SCENE IV
M mo DTIERBELAY, NANGIS.
Oh! sang-dieu! le voilà enfin, ce cher chevalier !... il me semble qu’il y a tout un siècle que nous nous sommes vus... Deux jours entiers... Oh ! je jure bien que cela ue m’arrivera plus.., Oreste sans Pylade n’était plus qu’un corps sans âme... Embrassons-nous, mon cher !...
M me d’herbelay, se détournant.
Bonjour, vicomte... asseyez-vous donc!...
nangis, à part.
C’est drôle! il est froid, ce garçon... (Haut.) Décidément, Chevalier, nous faisons donc élection de domicile chez mademoiselle Régaillette?...
M mo d’herbelay.
J’avais une bonne nouvelle à lui apprendre, j’espère qu’aujourd'hui mêipe elle obtiendra...
nangis.
C’est bien! très-bien! ça ne me regarde pas... parlons de vous, parlons de moi... j’ai très-long à vous dire...
M me d’herbelay, à part.
Aurait-il découvert quelque chose?...
* Nangis, M me d’Herbclay.
LE CHEVALIER D’ESSONNE
D’abord, je ferai une proposition... le vous ralentit en diable la conversation, et comme je suis très-bavard, ça me gêne...
M m< * d’herbelay.
Que voulez-vous dire?
NANGIS
Je veux dire tu au lieu de vous, voilà tout !
M me d’herbelay.
Quoi ! vous voulez me tutoyer ?...
NANGIS
A charge de revanche... Je ne suis pas égoïste.
M m ® d’herbelay.
C’est que quand on n’a pas l’habitude...
NANGIS
On la prend, sang-dieu ! Je commence, ça te guidera, ça te donnera le ton... vois comme cela vient tout de suite... J’étais monté, cher petit, pour te faire une confidence. Depuis hier, je suis amoureux !
M me d’herbelay, à part.
Ah! mon Dieu! qu’est-ce que je vais entendre?... {Haut. Plus tard, mais en ce moment, il faut que je sorte...
nangis, la retenant.
Tout à l’heure, nous sortirons ensemble... c’est même essentiel. Je te dis donc que je suis amoureux, et tu ne devinerais jamais de qui ?
M me d’herbelay.
Oh ! je ne suis pas curieux.
Voyons, cherche un peu !
M me d’herbelay, à part.
Comme il me regarde ! (Haut.) Mais je ne sais...
NANGIS
Eh bien ! depuis trente-six heures et quelques minutes, j’aime, ou plutôt j’idolâtre une femme... non... un ange qui te ressemble... ça doit te flatter, mon cher. '
M toe d’herbelay, à part.
Il sait tout, je suis perdue !...
nangis.
Ça t’intéresse, n’est-ce pas?
M me d’herbelay.
Oui ! oui !...
NANGIS
Hier matin, j’ai reçu une lettre de mon père et uu portrait... Devines-tu ?
M me d’herbklav.
Je ne comprends pas...
’ M®* d’Herbelay, Nangis.