Tragédie composée par Elzéar de Sabran. Voir page
dre que je ne te fais aucun détail. Tu ne liras jamais tout cela, mais, comme le despote des despotes, tu veux occuper la pensée et le cœur, sans qu'il t'en coûte rien. Je t'ai beaucoup gâté, mon enfant, et, à l'exemple de tous mes chers compatriotes, je me révolte et veux attenter à ta liberté, à celle seulement de prendre une autre femme, car j'entends ne te céder à personne, tout maussade que tu es.
» Mande-moi où est notre bonne princesse *. »
Boufflers répondit, sans tarder, à cette lettre dont il fut enchanté. Il aimait à être grondé et la mauvaise humeur de madame de Sabran lui plaisait autant que sa tendresse qui du reste reparaissait toujours.
« Il n'y a que toi comme toi , cher amour , encore ne l'es-tu point, car jamais un moment ne ressemble à l'autre et tous sont charmants. Tu es comme la Nature dont la nature est d'être toujours également diverse, et toujours diversement semblable, et toujours aussi riche dans