‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 10 sur 203 · I. Musée Calvet, ms · texte numérisé non relu

I. Musée Calvet, ms

l6 LE CHEVALIER DE FOLARD

« Je ne vous parlerai pas, messieurs, de la langue de Cicéron. Je la laisse comme étrangère aux gens de collège ou à tel prof esseur de droit, qui aime encore à balbutier avec les enfants ^ ! »

Aujourd'hui, c'est à l'auteur de ces lignes que va notre pitié.

Le défaut principal du romantisme sévissait déjà, comme il sévira toujours plus ou moins, car il n'est pas d'un temps mais d'un genre éternellement humain : l'exagération, et, à cette époque, le peuple des beaux esprits voulait déjà des grands mots et des figures outrées. Insensible aux grâces naturelles d'un style « purgé de pointes », les détracteurs de Folard disaient de ses cours « qu'il n'y avait pas de quoi se récrier, qu'on n'y trouvait tout au plus que du beau latin et du bon sens ». « Ils avaient raison, déclare malicieusementun contemporain; et Folard ne prétendait pas qu'on y trouvât rien au delà -. »

Cet amour de la simplicité lui valut avec le fameux Nicole une aventure qui mérite d'être rapportée.

Le prince de Conti, « ce bossu qui avait tous les vices et qui fut dominé par sa sœur, ses maîtresses et ses domestiques », puis converti par M. de Ciron... à la doctrine de Port-Royal, avait été enseveli dans la Chartreuse de cette ville ^ et Nicole s'était chargé de composer son épitaphe, sans la signer bien entendu.

Or, dix ans plus tard (1676), le lieutenant du grand Arnauld se rendant, lui aussi, en une sorte de pèlerinage habituel auprès de l'évêque d'Aleth que la vénération des jansénistes haussait au rang des saints, s'arrêta en Avignon. Et voici comment Nicole lui-même raconte

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