habit maintenant, comme il changeait de nom autrefois.

•» Nous reprendrons les informations en route, dit le notaire en montrant à ses amis le chemin de l'escalier.

Le petit groupe s'achemina vers le port à pas pressés et, en traversant la foule des pa3rsans réunis pour vendre leurs poules et leurs œufs, M* Alianic ne négligea point de répondre par des qucsLions adroites aux saints multipliés qu'il recevait. Il parlait bas-breton comme un vrai descendant des Druides, mais les courts dialogues qu'il échangeait avec ses compatriotes ne lui fournirent aucune lumière. Un gars à longs cheveux, coiffé d'un fbapeau à bords immenses et vêtu de larges culottes, se rappela bien avoir été heurté par un Français dont le signalement répondait à celui de M.Bousenna, mais il l'avait perdu de vue très promptement et il ne put pas dire de quel côté il était passé.

— Pourvu qu'il ne soit pas allé tout droit s'embar* quer sur le port» dit le notaire en hitant le pas.

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' — Pas de danger, répondit le matelot, la marée est basse et elle ne remontera pas aTani trois heures.

— C'est vrai^ mais il serait bon de TeîUer de ce c6té4à.

— Soyez tranquille ; je Tas prérenir le brigadier des douanes pour qu'il dise à ëes hommes de faire attention aux figues suspectes.

— Et moi, dès que j^aurai tu 6t reconnu cette chère enfant) je remonterai en ville et j'aurai une couTersation avec le procureur du roi.

— Bt TOUS oroyes) monsieur^ qu'il ëera disposé à nous seconder? demanda Gambremer ({ui n'atait pas eu beaucoup à se louer jusqu'à ce jour des intei^entions officielles.

— Je n'en doute pas ; car il y a déjà eu dans le temps un commencement d'instruction contre cet abomidabie étranger, et, quand nous aurons la preore que les actes qu'il m'a laissés sont faux...

— Mais vous n'aurea cette pfeuTC qu'aprës avoir reçu la réponse du consul français à Londres, et^ en attendant, Bousennà aura dix fois le temps de nous échapper.

— Ohl j'obtiendrai provisoirement que son signalement soit envoyé à toutes les brigades de gendarmerie.

— Ce ne sera pas inutile, mais on n'est jamais mieux servi que par soi-môme, et j'agirai pour mon compte, dit le chevalier Gasse-Gou»

— Et je vous aiderait dit le notaire d'un ton ferme. On était arrivé sur le port^ et le père Leguern se

détacha pour aller donner un coup d'csil aux barques amarfées le Icmg du quai et prévenir le douanier de

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Gambremer hâta sa mat*che vers l'auberge, et il eut la joie â*apërcéVDir Baia, qui jouait devant la porte sous les yeux de M"* Mongis.

Du plù6 loin qu'elle aperçut son bon aibi^ la petite fille se mit à courir à sa rencontre et il la rtâçut à bras ouverts^

Ce fut pendant quelques secondes un échange de caresses et d'exclamations joyeuses.

— Eh bien? dit Gambremer au notaire qui regardait Tenfant avec une attention profonde.

— Ge sont bien ses yeux, murmura M* AUanic, mais elle a tellement grandi...

Le chevalier Gasse-Gou pâlit, car il avait compté sur une reconnaissance complète et immédiate.

— Je vais savoir tout de suite à quoi m'en tenir, reprit l'excellent notaire.

Et changeant à la fois d'intonation et de langage, il . adressa à la petite quelques paroles gutturales.

L'effet du « Sésame, ouvre-toi I » des Mille et une Nuits se produisit à l'instant. De même que cette formule magique ouvrait devant Ali-Baba la porte de la caverne des quarante voleurs, de môme les mots que M* Allanic venait de prononcer eurent le pouvoir de délier la langue de Baïa.

L'enfant leva sur cet interprète inattendu des yeux étonnés et se mit à lui répondre avec une volubilité surprenante.

— G'est elle! c'est la fille de MériadecI répétait le notaire en la couvrant de baisers.

Quoil vous parlez l'arabe? s'écria Gambremer.

— Ehl parbleu 1 Porspoder et sa femme me l'avaient appris.

— Et vous ne me le disiez past

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Il faut me pardonner d'avoir voulu réserver ma

science pour une épreuve décisive, dit M* Allanic en tendant la main au chevalier Casse-Cou.

M** Mongis, qui avait assisté de loin à cette scène , s'approchait lentement.

Dieu nous a envoyé un sauveuTi lui cria Cambremer.

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