‹ Le chevalier Casse-CowChapitre 9 sur 52 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

IKCOmrËlflElfT DES GEAVCRES AYANT LA LBTTEE.

Le modeste logement de M*** Mongis était situé au second étage, et précisément au-dessus de l'appartement occupé par Francis Gambremer.

Avant le funeste événement de l'Odéon, on voisinait fort peu dans la maison de la rue Pérou. Le chevalier était d'un naturel sauvage ; Cassonade vendait du matin au soir ses pruneaux et ses chandelles^ et les dames brodaient ou cousaient toute la journée; quant aux autres locataires, presque tous commis de magasin ou employés de bureau, ils sortaient de bonne heure, rentraient tard et on ne les voyait guère.

n avait suffi de la mort d'une femme inconnue et de la rencontre d'une petite fille égarée pour produire de grands changements.

La boutique d'épicerie n'était plus le rendez-vous des commères du quartier depuis que l'aimable Cassonade avait cessé de la tenir. En attendant qu'il eût trouvé un successeur, il se faisait remplacer par un cousin de sa femme , et il se consacrait tout entier au service de Gambremer, lequel d'ailleurs le traitait bien plus en ami qu'en domestique. La veuve et sa fille négligeaient fort leurs ouvrages de broderie pour con-

fectionner un petit trousseau à la chère Baïa. Mais elles avaient resserré leurs relations avec leur voisin du premier, et il ne se passait pas de jour où on ne se réunît pour causer des projets qui intéressaient l'avenir de l'orpheline.

Le bon chevalier se trouvait tout heureux de ne plus vivre isolé et préférait de beaucoup le coin du feu de M°^° Mongis à la solitude de sa grande salle d'armes. Car c'était chez ces dames que les soirées se passaient, en commun. Cassonade y était préposé aux rafraîchissements, et il utilisait, en confectionnant des sirops variés, les talents acquis dans l'exercice de son ancienne profession. On y avait admis Paul Vemier, et le jeune homme s'y naontrait fort assidu, sans que sa présence parût déplaire à M™* Mongis et encore moins à sa fille.

11 y avait près d'une semaine que la pauvre morte avait été conduite au cimetière, et rien n'était venu éclairer le mystère de sa fin tragique.

Ce n'était pas que Cambremer eût perdu son temps, car il avait fait trois visites au commissaire de police et il était retourné deux fois rue de la Lune. Mais le commissaire n'en savait pas plus long que le lendemain de Tcvénement, et, à la troisième entrevue, il avait môme insinué poliment au chevalier que les devoirs de sa charge ne lui laissaient pas le loisir de s'occuper davantage de cette afl'aire. Quant au sieur Gévaudan, Cambremer n'avait pu le voir qu'à travers son guichet, et il n'en avait tiré que cette phrase laconique :

— Rien de nouveau encore. Je vous écrirai..,

Sur quoi le vasistas avait été refermé avec une brusquerie fort peu encourageante.

Francis commençait à désespérer d'aboutir à une so- . lution par cet intermédiaire suspect et il rêvait sans

LE CHEYAUER GASSB-GOU 115

cesse à d'autres moyens plus ou moins praticables. Il se consolait un peu d'aiUeurs en s'occupant de ramenet tout à fait au bien son jeune protégé Paul, et surtout en suivant les progrès rapides de la petite fille dont Marthe avait entrepris Téducation.

Le soir du dimanche qui suivit l'enterrement, la réunion était au complet. M^ Mongis était assise avec Cambremer, devant la cheminée où brûlait un bon feu. Sa fille montrait à Baïa les gravures d'un livre emprunté à la bibliothèque du chevalier et s'éver* tuait à lui expliquer les sujets qu'elles représentaient. Paul Yemier tournait les feuillets et rougissait chaque fois que sa main efQeurait celle de Marthe.

Ce paisible tableau d'intérieur aurait inspiré au célibataire le plus endurci le goût des joies intimes et un étranger aurait cru assister à la réunion d'une heureuse famille. Chacun de ceux qui la composaient avait pourtant un deuil dans sa vie, mais les jeunes souriaient à l'avenir et oubliaient le passé en échangeant un regard furtif ou une phrase timide.

— Vous êtes venu bien tard ce soir, monsieur Paul, dit Marthe.

— Mademoiselle, j'aurais voulu être libre plus tôt, répondit le jeune homme, mais M. Bousenna quitte son cabinet tous les soirs à huit heures précises; et il ne me laisse pas partir avant lui.

— Vous parle-Wl de moi, mon cher Paul? demanda Gambremer.

— Très souvent, et cependant d'ordinaire il s'occupe beaucoup plus de ses comptes que de ses clients. Hier encore, il a insisté pour savoir si je vous connaissais depuis longtemps et où je vous avais rencontré.

— Le lui avez- vous dit?

— Je ne le pouvais pas, monsieur, répondit Paul Ternier en baissant la voix.

Le bon chevalier s'aperçut qu'il avait chagriné son jeune ami qui, surtout devant Marthe, n'aimait pas à entendre rappeler ses fautes, et il s'empressa de changer de conversation. M"' Mongis vint d'ailleurs à son secours en le ramenant au sujet qui l'intéressait le plus.

— Ainsi la police n'a rien pu découvrir? demandat-elle tristement.

— Rien. Aucune disparition ne lui a été signalée. On a fait prendre des renseignements dans tous les hôtels où descendent les étrangers, et nulle part on n'a reçu de voyageurs dont le signalement se rapporte à ceux que nous cherchons. C'est à croire, en vérité, que le meurtrier avait attendu sa victime à la diligence pour la conduire tout droit à l'Odéon.

M"^* Mongis secoua la tète en signe de doute.

— Il y a des moments où je désespère, reprit tristement Gambremer.

— Eh bien ! je crois que j'ai trouvé un moyen, dit la veuve en souriant.

— Dites, chère madame, dites vites.

— Oh ! mon moyen n'est pas d'une exécution très facile, ni surtout très prompte; mais, avec le temps, il peut réussir.

— Peu importe le temps, pourvu que nous arrivions à découvrir la vérité.

— C'est Baïa qui s'en chargera elle-même.

— Quand elle pourra comprendre et parler le français. Je l'espère comme vous ; seulement, qui sait si sa mémoire d'enfant aura retenu des indications suffisantes?

LE GHBYAUEB GASSB-COU 117

— Je n'en doute pas; mais, sans attendre qu'elle soit en étal de nous raconter sa vie, pourquoi n'essayerionsnous pas de la promener dans Paris?

— Gomment?

— Hais, oui. Il est certain qu'elle ne connaît pas la Tille, mais elle est assez intelligente pour reconnaître la maison où elle a logé, si elle passait devant la porte.

— Cest une idée excellente, s'écria Cambremer tout joyeux, et je ne sais vraiment pas comment je n'y avais pas pensé.

— Elle a bien quelques inconvénients, celui, par exemple, d'exposer notre chère petite à un accident, ou même à un enlèvement, mais en prenant des précaulions...

— Quant à cela, je m'en charge; mais qui vous fait croire?...

— Ce matin, je l'ai conduite à la messe, et il m'a semblé voir rôder autour de nous un homme de mauvaise mine.

— Dans l'église?

— Oui ; peut-être me suis-je trompée, peut-être n'étaitrce qu'un mendiant, mais je l'ai revu sous le porche an moment où nous sortions..

— C'est étrange !

— Oui, et ce qui ne l'est pas moins, c'est que cette pauvre enfant n'a reçu aucune notion religieuse. Elle suivait l'office avec recueillement, mais je lisais dans ses yeux qu'elle ne comprenait pas le sens de la cérémonie à laquelle nous assistions.

— J'avais déjà remarqué son étonnement le jour de l'enterrement, et je crois de plus en plus qu'elle n'a pas été élevée en Europe.

118 LE CnEVALIER GASSE-GOU

— Oh ! mère, voyez donc, s'écria tout à coup Marthe, en montrant la petite fille qui se livrait à une pantomime singulière.

Elle avait pris à deux mains le livre dont Paul tournait les pages et couvrait de baisers une gravure qui venait de lui tomber sous les yeux.

— Qu'as-tu, ma chère Baïa? dit M"*» Mongis qui se leva et prit l'enfant dans ses bras,

— Dari! Darif répétait la petite en posant le doigt sur l'image.

Sa figure s'était éclairée et ses yeux brillaient. M°* Mongis se pencha et vit que l'estampe représentait un château gothique.

— Dieu nous vient en aide, s'écria Cambremer qui s'était approché aussi ; c'est certainement dans ce château qu'elle a passé son enfance.

— C'est vrai 1 elle le reconnaît et elle nous le dit dans sa langue, murmura Marthe très émue.

Le chevalier chercha à s'emparer doucement du livre, mais Baïa le tenait bien et le serrait contre sa poitrine en sautant de joie. Paul regardait en riant cette scène singulière, et s'applaudissait d'avoir fait en feuilletant le vénérable in-quarto une si heureuse découverte.

— Pauvre enfant! soupirait M°® Mongis, c'est le premier bonheur qu'elle a depuis qu'elle est ici.

— Pourquoi voulez-vous le lui enlever, monsieur Francis? dit Marthe doucement.

Mais le chevalier ne l'écoutait point et continuait ses tentatives pour se mettre en possession de l'objet que la petite fille défendait si vivement. Elle le lui abandonna à la fin et leva sur lui ses grands yeux qui s'étaient mouillés de larmes,

LE GHEYALIER CASSB-roO 119

— Le nom! nous allons savoir le nom du château! cria Cambremer avec enthousiasme.

Dès qu'il fut en possession du livre, Cambremer s'approcha vivement de la table pour profiter de la clarté de la lampe. Mais à peine eut-il Jeté un coup d'œil sur la gravure qu'il laissa échapper une exclamation de dépit. Aucune légende explicative n'accompagnait le dessin. Le château, dont l'image avait si fort ému Baîa, était un château anonyme.

Après le premier moment de déception, le chevalier reprit courage et se mit à tourner rapidement les feuillets, comptant bien trouver un texte.

Vin-quarto avait toute l'apparence d'une histoire des voyages, et on pouvait s'attendre à y rencontrer tout au moins l'indication de la contrée à laquelle appartenait le castel représenté. Par malheur, le livre ne contenait sous sa reliure en maroquin noir qu'une collection d'estampes réunies au hasard. On y voyait des cathédrales gothiques à côté de monuments de la Haute-Egypte, des paysages tropicaux faisant suite à un panorama de Gonstantinople, mais pas une seule lige imprimée.

Cambremer, grand amateur de gravures, avait dans sa bibliothèque une nombreuse collection d'albums de ce genre. Celui-là avait été pris au hasard sur les rayons d'une armoire et apporté par Cassonade chez M"® Mongis pour amuser la petite fille.

Consterné de cette déconvenue, le chevalier se frappait le front, comme s'il avait voulu en faire sortir le nom du château, mais rien ne venait. En revanche, il se rappelait fort bien avoir acheté ce lot de dessins à la vente d'un vieux bouquiniste, sans s'informer de leur provenance.

Marthe et Paul Vernier regardaient avec un certain étonnement sa mine déconfite, car ils ne se rendaient pas encore très bien compte de la cause de son désappointement. M"** Mongis, qui avait parfaitement compris, s'était penchée aussi sur Talbum et y cherchait vainement une indication. Bala continuait à répéter comme un refrain le mot Dari que personne ne comprenait, et elle y ajoutait même des phrases entières tout aussi inintelligibles. En môme temps, elle avait posé sa petite main sur la main de Gambremer qui feuilletait et l'avait ramenée à l'image intéressante.

— C'est comme une fatalité, dit le chevalier avec dépit ; moi qui croyais avoir mis la main sur un fil conducteur. Gomment aussi s'avise-t-on de publier un dessin sans mettre le nom au bas!

Il fallait que la contrariété qu'il éprouvait fût bien vive pour lui faire renier ainsi ses convictions d'amateur de gravures avant la lettre.

— Peut-être nous désolons-nous à tort, fit observer M"' Mongis, et rien ne prouve après tout que cette estampe représente réellement la maison natale de Bala, Gette enfant peut bien être dupe d'une ressemblance, car tous les vieux châteaux ont à peu près le même aspect; mais ce qui me paraît évident c'est qu'elle a été élevée, loin de Paris, dans un manoir féodal, et nous avons là déjà un renseignement précieux.

— Précieux, soiti mais bien vague.

— Au reste, Marthe va essayer d'obtenir une explication un peu plus claire. Vous allez voir comme elle s'entend déjà avec sa chère petite élève.

M"' Mongis s'empressa de justifier la bonne opinion qu'avait sa mère de ses talents d'institutrice. Elle attira l'enfant sur ses genoux, l'embrassa, mit le doigt sur

LE GHEYAlIER-GASSE-COn 421

rimage et lui demanda en la regardant bien en face :

— Est-ce là que tu demeurais?

Ba!a n'avait pas saisi le sens des paroles, mais elle avait à coup sûr deviné le but de la question, car elle pencha sa tête sur sa main et compléta en fermant les yeux la pantomime qui, chez tous les peuples du monde, exprime l'action de dormir.

— Elle a dormi là, dit M""* Mongis pour traduire ce langage muet.

— C'est évident, murmura Cambremer qui s'était mis à examiner la gravure avec plus d'attention.

C'était une ancienne eau-forte qui devait avoir par elle-même une assez grande valeur. Les détails étaient enlevés avec une netteté singulière et l'ensemble avait un caractère de précision qui ne permettait pas de douter que l'artiste eût travaillé d'après un dessin pris sur nature. II était impossible que la fantaisie fût pour quelque chose dans une vue aussi complète, aussi finie, comme on dit dans les ateliers. Elle représentait un paysage d'un aspect assez singulier. Au fond, un bouquet de hêtres énormes s'élevant au milieu d'une plaine qui se perdait dans des lointains ondulés. Au premier plan, à gauche, des blocs de pierre d'un arrangement bizarre. Enfin, au milieu, entre les rochers et les grands arbres, un château qui ne ressemblait pas à tous les châteaux, quoi qu'en eût dit M*"* Mongis.

Celui-là se composait d'un corps de logis dans le style de la Renaissance, terminé à l'aile droite par un énorme donjon de construction beaucoup plus ancienne. En avant de la façade s'étendait une terrasse, protégée par un large fossé plein d'eau. Le trait caractéristique de l'édifice était une tourelle ou plutôt un clocheton qui s'élevait au-dessus de la porte principale.

I2â LE ÇnEVAUER ÇASSE-GOU

— OÙ peut bien se rencontrer un pareil assemblage de bâtiments disparates? disait le chevalier tout pensif.

Mais Marthe n'était pas au bout de ses investigations.

Elle posa son ongle rose sur le massif donjon et interrogea l'enfant d'un regard expressif. Baïa fit d'abord un signe affirmatif et puis elle se cacha les yeux d'une main, pendant que de l'autre elle semblait repousser loin d'elle l'image de la grosse tour.

— En vérité, murmura M"** Mongis, je croîs qu'elle veut nous dire : « C'est là que j'ai été enfermée. »

— Oui, oui, dit tout bas Cambremer, le géant! le geôlier I

Baïa avait deviné qu'on la comprenait et elle continua son récit mimé en désignant le fossé, puis la plaine avec un geste qui rendait très-bien l'idée d'une fuite.

— Elle s'est sauvée ou on l'a emmenée par là, reprit le chevalier.

Malheureusement, si claire que soit la langue des signes , elle est forcément limitée à l'expression des faits matériels, et il ne fallait pas songer à obtenir par ce procédé restreint l'histoire complète des malheurs de l'intelligente orpheline. Marthe renonça, après quelques tentatives inutiles, à pousser plus loin l'interrogatoire. D'ailleurs, Baïa paraissait fatiguée et l'heure s'avançait.

— N'insistez pas, mademoiselle, dit Cambremer; ce serait presque cruel, car ce dessin rappelle évidemment à la pauvre petite de tristes souvenirs.

— Et, d'ailleurs, nous avons déjà appris bien des choses, fit observer M"** Mongis.

— Oui, j'ai tout deviné et mes pressentiments ne me trompaient pas; c'est bien le scélérat que je cherche

LE CnEVAUER CASSE-COU 123

qui a dû retenir dans ce château la mère et Tenfant jusqu'au jour où il les a amenées à Paris pour s'en débarrasser.

— Peut-être; mais, d'un autre côté, si les malheureuses étaient en son pouvoir dans ce repaire, pourquoi ce voyage?

— Eh! mon Dieu! pour dérouter les soupçons, pour éviter que son crime ne fût connu dnas le pays...

— Quel pays? répéta M"" Mongis, voilà ce qu'il importerait de savoir.

— Je le saurai, s'écria Cambremer avec feu. Il est impossible que cette gravure n'existe pas à la Bibliothèque Royale, j'irai, je ferai des recherches et dussé-je fouiller tout le cabinet des estampes, je la retrouverai; j'interrogerai le conservateur et il faudra bien...

La porte de la chambre s'ouvrit et Cassonade entra avec un air assez mystérieux.

— Monsieur, dit-il en présentant à son maître une lettre cachetée, voici ce qu'on vient de me remettre pour vous.

— Qui cela? demanda le chevalier surpris, car il entretenait peu de correspondances.

-^ Un homme que je ne connais pas et que j'ai trouvé dans la rue, devant notre porte, où il avait l'air de m'attendre. Je revenais d'acheter des marrons au coin de la rue de Vaugirard ; il a posé la lettre sur le sac que je tenais en me disant votre nom et il a filé sans demander son reste.

— Donne, dit Cambremer qui soupçonnait vaguement que le message pouvait venir de la rue de la Lune, donne vite.

Et dès qu'il eut décacheté et déplié le papier, il s'écria :

124 LE rHBYALIER CASSE-COU

— C'est de lui!

Tous les membres du petit cénacle étaient au courant, et tous levèrent la tête avec curiosité pour entendre le style de M. Joseph.

Le chevalier commença à lire tout haut, non sans que sa voix tremblât un peu :

(( J'avais demandé trois jours, disait le laconique » espion, et j'en ai employé six. Vous me devez mille » francs de plus. »

— Diable! dit Cassonade.

« L'homme que vous cherchez s'appelle Jacques Bi- » roulas. Il fait la contrebande à la frontière belge et à » Paris. La femme qui est morte dans la loge de l'O- » déon était sa sœur; la petite fille est sa nièce. Il a » tué l'une et égaré l'autre pour s'emparer de leur for- » tune. »

— Ah! le brigand! je m'en doutais, mumura Tépicier.

« Il habite en ce moment une maison isolée, en de- » hors et tout près du mur d'octroi, à gauche en sor- » tant par la barrière d'Enfer. La porte est peinte en » rouge et porte un écriteau avec le nom de Biroulas. » Vous irez demain matin. Vous entrerez et vous le » trouverez dans son bureau, qui est au fond de la cour, » au rez-de-chaussée. Vous lui direz que vous venez » pour acheter du charbon, dont il fait ostensible- » ment le commerce. Vous le regarderez bien, pendant » qu'il vous répondra, et, quand vous serez sûr que » c'est lui, vous vous retirerez sous un prétexte quel- » conque.

» A neuf heures du soir, vous viendrez chez moi, » vous me remettrez mille francs pour mes peines et » soins et dix mille francs pour que je vous indique le

n moyen de faire arrêter et de convaincre de meurtre » Biroulas et sa complice. Si vous agissiez contre eux » avant de m'avoir vu, ou si vous parliez à qui que ce » soit de ma coopération à cette affaire, tout serait man- » que. Vous pouvez vous faire accompagner chez Bi- » roulas par votre ami |Courapied| et vous ferez bien » d'y aller armé. »

— Enfin I je les tiens donc! s'écria Gambremer.

126 LE GHBTALIBA GASSB-GOU

Page 1